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Pour les besoins d’un jeu, dix condamnés à mort sont réunis sur une île. Le principe est simple : les participants doivent s’entretuer, et le dernier survivant obtiendra sa liberté. Pour les besoins du show, des caméras sont installées dans chaque recoin, et l’émission sera diffusée sur internet, au mépris de toute légalité. Parmi ces participants, Jack Conrad, qui attendait la peine de mort dans une prison d’Amérique Centrale après avoir fait sauter un immeuble. Pourra t’il survivre aux autres et gagner sa liberté ?



Pour les besoins d’un jeu, dix condamnés à mort sont réunis sur une île. Le principe est simple : les participants doivent s’entretuer, et le dernier survivant obtiendra sa liberté. Pour les besoins du show, des caméras sont installées dans chaque recoin, et l’émission sera diffusée sur internet, au mépris de toute légalité. Parmi ces participants, Jack Conrad, qui attendait la peine de mort dans une prison d’Amérique Centrale après avoir fait sauter un immeuble. Pourra-t-il survivre aux autres et gagner sa liberté ?

La «télé-réalité» ayant envahi nos écrans depuis maintenant pas mal d’années, il était normal que le cinéma suive le mouvement en montrant du doigt les dérives possibles d’une telle mode. Ainsi, du "Truman Show" à "Live !", de "Running Man" à "Halloween Resurrection", les exemples ne manquent pas, envahissant peu à peu le grand écran aussi sûrement que ces émissions polluent nos petites lucarnes. Aussi, Les Condamnés débarque-t-il en 2007 au milieu d’un genre déjà bien représenté. Et il ne faudra pas compter sur lui pour apporter du nouveau, le film ne faisant qu’appuyer sur la critique récurrente des méfaits des émissions violentes, de la soif de spectaculaire, le tout sans grande imagination et avec un maximum de stéréotypes.



Les Condamnés est un film produit par WWE Films, la branche cinématographique de l’entreprise principalement connue pour ses spectacles de catch. Principalement tournée vers le cinéma d’action bourrin et stupide (les mauvaises langues diront que ça rejoint le côté catch de leurs activités), le studio nous a offert des films aux titres aussi évocateurs que "The Marine" ou "Behind Enemy Lines : Colombia", mais a également fait quelques timides incursion dans le cinéma horrifique ou d’aventures fantastiques avec le slasher bourrin "See no evil" et "Le Roi Scorpion". L’une des principales caractéristiques de ces films est de mettre en scène dans le rôle principal une des stars de la WWE, dans une optique purement commerciale consistant à profiter de leur célébrités pour amasser un maximum de ronds. D’ailleurs, à l’exception de Dwayne «The Rock» Johnson, qui a abandonné le sport-spectacle pour se consacrer exclusivement au cinéma ("Doom", "Southland Tales", etc...), aucune de ces stars ne semblent vraiment intéressée par une véritable carrière au cinéma.

Ici, c’est «Stone Cold» Steve Austin, catcheur à la retraite depuis de graves blessures sur le ring, qui tient le rôle principal. Il convient d’ailleurs de dire quelques mots sur le personnage qu’il incarnait sur le ring, tant les scénaristes tendent à faire coincider les personnages entre les cordes avec ceux sur grand écran. SCSA, pour faire court, c’était le rebelle, celui qui se foutait de toutes les conventions, celui qui s’attaquait au patron, qui s’exprimait à grands renforts de grossièretés et de gestes obscènes. Bref, c’était le bon vieux temps. Aussi dans le film, il ne faut pas s’étonner de le voir incarner un personnage assez semblable, dans cet objectif éternel de séduire le spectateur avec une grande gueule. Le film étant centré sur lui, on devine rapidement que derrière la façade du prisonnier condamné à mort se cache un secret bien plus lourd, qui fera de lui un véritable héros.



Pourtant, son personnage ne sera pas le plus caricatural parmi la galerie présente sur la fameuse île. Les prisonniers viennent pour la plupart d’horizons différents, afin de permettre au spectateur de mieux s’identifier, le producteur se plaignant notamment de ne pas avoir d’arabe. On aura donc, en vrac, l’asiatique doué en arts martiaux, l’africaine sexy aussi belle que dangereuse, le couple à la Bonnie & Clyde, l’italien fort en gueule, et le géant venu d’ex-URSS, également joué par un ex-catcheur professionnel, Nathan Jones. A ce beau monde, on ajoutera l’ancien militaire britannique, interprété par Vinnie Jones, l’inquiétant tueur de "Midnight Meat Train". L’équipe de production de l’émission n’est pas en reste, entre le producteur prêt à toutes les extrémités pour faire du bénéfice, et son entourage partagé entre les salauds de la pire espèce et ceux qui auront des scrupules à exploiter les horreurs filmées pendant le jeu.

Un jeu qui va d’ailleurs en rappeler un autre : l’action se déroule donc sur une île, les participants doivent s’entretuer, des sacs leur sont fournis avec des armes et des vivres, et ils sont attachés à des explosifs destinés à les faire sauter s’il n’y a aucun vainqueur. Oui, si vous avez vu "Battle Royale", tous ces éléments vous seront familiers. Mais là où ce dernier offrait un film d’une particulière violence, Les Condamnés va se montrer plutôt léger, toujours dans l’optique de rameuter un maximum les adolescents qui composent le public majoritaire de la WWE (surtout ces derniers mois). Pourtant, on pourra être étonné par le sadisme du personnage joué par Vinnie Jones, qui n’hésite pas à tuer (normal en même temps), tromper, torturer et violer. Mais ne nous emballons pas, tout ceci reste généralement hors-champs, et on n’assistera généralement qu’aux affrontements à mains nues des concurrents, ou en fin de métrage à quelques coups de feu. Des combats handicapés par un montage ultra-rapide et des mouvements de caméra incessants et hasardeux (en mode shakycam comme disent les jeunes), qui se révèlent ainsi bien moins jouissifs que ce en quoi on était en droit d’attendre, notamment lorsque Steve Austin affronte le géant Nathan Jones. Un face à face qui accouche d’une souris...



Evidemment, au milieu de tout ça, on n’évite pas une critique de l’apologie de la violence et de la facilité de son accès sur internet, mais le tout reste en surface à cause de personnages trop caricaturaux et de situations trop faciles dans lesquelles les méchants font face aux gentils, pendant que d’autres méchants se rejouissent de tant de barbarie et que d’autres gentils expriment leur dégout par des nausées ou des monologues insipides sur la beauté de la vie, son caractère sacré, et bla, et bla, et bla...Bref, on sent que tout le monde, et les responsables du films les premiers, s’en fout un peu du message, et on pourrait ajouter que c’est logique tant il s’agirait pour la WWE de cracher dans la soupe...

Bref, Les Condamnés, film construit autour de Stone Cold Steve Austin, n’est pas un film désagréable, et il se laisse suivre sans véritable ennui grâce à une recette bien étudiée entre action, personnages caricaturaux et manichéisme gentillet, mais il pêche par son manque cruel d’originalité et d’imagination, que ne viennent pas compenser la réalisation, le scénario et l’interprêtation. Un film d’action aux relents de survival qui ne restera sans doute pas dans les mémoires, and that’s the bottom line, ‘cause Steeve Raoult said so.








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