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Victoria, une jeune américaine, arrive à Paris pour rendre visite à sa sœur Carolyn qui habite là. Après quelques courses palpitantes dans les rues et magasins de notre chère capitale, les deux frangines se retrouvent dans les catacombes parisiennes pour participer à une soirée organisée par Jean-Michel le bien nommé. Seulement voilà, une fois sur place, la timide et peu communicante Victoria perd de vue les amis teuffeurs de sa sœur et craint surtout d'être poursuivie par quelque chose venant de l'obscurité…



Inspiré d’une histoire vraie (on y croit trop !), produit par l’équipe de "Saw", avec au casting la chanteuse Pink (sous son vrai patronyme Alecia Moore), le film des inconnus Tom Coker & David Elliot est censé se dérouler dans les catacombes de Paname, a priori un lieu sympa et rarement vu dans les films de genre. Ah marketing quand tu nous tiens ! Seulement voilà, si quelques plans du métrage ont bien été tournés à Paris, l’ensemble de celui-ci a en réalité été filmé en Roumanie (à Bucarest, pour être plus précis). Bien que la reconstitution des catacombes soit assez bien rendue (si l’on veut bien passer outre le fait qu’une dizaine de crânes qui se battent en duel n’a jamais vraiment constitué un ossuaire digne de ce nom), c’est en réalité le scénario, la mise en scène et le jeu des acteurs qui posent problème. Ce qui fait quand même beaucoup, non ?



Commençons par l’histoire, celle-ci est, excepté le lieu de l’intrigue, d’un classicisme confondant : une jeune femme se retrouve seule dans les catacombes en pleine nuit poursuivie par un cinglé qui décime toutes les personnes s’aventurant sur son chemin. Ce dégénéré c’est, selon la légende contée par Jean-Michel, un homme portant une tête de bouc et tuant quiconque se perdant dans les catacombes. Notons que cette histoire sera racontée avec des flashbacks et autres images rappelant le style de la saga des "Saw", mais la comparaison s’arrêtera là. Ajoutons à cela, qu’il n’y a quasiment pas de saynètes gore à se mettre sous la dent et que le suspense est inexistant sauf si on considère que voir une jeune fille perdue, criant sans cesse et se faisant poursuivre interminablement dans des couloirs sombres des catacombes de Paris par un boogeyman avec un masque de tête de chèvre est oppressant ! Et je ne vous parlerai même pas du twist final qui fait peine à voir, tellement on s’en doutait et qui annihile tout ce qui a été montré avant…



Pour ce qui est du casting, même s’il est cosmopolite, c’est la bérézina (moi aussi je suis polyglotte !). Les deux héroïnes sont hyper énervantes : la pourtant craquante Shannyn Sossamon ("La mort en ligne 2008", "The day") ne fait ici que crier et courir dans tous les sens pendant les trois quarts du film et la chanteuse Pink n'est guère mieux lotie en frangine fêtarde, vulgaire et semblant surtout trop âgée par rapport au reste de la distribution (« T’as plus le physique d’une étudiante ma vieille ! ») ! Justement le reste des comédiens, parlons-en car c’est le summum. Quasiment tous les acteurs interprétant des français (nommés Henri, Léon, Hugo, Nico ou encore Jean-Michel, des prénoms bien à la mode en 2007 !) sont en réalité des acteurs roumains a priori moins bankable mais surtout beaucoup moins chers ! Il faut voir la V.O. pour entendre leur accent, c’est l'extase ! Pour moi le meilleur moment du film…

Quant à la réalisation, elle donne mal à la tête en un rien de temps. La faute à un montage « clippesque » inapproprié (la caméra bouge dans tous les sens et rend subséquemment l’action illisible) et à une mise en scène épuisante pour les yeux puisque l’on ne voit strictement rien à cause de l’obscurité prégnante (l’éclairage à la lampe torche dans des petits couloirs étant tout de même limité). Sans compter sur la musique de rave à fond les manettes vous vrillant les tympans, l’héroïne qui hurle sans cesse et les inlassables course-poursuites mettant à mal vos cervicales. Bref, quel visionnage éprouvant pour nos sens et notre corps ! Mais bon, ça ne dure qu’une heure trente lors desquelles Pink doit apparaître la bagatelle d’une vingtaine de minutes (mais il fallait sans doute rémunérer les roumains !) et où le monstre, mi homme mi mouton (sic), n’est présent que pendant dix minutes, approximativement…



Pour conclure, Catacombes c’est : une réalisation avec un montage épileptique, des actions incompréhensibles, une musique assourdissante et détestable, des acteurs risibles et des effets de manche grotesques sur fond de script médiocre. Tom Coker et David Elliot Elliot filment simplement le vide. C’est sans émotion, répétitif, même pas sanglant et le résultat final en devient laborieux à visionner. Pendant une heure et demie, le temps nous semble long, mais long ! Seuls sont à sauver : le choix des catacombes de Paris comme décorum (mais on a vu ce que son exploitation sur pellicule a donné) et l’accent des acteurs roumains, mais c’est bien involontairement drôle. Bref un film de couloirs à oublier vite fait. On parlait de quoi déjà ?









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