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Sarah Cassidy, une jeune divorcée, emménage avec sa fille Elissa dans une maison à la campagne. Bâtie sur une réserve naturelle et de taille démesurée pour son prix d’achat, la demeure a été quasiment bradée uniquement parce que l’habitation d'en face fut le théâtre d'un drame sordide quelques années auparavant. En effet, Carrie-Anne Jacobson, une jeune fille, y a commis le pire des crimes : elle a assassiné ses parents à coups de hache. Après leur installation et quelques jours d’acclimatation aux mœurs et habitants de la région, les deux femmes s’aperçoivent qu'il y a de l'activité dans la maison voisine qu'on leur avait pourtant décrite comme abandonnée. Selon les rumeurs locales, Ryan Jacobson, le jeune fils de la famille, y habiterait toujours malgré les événements dramatiques qui y sont survenus antérieurement. Ainsi, toutes sortes de légendes circulent, mais ce qu'elles vont découvrir fait froid dans le dos...



Un lieu devenu maudit suite à un crime affreux et une nouvelle famille innocente qui décide de s’y installer, ça ne vous rappelle pas un scénario ? Plusieurs en fait et on peut citer pêle-mêle : "Shining", "Les autres" ou encore la première saison de la série "American Horror Story", mais également "Dream house". Ce qui n’est pas si innocent que cela, puisque ce dernier a pour scénariste -d’après une histoire de Jonathan "Terminator 3" Mostow- David Loucka. Et pour être encore plus complet, c’est le britannique Mark Tonderai qui est aux manettes de la réalisation de La maison au bout de la rue, après un premier long-métrage ("Hush - en route vers l'enfer") ayant connu un petit succès d’estime. Tout ce que l’on peut dire c’est que tout ce beau monde prenait un grand risque en s’essayant à ce type de script aux ficelles maintes fois vues et revues. Il fallait donc être hyper original pour se démarquer, soit par le style (réalisation, effets spéciaux…), soit par l’interprétation ou bien encore par un twist final ultra inventif. Eh bien je suis désolé de vous décevoir amis lecteurs, mais on n’a vraiment aucun de ces trois critères qui sort du lot, pire même, deux d’entre eux sont aux abonnés absents.



Commençons d’abord par ce qui n’est pas trop mal si vous le voulez bien. Tourné en 2010 dans les forêts canadiennes, à Ottawa pour être plus précis, La maison au bout de la rue bénéficie d'une sortie astucieuse en 2012, grâce à la présence de Jennifer Lawrence. Devenue la nouvelle idole américaine de l'Amérique depuis "X-Men : le commencement" et "Hunger Games" pourtant tournés après, la comédienne à la popularité grandissante révélée par "Winter bones" a permis à ce petit film estampillé « horreur » de sortir dans les salles américaines fin 2012. Quid de son interprétation ? En fait, elle porte littéralement le long-métrage sur ses épaules et réussit par son talent mais seulement par moments (faut pas non plus pousser mémé dans les orties !) à faire passer ce film médiocre pour un métrage plus que moyen. Toujours aussi rafraîchissante, la jeune femme représente bien l'adolescente américaine typique avec sa petite moue boudeuse et son attitude désinvolte. Elle n'a pas plus de difficultés à se faire aimer par les amateurs de films d'horreur que par les jeunes admiratrices de Katniss Everdeen voire par les gros pervers que certains membres d’horreur.com sont. Mark Tonderai s'est d’ailleurs fait plaisir sur les gros plans sur ce coup-là ! En plus d’être une assez bonne actrice, Jennifer est également une excellente chanteuse ! On en veut pour preuve son interprétation de la chanson "All you've got to do is fall in love" de Benji Hughes, vraiment très agréable. Pour le reste du casting, c’est assez convenable : Elisabeth Shue ("Link", "The hollow man", les épisodes 2 et 3 de la trilogie de "Retour vers le futur", "Piranha 3D") garde la forme et assure bien en infirmière peu douée pour être mère, Max Thieriot ("Jumper", "My soul to take") inquiète et semble toujours à la lisière entre le psychotique, le timide et le charmeur, et enfin Gil Bellows (vu dans la série « Ally McBeal ») livre également une performance fort louable en sympathique flic du patelin local moins obtus que la moyenne.



Pour le reste, La maison au bout de la rue n'est certainement pas un film d’horreur mémorable. D’ailleurs, il ne fait pas peur et ne comporte aucune scène d'horreur pure, contrairement à ce que les affiches et autres jaquettes annonçaient. S’il fallait le faire, on aurait vraiment du mal à le classer dans une catégorie précise car en plus de cela, il navigue quand même dans la sphère du drame intimiste pendant une bonne moitié du temps. Alors peut-être que thriller horrifique irait le mieux à ce petit navet des familles !? Sans trop s’appesantir sur un sujet qui, somme toute, revêt assez peu d’intérêt, parlons plutôt de la réalisation. Mark Tonderai travaille pour la télévision et ça se voit : tout est formaté et sa mise en scène manque de tonus pour pouvoir nous captiver sur la durée. Le scénario est cousu de fil blanc, les protagonistes ont certains comportements difficilement justifiables (pourquoi faut-il qu’une jeune fille saine d’esprit en apparence descende au sous-sol d’une maison sinistre pour trouver la source d'un bruit inquiétant !?) et les effets cheap dignes des meilleures séries B n'aident pas à faire progresser une tension proche de zéro. Le long-métrage prend beaucoup trop de temps avant de démarrer pour que le public s'inquiète du sort du personnage principal. L'introduction des protagonistes s'étire inutilement et il faut attendre près d'une heure avant que l'action s'enclenche définitivement jusqu'au final explicatif. Et là, attention les yeux, parce que l’on frôle le ridicule tant c’est bâclé d’une part, mais aussi tellement copié sur "Massacre au camp d’été", d’autre part. C’est un peu maigre, mais quelques bonnes idées (deux en fait) surnagent cependant, comme le « faux bénévolat » des enfants aisés du quartier et évidemment ce que l’on découvre dans le cellier de la maison au bout de la rue...



Au final, et ce, malgré une actrice principale qui fait ce qu’elle peut, La maison au bout de la rue se révèle assez linéaire et prévisible. Les effets de surprise n'en sont pas car même si les apparences peuvent être trompeuses, on ne nous la fait pas ou plutôt plus. Ajoutons à cela un scénario indigent (surtout la fin), un rythme mal géré dû en partie au fait que le métrage hésite sans cesse entre différents genres (thriller, film d’horreur, drame intimiste…), une mise en scène inexistante, des effets visuels misérables et vous aurez un film faiblard. Ce que ne laissait pourtant pas augurer la bande-annonce, mais bon c’est souvent le cas, on est souvent déçu par un long-métrage dont on a déjà tout vu dans les extraits. Alors la prochaine fois qu’un teaser semble bien, méfiez-vous car ça peut cacher un métrage mou du genou !









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