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Dans un futur proche, les Etats-Unis ne sont plus qu’un immense désert aride. Sur la côte Est, se trouve Mega-City One, une mégalopole gigantesque construite sur les ruines de l’ancien monde et s’étendant de Boston à Washington, après leur quasi-destruction par une guerre nucléaire. Contenant la bagatelle de 800 millions d’habitants, cette agglomération tentaculaire fortement bétonnée fonctionne comme un état indépendant rongé par le vice, la violence et le crime. Les seules formes d’autorité restantes pour maintenir l’ordre sont les Juges, des policiers urbains agissant à la fois comme flics, législateurs et exécuteurs. Dans cet univers peu ragoutant, une nouvelle drogue addictive se propage, la « Slo-Mo » (pour « slow-motion », signifiant « ralenti » dans la langue de nos cousins d’outre-Atlantique), celle-ci réduit le temps perçu par l'utilisateur à 1 % de la vitesse normale. Sa distribution est contrôlée par Madeline Madrigal, appelée Ma-Ma, une ancienne prostituée au visage scarifié, devenue baronne de la drogue et vivant à Peach Trees, un immeuble de 200 étages. Judge Dredd, le Juge le plus efficace dans sa partie, doit enquêter sur un meurtre dans les environs de la tour de Ma-Ma et va devoir s’y frotter en compagnie de la jeune Anderson, une mutante télépathe qu’il doit évaluer. Parviendront-ils à revenir indemnes de cette mission-suicide ?



Adapté d’un comic book datant de 1977, ce nouveau long-métrage a été scénarisé par Alex Garland (ayant également écrit "28 jours plus tard", "La plage", "Sunshine") qui a aussi endossé la casquette de coproducteur. Ici, Dredd, au lieu de se perdre dans une histoire trop dispersée, raconte une journée dans la vie du héros, alors qu'une jeune recrue l'accompagne pour une mission de routine qui va vite s’aggraver. En cela, il se distingue de son prédécesseur qui partait un peu dans tous les sens et dont les aventures avaient été portées à l’écran en 1995 avec Sylvester Stallone dans le rôle-titre. Véritable four cinématographique mondial, cette version avait toutefois séduit le box-office français qui avait sans doute été conquis par les répliques cinglantes de Sly et un humour second degré bien involontaire… Ayant été tourné en relief, Dredd propose notamment une approche inédite avec des séquences en ultra-ralenti filmées à plus de 4 000 images/seconde afin d'illustrer à l'écran les effets de la drogue « Slo-Mo ». Ce qui pouvait faire peur avouons-le, surtout si son usage était par trop répétitif, mais c’est ici assez bien maîtrisé. La 3D permet, par ailleurs, d'offrir une plongée dans l'univers de Mega-City One, véritable personnage à elle seule. Cette ville est immense, les gangs y règnent et non pas la loi, sauf celle des Juges. Visuellement proche de l’univers de "Blade runner", Dredd est le premier film tourné dans les studios de Cape Town en Afrique du Sud, ville ressemblant étrangement à Mega-City One de par son côté chaotique et ses édifices aux proportions démesurées. On pense surtout au bâtiment de 200 étages que doit gravir Dredd pour déloger Ma-Ma qui est un peu comme une ville dans la ville. Et ça rappelle étrangement "The Raid", pour le côté huis-clos dans une tour dont le boss est au dernier étage. Bon, ce n'est pas le premier film à jouer là-dessus d’autant que les jeux vidéo ont eu la primeur du concept, mais c’est le dernier en date.

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La grosse faiblesse du film toutefois, et ce ne sera une surprise pour personne, c'est son script. D'une part c'est très linéaire : les personnages et subséquemment les spectateurs évoluent d'un point A à un point B sans rebondissement notable puisque le Juge et la jeune novice l’accompagnant vont d’étage en étage en tuant tous ceux leur barrant le chemin. Et d'autre part, c'est très simpliste quant à la réflexion, puisqu’il n’y en a aucune, tout est manichéen au possible. On a un juge incorruptible et une bleusaille télépathe quasiment invincibles menant à bien leur mission face à des adversaires servant de chair à pâté. Une chose est sûre cependant, c’est que l’on ne s’ennuie pas : ça défouraille du début jusqu’à la fin. Il y a pas mal de scènes bien jouissives et impressionnantes (notamment celle avec les mitrailleuses lourdes qui détruisent littéralement l'étage opposé et ayant nécessité 10 jours de tournage !) et le film est violent tout en étant mâtiné de gore pour notre plus grand plaisir. Quant à l’équipement du Juge Dredd, outre son casque et son uniforme célèbres, il est très impressionnant, puisque le législateur est nanti d’une arme de service redoutable avec plusieurs options de tir et de projectiles, et de la Lawmaster, une moto futuriste superbement équipée. Oh, quelles magnifiques mitrailleuses latérales rétractiles !

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C’est ici à Karl Urban (Eomer dans la trilogie "Le seigneur des anneaux", mais vu aussi dans "Le vaisseau de l’angoisse", "Les chroniques de Riddick", "Doom", "Pathfinder", "Star Trek" ou encore "Priest") que revient l’insigne honneur d’endosser l’uniforme du Juge Dredd. Contrairement à Sylvester Stallone en 1995 et comme dans le comic book où le visage du héros n'est jamais dévoilé, il ne retire jamais son casque. Il reste donc une énigme…à part son menton ! L’acteur néo-zélandais ne s’en sort pas trop mal en garant de la justice intouchable, mais il n’est pas incroyable non plus, dans le sens où on a l’impression qu’il serre trop les dents et qu’il parle et se comporte de manière trop robotique. Bref pas catastrophique mais pas mémorable non plus. A ses côtés, on a la « rookie » Anderson (incarnée par Olivia Thirlby, aperçue dans "The darkest hour"), qui, malgré son statut de sidekick avéré, est la bonne surprise du casting car contrairement à Karl Urban, on s'attache vraiment a son personnage et son histoire de mutante essayant de devenir Juge est intéressante. Au final, le duo fonctionne plutôt bien. En revanche, le perso de Ma-Ma, ancienne prostituée au visage balafré devenue narcotrafiquante et chef de gang ultra-violente, s'inspirant...de la chanteuse Patti Smith selon les producteurs (!), est trop caricatural. Cela dit, pas évident de reconnaître Lena Headey (mais oui la reine Cersei Lannister de la série "Le trône de fer", jouant aussi dans "La crypte", "Les frères Grimm", "300", "The broken" ou encore "Laid to rest"), sous son impressionnant maquillage ! Pour le reste du casting, rien à signaler à part deux, trois têtes connues, servant surtout à accroître le bodycount.

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Alors certes, Dredd est loin d'être une réussite, puisque l’histoire tient sur un confetti, que seuls trois personnages surnagent mais il peut contenter grâce à ses séquences d’action teintées de gore dignes des meilleurs jeux vidéo et son côté bis assumé. Vu son modeste budget et la rentabilisation quasi assurée de l’investissement initial, le scénariste ainsi que l’acteur principal (a.k.a. Alex Garland et Karl Urban) pensent même à initier une franchise autour du personnage. Seraient même envisageables une trilogie ainsi qu’une série. On a hâte de voir ce que ça pourrait donner !









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