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John James, un écrivain en panne d’inspiration, vit désormais seul avec Louisa et Sam, ses deux enfants, suite à son divorce, dans une énorme demeure à la campagne. Là, il tente de devenir un père modèle envers sa progéniture pour laquelle il a été autrefois souvent absent. Mais peu à peu, sa fille d’une quinzaine d’années, se comporte de manière étrange : isolement inquiétant, crises de somnambulisme, pertes de mémoire et surtout présences récurrentes sur un monticule de terre et de feuilles situé dans le jardin de leur nouvelle propriété alors qu’une présence semble tapie dans l’ombre. Est-ce que la maison et ses alentours sont hantés par une présence indésirable telle un fantôme ou bien une entité diabolique souhaitant prendre possession de nouveaux corps ? Ou bien s’agit-il d’une malédiction pesant sur tous les néo-habitants de ce lieu ? C’est ce que John essaiera de découvrir en menant une enquête dans le voisinage et auprès des anciens propriétaires de son nouveau domicile…



Honnêtement, voir Kevin Costner, gendre idéal et playboy international des années 90 dans un film dit de genre, j’avoue que ça me laissait perplexe. Pourtant, le lascar, à ses débuts, joua dans un slasher ("Shadows run black"), mais vu sa performance d’acteur à l’époque, il préféra s’engager vers d’autres horizons, grand bien lui en a pris. Ce n’est que quelques années plus tard, une fois sa réputation de star mondiale assise, qu’il récidive dans le ciné de genre en jouant (et réalisant pour le second) dans deux productions post-apocalyptiques mais véritables fours cinématographiques : "Waterworld" (l’un des films les plus chers de l’histoire du cinéma) et "Postman". Depuis, c’est le néant ou presque, à part peut-être en 2007 et son interprétation remarquée d’un serial killer dans "Mr. Brooks". Ici, on a donc l’occasion de croiser de nouveau « Mr. Costner », acteur laissé pour mort par Hollywood dans un long-métrage autre qu’une comédie dramatique nauséabonde. Eh bien, le moins que l’on puisse dire, c’est que son talent et sa présence à l’écran sont toujours intacts. Il campe admirablement ce père essayant tant bien que mal de regagner l’amour de ses enfants fragilisés par le départ de leur mère vécu comme un véritable abandon mais aussi isolés géographiquement après un emménagement dans une bâtisse éloignée sise en Caroline du Sud. Notons également la présence au casting de Noah Taylor ("Vanilla sky", "Charlie et la chocolaterie") ou bien encore de Samantha Mathis ("The Punisher"). Mais celle qui retient le plus l'attention c'est la jeune Ivana Baquero qui s'était déjà illustrée dans "Le labyrinthe de Pan" de Guillermo Del Toro. Ici, elle interprète magistralement Louisa, jeune ado rompant progressivement avec les siens à mesure qu’elle s’éloigne de plus en plus loin dans la forêt avoisinante…



Sorti directement en DVD dans l’indifférence générale, Instinct de survie est un film de Luiso Berdejo, réalisateur espagnol auteur du script de "Rec 3 genesis" et dont le scénario est l’adaptation d’une nouvelle de John Connolly, un des papes du roman policier anglais. D’où cet habile mélange entre tension et fantastique qui se dégage du métrage. Pourtant, si l’on se fie à son titre français (le titre original « The new daughter » étant quand même plus parlant) et à sa jaquette façon « vigilante movie », on était en droit à s’attendre à un énième métrage sur la vengeance d’un père vis-à-vis de quelqu’un ayant commis des atrocités envers sa famille. Que nenni ! On a affaire ici à un film d’ambiance qui glisse progressivement du drame familial vers le fantastique pur. La présence d’une entité malfaisante tapie dans l’ombre s’immisce peu à peu au fur et à mesure que s’effectue la transformation de la jeune fille de manière irrévocable avec au passage une très belle parabole sur le passage difficile à l’âge adulte. A contre-courant des ersatz de "Saw" et consorts, Instinct de survie suggère plus qu’il ne montre. Berdejo prend ainsi allègrement le temps pour dévoiler ses protagonistes et leur nouvel habitat, une maison isolée de tout. Une fois les enjeux dramatiques exposés, le réalisateur ibérique va adroitement distiller une ambiance d’effroi et de suspense en se focalisant sur la transformation de comportement de la jeune fille. Et ça fonctionne plutôt pas mal !



Seulement voilà, d’aucuns pourront reprocher au film - et ce, à juste titre - de dérouler trop lentement le fil de son intrigue au risque de perdre le spectateur qui finira par se lasser d’attendre trop longtemps un événement marquant qui arrive en définitive bien tard. Le final est toutefois réussi puisqu’il crée un climat particulièrement inquiétant et évite le happy end de rigueur dans les productions américaines en offrant une fin ouverte sujette à de multiples interprétations. D’autres pourront se montrer très critiques envers le côté « déjà-vu » du métrage à l’instar des "Dream house" et autres "Intruders" avec une famille en crise nouvellement installée dans une demeure où semble attendre une présence singulière, de fausses pistes, un parent surprotecteur, etc. Ce qui pourrait fortement ennuyer car manquant d’innovation manifeste. Mais ne boudons pas notre plaisir de voir notre (vieux) beau Kevin et de découvrir un bon petit divertissement que l’affiche (aussi bien la nôtre que celle des américains) et le titre français ne laissaient pourtant pas augurer. C’est vrai quoi tout cela n’était carrément pas glamour puisque sur la jaquette on pouvait voir un vieil acteur qui a eu son heure de gloire il y a deux décennies et « Instinct de survie », franchement comme titre, ça ne fait pas penser à un Van Damme ultra cheap !?



À travers l’étude des rapports conflictuels entre un père et sa fille, Berdejo marche confortablement sur les traces de ses glorieux compatriotes (Balaguero, Collet-Serra, Fresnadillo et Amenabar en tête) sans toutefois atteindre leur brio quant à surprendre le spectateur lambda. Pourtant, Instinct de survie demeure un film de facture honnête dont le scénario reste sans réelle surprise (hormis le twist final ô combien surprenant) pour les habitués de films de genre mais au casting vraiment bien senti. Berdejo semble ainsi avoir les épaules aussi larges que ses illustres compatriotes même si son film ne semble pas assez abouti car inégal et au parfum de vu et revu. Il reste cependant un jeune réalisateur prometteur à suivre…









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