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Réalisation
Massimo Dallamano

Scénariste
Massimo Dallamano, Ettore Sanzo

Date de sortie
1974

Genre
giallo

Tagline


Cast
Giovanna Ralli
Claudio Cassinelli
Mario Adorf
Franco Fabrizi


Pays
Italie

Production


Musique
Stelvio Cipriani

Effets spéciaux



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Moyenne: 5
(2 votes)
Un inspecteur, aidé par Mme la procureur, tente de faire le point sur le suicide déguisé d'une jeune fille de quinze ans. Ses recherches vont le mener à mettre à jour un vaste réseau de prostitution enfantine auquel participe plusieurs personnalités importantes de la région. Dans le même temps, un mystérieux motard assassine les témoins gênants à l'aide d'une lame de boucher...



Seulement douze films en tant que réalisateur pour Massimo Dallamano. Parmi ceux-ci, de nombreuses perles vénéneuses, la plus connue étant l’excellent « Mais qu’avez-vous fait à Solange ? », giallo sombre et fascinant dans lequel le cinéaste prenait position sur le thème de l’avortement. Car Massimo Dallamano est un réalisateur engagé : entendez par là que lorsqu’il a quelque chose à dire, sur un sujet précis ou sur la politique de son pays, ce n’est pas le dernier à lever le poing et à clamer haut et fort ce que d’autres pensent tout bas. Avec La Lame Infernale, il récidive dans le film policier à consonance politique puisque cette fois, il s’en prend ouvertement à la corruption qui règne en Italie à cette époque, et plus exactement sur la non répréhension des hommes « de pouvoir » par la police, cette dernière étant impuissante à faire régner la justice puisque corrompue elle-même et soumise à l’omerta de la part des personnalités les plus importantes du pouvoir. Même s’il s’agit de prostitution enfantine.



Si les fans de gialli purs et durs seront peut-être déçus que La Lame Infernale n’en soit pas vraiment un, il est clair que la réalisation, le jeu d’acteurs, la musique et le thème traité mettront tout le monde d’accord. La Lame Infernale est un excellent film, qui nous présente une enquête policière digne d’intérêt, envoutante, malsaine parfois. Les séquences où l’on écoute avec l’inspecteur des bandes audio sur lesquelles sont enregistrées des voix d’adultes donnant des ordres à des adolescentes à des fins sexuelles font froid dans le dos, et encore plus si on a nous-mêmes des enfants. Plus terrible encore sera le fatalisme exacerbé du film de Dallamano, qui nous fait bien comprendre que les pourris orchestrant derrière ce réseau de prostitution enfantine ne risquent pas grand-chose puisqu’il ne faut surtout pas que l’affaire s’ébruite. Le sentiment de totale impuissance ressenti par l’inspecteur chargé de l’affaire, interprété admirablement par Claudio Cassinelli, parvient à sortir de l’écran pour nous submerger et le final, nihiliste au possible, nous laisse aussi un arrière goût amer dans la bouche. Ce final, qui ne laisse place à aucune note d’optimisme, est à rapprocher du long métrage La Femme Flic avec Miou-Miou, très bon film policier français d’Yves Boisset réalisé en 1980 et dont la thématique est similaire à celle de La Lame Infernale.



Comme dit plus haut, La Lame Infernale n’est pas vraiment un giallo malgré ce qu’on pourrait penser à la vision de ses différentes affiches, qui présentent pour la plupart en vedette le mystérieux motard et sa fameuse lame de boucher. Un personnage tout vêtu de noir et commettant ses méfaits à l’arme blanche, voilà effectivement des éléments propres au giallo. Si notre tueur casqué fait bien parler de lui, avec une belle séquence de tranchage de main pour cerise sur le gâteau, on comprend vite que Massimo Dallamano n’est pas vraiment intéressé par ce personnage. On assiste bien à plusieurs tentatives de meurtres, ainsi qu’à une cavalcade avec la police mais c’est bien l’enquête menée par l’inspecteur Silvestri et madame le procureur qui passe au premier plan et qui donne en réalité tout son intérêt au film. Une enquête qui virevolte au gré de la partition musicale de Stelvio Cipriani, personnage à part entière du film.



Bien plus malin que ce que laisse suggérer son titre français, La Lame Infernale est une œuvre à découvrir séance tenante. C’est sans aucun doute possible un fleuron du cinéma italien des 70’s, intelligent, savamment mis en scène, et il serait dommage de le rater, surtout que l’éditeur français The Ecstasy of Films vient de le sortir dans une superbe édition DVD, permettant aux curieux et aux fans du film de le (re)découvrir dans de très bonnes conditions.


Disponible en Dvd zone 2 chez l'éditeur The Ecstasy of Films






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