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Après s’être évadé de l’hôpital psychiatrique, Mr Rendell revient dans sa ville natale pour venger son défunt père. En effet, bien des années auparavant, le docteur Rendell a été lynché par les habitants de la ville après avoir tué plusieurs patients afin de greffer un cœur neuf à sa femme gravement malade. Après avoir réintégré l’ancienne maison familiale, Mr Rendell va prendre la succession de son père. Blouse blanche, trousse de médecin et instruments en tous genres, le voilà prêt à soigner à sa façon tous ceux qui ont tué sa famille.



Réalisé par un certain Manny Cotto, "Dr. Giggles" (alias "Dr. Rictus" dans nos contrées) demeure encore à ce jour un film peu connu du grand public. Ce dernier avait pourtant fait son petit effet lors du Festival International du Film Fantastique d’Avoriaz en 1993. En effet, le dernier festival d’Avoriaz, présidé par Christopher Lee, avait décerné son prix du jury au film de Manny Cotto, préféré aux gros challengers qu’étaient "braindead" de Peter Jackson, "candyman" de Bernard Rose, "action mutante" d’Alex de La Iglesia ou encore "evil dead 3 - l’armée des ténèbres" de Sam Raimi.

Un prix pas forcément volé quand on y regarde d’un peu plus près. Mêlant habillement l’horreur, le suspense et l’humour, vacillant entre film de tueur (savant) fou / psychopathe et slasher, "Dr. Rictus" est loin d’être déplaisant et s’avère même une bonne petite série B de début de soirée.



Respectueux des codes du cinéma d’horreur, le film de Manny Cotto joue sur la phobie des blouses blanches et des salles d’opérations, comme le feront entre autres "le dentiste" et "anatomie" quelques années plus tard, en nous mettant face à un énergumène totalement frappé joué par un excellent Larry Drake ("Darkman" et sa suite). Car oui, s’il y a bien une chose qu’il faut retenir de "Dr. Rictus", c’est bel et bien la performance d’acteur de Larry Drake dans la peau du faux docteur.

Animé par cette soif de vengeance et par cette passion pour la médecine, notre cher Docteur Rendell va se montrer des plus sadiques en perpétrant de nombreux meurtres à l’aide des chers instruments de papa. A la manière d’un Michael Myers dans "la nuit des masques", notre cher docteur Rendell va de maisons en maisons (c’est dingue le nombre de personnes qui ne ferment pas leurs portes) soigner à sa façon le voisinage.

De part ses ricanements, ses gloussements et surtout ses petites phrases, ses jeux de mots et ses expressions qui font mouche quasi à chaque coup avant et après ses meurtres, distillant ainsi une bonne dose d’humour noir dans le long-métrage, le Docteur Rendell (enfin, Larry Drake!) porte le film sur ses épaules. Un petit succès au festival d’Avoriaz que ce dernier n’aurait probablement pas eu sans la présence de l’acteur principal.



Car il faut bien avouer que le film de Manny Cotto n’est pas exempt de défauts.
Doté d’un scénario qui ne doit son originalité qu’à des meurtres variés et peu communs ainsi qu’à son tueur charismatique, "Dr. Rictus" est bien souvent tiré par les cheveux. En témoignent des passages un brin exagérés comme l’évasion plutôt facile de l’hôpital psychiatrique (après avoir tout de même libéré l’ensemble des pensionnaires et avoir fait une dissection en public sans que personne ne l’arrête…) ou encore cette fin aux multiples rebondissements. On pardonnera cependant ces petits bémols dans le scénario qui ne font au final que renforcer cette impression de drôlerie et de grand-guignolesque que cherche à véhiculer le film de Manny Cotto.

Par contre, hormis cette fin aux rebondissements en cascades, on pourra regretter cette trop grande linéarité que suit le scénario. Alors que la première partie du film mettait notre cher Larry Drake aux prises avec des victimes de son voisinage, ce dernier se focalisera ensuite plus particulièrement sur la jeune héroïne au cœur tendre (jouée par une Holly Marie – Charmed – Combs bien fade soit dit en passant). Une proie avec laquelle il va jouer au jeu du chat et de la souris durant une grande partie du film (laissant tout de même sur son passage quelques macchabés rassurez-vous!).



A l’inverse d’un "re animator" où la médecine et le gore s’additionnaient pour nous donner un véritable cocktail explosif, "Dr. Rictus" ne propose que très (trop) peu de scènes sanglantes. En effet, ce qui fait la force des (nombreux) meurtres n’est pas dans la quantité d’hémoglobine versée mais plutôt dans l’originalité des crimes commis. Chaque victime (ou devrais-je dire patient, héhé…) a droit à un traitement spécifique administré par notre grand malade à l’aide des instruments de travail de son défunt père. Un jeune homme friand de sexe se verra alors castré tandis que son amie, grelottante de froid, se fera prendre la température d’une manière bien radicale, plus tard un médecin se fera prendre la tension pour la dernière fois et une femme un peu trop gourmande aura quant à elle droit à un lavage d’estomac bien sanglant… A chaque meurtre un pseudo motif pour notre docteur fou à lier!

Si le côté gore n’est pas trop de la partie, les maquillages sont par contre mis en valeur, aussi peu nombreux soient-ils (étouffement du médecin, brûlures du docteur Rendell). Et n’oublions pas, pour en finir sur les effets visuels, la fameuse scène (peut-être le moment le plus mémorable du film) où un gamin sort du corps d’un cadavre! (mais je n’en dirai pas plus)


Quatre ans avant l’arrivée de Brian Yuzna et "le dentiste", Manny Cotto sortait "Dr. Rictus" ("Dr. Giggles"). Jouant la carte de l’humour, du suspense et de l’horreur, ce film mettant en scène un malade mental en blouse blanche aux prises avec son voisinage doit énormément à son acteur principal Larry Drake. Machiavélique, sadique et ne reculant devant rien, ce dernier vous fera dorénavant hésiter avant de franchir la porte du cabinet de votre médecin généraliste!

LE PETIT TRUC EN PLUS :
« Dr. Rictus » a reçu le prix du jury lors du Festival International du Film Fantastique d’Avoriaz en 1993.






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