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Réalisation
James Watkins

Scénariste
Jane Goldman

Date de sortie
2012

Genre
spectres

Tagline


Cast
Daniel Radcliffe
Ciaran Hinds
Janet McTeer
Sophie Stuckey
Liz White


Pays
Angleterre

Production


Musique
Marco Beltrami

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 4.2
(35 votes)
Arthur Kipps, jeune notaire à Londres, est obligé de se rendre dans le petit village perdu de Crythin Gifford pour régler la succession d’une cliente récemment décédée. Dans l’impressionnant manoir de la défunte, il ne va pas tarder à découvrir d’étranges signes qui semblent renvoyer à de très sombres secrets. Face au passé enfoui des villageois, face à la mystérieuse femme en noir qui hante les lieux et s’approche chaque jour davantage, Arthur va basculer dans le plus épouvantable des cauchemars…



Il aura suffi d’une bande-annonce, très réussie, pour alimenter les rêves les plus fous : et si la Hammer, la vraie, pas celle du néanmoins réussi "Laisse-moi entrer" (remake de l’encore plus réussi "Morse"), celle des mystères camouflés par la brume, du fantastique ancré dans l’Angleterre classique, était enfin de retour ? On sent d’ailleurs dès le générique du film, laissant apparaître puis disparaître les noms de l’équipe du film au milieu d’un brouillard intense, une volonté certaine de revenir aux sources ou, au moins, de rendre un vibrant hommage aux grandes heures du studio.



Autre élément attisant la curiosité, la présence en tête d’affiche de Daniel Radcliffe, pour son premier rôle post-Harry Potter. Après 8 films dans la peau du jeune sorcier, le challenge consiste pour l’acteur à faire oublier ce personnage qui, justement, est très éloigné de Arthur Kipps, jeune juriste père de famille. Toujours concernant Harry Potter, on notera quelques détails amusants : dans la version télévisée de cette adaptation du roman de Susan Hill, le rôle d’Arthur était interprété par Adrian Rawlins, qui jouera plus tard le père du sorcier à lunettes dans la saga. Quant au personnage de Monsieur Daily, il est joué par Ciaran Hinds, alias Abelforth Dumbledore dans l’ultime volet de l’octalogie.

Mais revenons à cette Dame en noir qui dès son introduction réussit à nous intriguer et qui, nonobstant une histoire assez classique (ce qui n’est pas nécessairement un défaut), va nous passionner jusqu’au bout, notamment grâce à des moments forts relançant constamment l’intérêt du film. Néanmoins, c’est surtout par une autre de ses qualités que le film convainc réellement : son ambiance. Oubliez toutes les foires au jump-scare grotesque de la plupart des films d’angoisse de ces dernières années pour savourer enfin une oeuvre qui prend le temps de doser ses effets sans les amplifier artificiellement en faisant exploser le son, qui ne fait ici qu’accompagner les diverses manifestations surnaturelles, un peu à la manière d’un "Kaïro".



Des manifestations souvent subtiles, en arrière plan, dans un coin de l’écran, qui donnent aux visites de la maison abandonnée au milieu d’un paysage magnifique autant d’occasions de véritablement frissonner. Un sentiment d’autant plus présent que l’on n’y a que peu de moments de répit, le personnage d’Arthur Kipps semblant constamment surveillé, épié par la fameuse dame en noir. On n’évitera certes pas quelques sursauts, mais ils ne viennent que ponctuer de remarquables mises en situation. Seul véritable bémol à ce niveau, le fantôme, assez raté quand on le voit enfin de près.

Enfin, difficile de ne pas évoquer la musique, très réussie, de Marco Beltrami, qui souligne à merveille les passages les plus effrayants, ou cette atmosphère gothique particulièrement réussie, entre costumes d’époque, villageois mystérieux, ce côté un peu distingué dans son approche du fantastique, et cette brume qui emprisonne par moments Daniel Radcliffe comme elle pouvait le faire avec Johnny Depp dans une autre oeuvre renvoyant aux classiques de la Hammer, "Sleepy Hollow".



La Dame en noir tient donc toutes ses promesses, et James Watkins ("Eden Lake") nous offre une oeuvre fantastique particulièrement réussie, brillant hommage aux éléments qui ont fait le succès de la Hammer. Si Daniel Radcliffe réussit rapidement à nous faire oublier son précédent rôle, le film parvient quant à lui à surprendre en installant une ambiance vraiment inquiétante, ce qui est trop rare ces dernières années, en osant prendre son temps pour doser ses effets angoissants. Ca ne conviendra sans doute pas à tout le monde, mais avec moi, ça a parfaitement fonctionné.








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EDEN LAKE