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Alors que les Davidson se retrouvent en famille le temps d’un petit séjour dans la maison des parents, la soirée est soudainement interrompue par le meurtre brutal de l’un des jeunes convives, tué par une flèche tirée du dehors. Rapidement, les autres membres de la famille vont se rendre compte qu’un groupe de mystérieuses personnes ont pris d’assaut la maison familiale et comptent bien éliminer l’ensemble de ses occupants. Alors que les Davidson, paniqués et apeurés, tombent les uns derrière les autres sous les coups de ces tueurs sanguinaires, la jeune Erin va décider de rendre les coups. Sous ses airs de jeune fille innocente se réveille soudain une âme de guerrière prête à tout pour sauver sa peau et celle de sa belle-famille.



Réalisé par un certain Adam Wingard (à qui l’on doit également un segment du film "V/H/S"), "you’re next" est un film ayant fait parler de lui de l’autre côté de l’Atlantique, notamment lors du festival de Toronto mais surtout lors du Fantastic Fest où il a reçu le prix du meilleur réalisateur. C’est donc sans grande surprise que ce dernier arrivera en janvier 2013 au festival Fantastic’Arts où il décrochera un nouveau prix, celui du jury Syfy. Certes pas l’un des prix les plus convoités de ce festival mais il convient de faire remarquer tout de même que le film d’Adam Wingard a bien failli repartir avec le prix du public, une poignée de votes seulement ayant joué en la faveur de "mama" d’Andrés Muschietti.

Car, même si "mama" est un quasi sans-faute de la part de son réalisateur, "you’re next" aurait peut-être mérité mieux lors de cette vingtième édition de Fantastic’Arts. Ce survival très violent, rythmé et à l’humour bien dosé mérite de se frayer un beau chemin dans l’univers du cinéma de genre.



Partant pourtant d’une base scénaristique des plus basiques (un home invasion comme on en voit de temps à autres à présent), "you’re next" va vous tenir en haleine jusqu’au tout dernier dénouement du film. En effet, une fois le cadre planté et les personnages présentés, le premier meurtre ne se fera pas longtemps attendre (on appréciera d’ailleurs que le réalisateur rentre rapidement dans le vif du sujet) et entraînera alors dans sa foulée une succession de scènes d’actions, de meurtres et d’évènements inattendus sans oublier les quelques rebondissements dans le quart d’heure final qui viendront clôturer le film de manière inventive et surprenante, à la façon d’un "eden lake" sorti quelques années plus tôt (et qui était déjà là un excellent survival il faut le reconnaître).

Un rythme effréné couplé à une ambiance qui deviendra rapidement oppressante à partir du moment où nos tueurs masqués ne se cantonneront plus à rester dehors mais décideront de rentrer dans la maison pour massacrer les Davidson. En effet, alors que les assiégés étaient encore quelque peu en sécurité entre leurs quatre murs (à condition qu’ils s’éloignent des fenêtres pour éviter les flèches tirées par des arbalètes aux aguets) voilà que la menace peut dorénavant venir de l’intérieur. Le film bascule alors dans un semi huit-clos où les coups peuvent provenir de n’importe où et non plus uniquement des fenêtres : les intrus peuvent entrer dans la maison, la panique s’accroit et le nombre de meurtres grandit!



Avec ce survival très violent (certains meurtres font froid dans le dos) et très saignant (tout est bon pour achever son adversaire : machette, tournevis, planche à clous, couteau, fil tranchant, flingue, arbalète, pièges à gogo, eau bouillante et même mixeur!), Adam Wingard ne fait pas dans la dentelle, à l’image de son héroïne des plus coriaces, sorte de croisement entre les héroïnes de "the descent" et "eden lake". Autrement dit le genre à ne pas se laisser marcher sur les pieds, même si pour cela il faut massacrer ses semblables de façon très barbare (on retiendra notamment cette scène jouissive où notre chère Erin s’acharne sur le crâne de l’un des assaillants devant le regard estomaqué de son beau-frère) ou tendre des pièges dans la maison à la manière d’un "the collector".

Outre l’originalité de certains meurtres et les rebondissements à divers moments du film qui en feront à coup sûr un survival mémorable pour bon nombre d’entre vous, "you’re next" se permet même quelques touches d’humour, plus ou moins déguisées pour bien-entendu ne pas sombrer dans le comique et perdre ainsi l’impact percutant et oppressant du film. On peut d’ailleurs retrouver ce léger mélange d’humour bien dosé et de survival dans les films "the loved ones" ou "the woman" par exemples, deux autres films présentés dans les éditions précédentes de Fantastic’Arts (deux réussites d’ailleurs).

Ainsi, Adam Wingard s’amuse à insérer un certain comique de situation (sans trop en faire, juste ce qu’il faut pour tirer de petits sourires ou de brefs éclats de rire chez le spectateur) dans quelques scènes pourtant sujettes à panique, peur et stress pour nos malheureux assiégés. Au lieu de cela, on les voit se quereller, se tirer dans les pattes et se critiquer, bien souvent pour des broutilles (histoires de famille), alors que dehors les tueurs continuent de faire pleuvoir leurs flèches dans la maison. En sortent de ces discussions hasardeuses (et parfois si ridicules que l’on en rit de bon cœur) et de ces réflexions hâtives des choix peu stratégiques, voire même des idées complètement connes qui ne peuvent que finir par la mort de l’un d’entre eux. Une panique chez les Davidson qui, mêlée à leurs histoires personnelles et leurs affinités respectives, les pousse à agir vite, sans réfléchir et à se jeter dans la gueule du loup (on retiendra notamment cette séquence où ils rentrent dans une joute verbale pour savoir qui court le plus vite, rapportant leurs scores d’athlètes les uns après les autres).

Et c’est à ce moment que le scénario, que l’on pouvait trouver quelque peu basique et facile jusque là, va soudainement nous prendre à contre-pied et nous mettre en avant l’un des personnages les plus calmes et apaisants de cette famille en la personne d’Erin, la copine de l’un des fils Davidson. Face à cette famille perdue, paniquée et abattue par la mort des leurs, Erin va prendre les rênes et trouver le mental nécessaire pour aller rendre les coups. Réagissant de manière réfléchie et censée (ne pas aller dans la cave au risque de s’y retrouver enfermés, fabriquer des pièges aux diverses fenêtres et portes, monter au niveau supérieur pour être plus en sécurité et voir venir les mystérieux tueurs…), elle va redonner un peu de souffle à cette famille terrassée par le chagrin… et la connerie! A partir de ce moment, les proies ne sont plus forcément celles du départ…



Au final "you’re next" est une vraie bonne surprise. Un survival mêlant violence, débordements sanglants, petites doses d’humour, rebondissements à gogo et rythme effréné qui vous divertira du début à la fin.
A quand le prochain Monsieur Wingard?