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Alors qu’il était gamin, le petit Remington montrait du doigt et se moquait des homosexuels qui peuplaient sa petite ville bien tranquille des Philippines. Des années plus tard, Remington tombe amoureux d’une jeune fille répondant au doux nom d’Hannah mais ses charmes ne parviennent pas à décrocher ne serait-ce qu’un sourire de la belle philippine, informée du caractère très macho du jeune homme. Mais tout ceci est sans compter sur une malédiction qui prend effet bien des années plus tard sur le malheureux Remington. En effet, alors gamin, un homosexuel n’ayant pas aimé ses moqueries lui a jeté un sort : une fois dans le monde des adultes, celui qui était si macho se transformerait progressivement en homosexuel. Une malédiction qui a choisi le bon moment pour pointer le bout de son nez : alors que ses sentiments vis-à-vis d’Hannah vont contre toute attente rapidement changer, le pauvre Remington va en plus être à présent la cible potentielle d’un serial killer qui sévit en ce moment même sur la ville, massacrant les homosexuels ayant le malheur de croiser son chemin…



Ah, "Remington and the curse of the zombadings" : tout un programme! Film présenté en compétition lors de la vingtième édition de Fantastic’arts, cet ovni venu de Philippine a fait couler pas mal d’encre dans la Presse plus ou moins spécialisée. Après les vampires lesbiennes de "lesbian vampire killers", laissez-moi vous présenter les zombies gays de l’univers déjanté du jeune Remington : une comédie fantastique atypique qui certes n’est pas exempt de défauts mais qui a le mérite de faire dans l’originalité, à la manière d’un "pastorela" lors de l’édition précédente de Fantastic’Arts, toujours dans la catégorie « en compétition ».

Vous l’aurez certainement constaté par vous-mêmes en lisant le résumé du film de Jade Castro ci-dessus, inutile de vous prendre la tête devant "Remington and the curse of the zombadings" : laissez votre cerveau en mode OFF et amusez-vous de la vie ô combien mouvementée de notre malheureux Remington. Imaginez un jeune homme macho depuis sa plus tendre enfance qui, du jour au lendemain, va devenir homosexuel suite à une malédiction : loufoque et grandguignolesque (et on pourra même dire tout simplement débile), ce film est assurément à prendre au second degré, c’est le moins que l’on puisse dire.



Car l’humour est bien la pierre première de l’édifice cinématographique imaginé par Jade Castro et ses complices. Décomplexé, le scénario nous entraîne dans un tourbillon de bêtises, de situations ridicules voire improbables, le tout orchestré par des personnages totalement décalés. Véritable film « touche à tout », l’œuvre de Jade Castro se plait à mélanger les genres (humour, amour, horreur, enquête policière…) pour nous donner un petit cocktail explosif livré avec une sympatique musique tonique de fond bienvenue.

Alors, certes, "Remington and the curse of the zombadings" présente quelques défauts scénaristiques évidents. On pourra notamment reprocher au film de Jade Castro de parfois nous amener sur une pente glissante en ce qui concerne l’humour : de nombreux gags font l’effet d’un pétard mouillé, la faute à un comique de répétition parfois trop lourd ou tout simplement un jeu d’acteur parfois trop exagéré. On pourra également regretter que les zombies gays, que nous attendions depuis des lustres (et qui nous étaient vendus de bien belle manière dans une bande-annonce totalement déjantée), ne pointent le bout de leurs nez que dans la toute dernière partie du film.
Mais voilà, on est devant un divertissement si original, drôle/décalé et rythmé que l’on arrive à presque en oublier une bonne partie des défauts pourtant bien présents dans le film de Jade Castro.



En ce qui concerne le casting, il faut bien avouer que les acteurs ne sont pas tous bons, Remington demeurant le grand centre d’intérêt du film (avec son ami Jigs et sa copine Hannah).
En effet, impossible de rester stoïque devant ce petit ovni philippin nous montrant la transformation du macho Remington en homosexuel : quelle rigolade de suivre les phases de cette soudaine transformation où rien n’est laissé au hasard : perte des poils (aisselles et torse bien rasés), apparition d’un petit tatouage sexy sur le torse, sans oublier le changement du comportement, de la gestuelle (les petites mimiques, les déhanchés ultra sex), des expressions (les jeux de mots sont légion et font souvent mouche), des vêtements (port de tenues roses très serrées) et forcément de ses attirances (un vrai dilemme quand Remington se retrouve entre celle qu’il aimait, Hannah, et son meilleur ami, Jigs, qu’il voit à présent d’un tout autre œil!!! Ce qui nous vaudra d’ailleurs une scène de complicité masculine des plus poilantes).

Outre Remington, le film de Jade Castro nous met face à d’autres personnages complètement déjantés tels que des zombies gays un brin loufoques, des démons ultra efféminés aux abdos dessinés et aux sous-vêtements en cuir (il faut les voir en train de se trémousser autour d’un Remington tout tremblant et excité : un régal), une flic des plus hystériques (une vraie pile celle-là) ou encore un serial killer semblant avoir une dent contre les homosexuels à tel point qu’il a créé un « détecteur de gays », sorte de sèche-cheveux fluo et futuriste ressemblant à un jouet de gosse qui émet un signal (et un rayon laser) dès qu’il démasque un homosexuel. Du lourd en perspective, vous voilà prévenus!

Les effets spéciaux et maquillages, même si ces derniers ne sont pas l’atout majeur du film, loin de là vous vous en seriez doutés, sont bien de la partie dans cette comédie fantastique. Kitchs à souhait, parfois peu élaborés (voire carrément risibles, à en juger par le rayon laser émis par le détecteur de gays…), ces derniers sont à la hauteur du scénario : décalés, sans prise de tête (non là vraiment pas).



Au final, "Remington and the curse of the zombadings" est une sympathique comédie fantastique très loufoque. Son scénario atypique un brin déjanté et ses personnages excentriques en font un bon petit divertissement, bien que le film de Jade Castro fourmille de petits défauts, sans grande importance mais rendant toutefois le tout quelque peu hétérogène (les zombies tant attendus se font sacrément désirer et certains gags tombent à l’eau).
Mais si l’apparition de démons et de zombies homosexuels dans des déhanchés et des danses sexy à souhait sous fond de musique vibrante ne vous fait pas peur, alors venez jeter un coup d’œil à ce petit ovni philippin bienvenu!








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