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Au large de l'Alaska, l'océanographe Emma MacNeil étudie les schémas migratoires de baleines à bord d'un submersible expérimental qu'elle utilise sans la permission de son employeur. Dans le même temps, un hélicoptère militaire jette à l'eau un transmetteur de sonar expérimental, ce qui fait paniquer les baleines, qui heurtent un glacier proche. L'hélicoptère finit également par heurter le glacier, ce qui a pour conséquence de le briser, et de libérer deux créatures préhistoriques qui y hibernaient...



Il y a quelques mois, une news de Stéphane Erbisti sur ce même site éveillait ma curiosité de nanarophile en dévoilant un titre ravageur, une affiche d'enfer et un trailer qui promettait quelque chose de très mal foutu, et donc d'indispensable pour moi : "Mega Shark vs Giant Octopus". Avec un tel titre, j'imaginais presque l'enfance du scénariste, dans sa baignoire, avec son requin et sa pieuvre en plastique qui se battaient, en dévorant les petits soldats qui passaient dans le coin. Une idée complètement folle donc, que n'ont sans doute pas manqué d'alimenter les productions Nu Image par exemple, et leurs "Shark Attack 3" et "Octopus", qui mettaient respectivement en scène un Mégalodon et une pieuvre géante. Et ça, quand on est une firme aussi opportuniste que The Asylum, on ne passe pas à côté. Si vous ne connaissez pas, certains titres de leur catalogue vous sembleront sans doute familiers: "The Da Vinci Treasure", "Snakes on a train", "AVH: Alien vs Hunter", "The day the Earth stopped", "100 Million BC", "The Terminators" ou encore "Transmorphers"...Oui, des titres qui ressemblent étrangement à ceux de blockbusters; le vice allant même jusqu'à faire coïncider les dates de sortie. On notera aussi "Monster", un film "inspiré" de Cloverfield, avec...une pieuvre géante. Tout se rejoint finalement !



Depuis les premières images et l'affiche, un nouveau trailer était sorti. Si vous êtes en train de lire ces lignes, vous l'avez sans doute vu. Vous savez, celui où le requin géant chope un avion en plein vol (non, ne comptez pas sur moi pour faire une blague de très mauvais goût sur le crash récent de l'Airbus A330)...Une image qui a suffit à alimenter un buzz assez important chez les amateurs de films animaliers. Le "Holy shit!" du passager apercevant le requin par le hublot devenant par la même occasion une réplique directement culte. Mais dans ce genre de production, il faut toujours se méfier : parfois, le trailer montre les rares passages intéressants du film, devant lequel on s'ennuie beaucoup. Qu'en est-il donc de ce mega shark vs giant octopus ?

A vrai dire, j'en suis ressorti assez mitigé. Ma crainte concernant le trailer était quand même assez fondée, puisque finalement, les passages les plus énormes, ceux qui font vraiment l'intérêt du film, vous les connaîtrez avant même de voir le métrage : la scène de l'avion bien entendu, mais aussi l'attaque du Golden Gate (là encore, une idée jouissive bien que complètement folle), ou celle d'une plate-forme pétrolière par la pieuvre (une image déjà un peu plus classique), ou enfin un clin d'œil obligé à "Les Dents de la mer, 2ème partie" avec une baleine à moitié dévorée échouée sur une plage. Oui, parce qu'il faut bien meubler pendant une heure, les monstres ne s'affrontent pas directement. Au début, alors qu'ils sortent ensemble de la prison de glace qui les avait surpris (???) en plein affrontement, les deux créatures décident d'abord d'aller s'amuser. Ainsi, Giant octopus va vers l'ouest s'en prendre au Japon, et Mega Shark vers l'est pour démonter du ricain. Film américain oblige, on s'attardera donc plus sur le squale que sur le céphalopode, les attaques de ce dernier étant souvent simplement rapportées par un personnage.



Evidemment, de chaque côté du Pacifique, on essaie de régler soi-même le problème, si possible en attirant le monstre dans un endroit peuplé (les mystères de la stratégie militaire...). Et quand on se rend compte que rien ne fonctionne, pas même en attaquant le mégalodon avec des armes anti-aériennes (les mystères de...), une petit voix s'élève : "et si on les faisait s'entretuer?". Oui, il leur aura fallu les deux tiers du film pour y penser. Mais c'est comme pour n'importe quel cross over, on ne peut pas se permettre de ne faire un film qu'avec la bataille finale. Une bataille qui sera d'ailleurs bien décevante, et assez répétitive...Dommage, il y avait sans doute un énorme potentiel à en tirer.

Bref, sans surprise, le scénario est nul. Mais bon, qui regarde un film nommé "Mega Shark vs Giant Octopus" pour y voir une histoire crédible de toute façon ? Non, si on regarde ce genre de film, c'est pour passer un bon moment, le cerveau au placard, se fendre la tronche devant les effets spéciaux, les acteurs et les scènes d'une idiotie jouissive. Si sur ce dernier point, c'est réussi, les effets spéciaux et les acteurs principaux sont assez décevants. Les effets d'abord. Bien évidemment, ils sont loin d'être réussis. Quoique l'attaque de la plate-forme pétrolière réussisse à donner le change, grâce il est vrai à un montage très rapide. Mais la vraie curiosité, c'est que ces-dits effets ne sont pas complètement loupés ! Alors oui, on voit que c'est du numérique (très) fauché, mais ça ne choque pas vraiment, sauf pour l'affrontement final. Bon, je vous avouerai aussi que mon barème d'évaluation des effets numériques pour ce genre de production n'est pas le plus fiable, j'ai déjà vu des trucs tellement moches que je suis parfois indulgent. C'est sans doute le cas ici, mais je m'attendais vraiment à pire de ce côté là. Heureusement, les décors des bâtiments militaires nous en donnent pour notre argent. C'est simple, on dirait un hommage à Ed Wood : carton, pièces détachées collées à la va-vite, sous-marins à commande Nintendo. Absolument aucune crédibilité ne ressort de ces éléments, la médaille revenant peut-être à l'avion de chasse. Ajoutez à tout cela des couleurs qui dégorgent, un éclairage jaune pour les asiatiques (ben voyons...), et bleu, rouge ou vert pour les ricains, et on a des intérieurs étonnants !



La même remarque s'applique aux acteurs. Je ne veux pas dire par là qu'ils ont des intérieurs étonnants (aucun plan nichon ni d'autre nature à signaler, désolé), mais que je m'attendais à vraiment bien pire. Parmi eux, on retrouve Lorenzo Lamas, l'acteur de films d'action, que je connais surtout pour son rôle dans la série "Le Rebelle" (mais si, rappelez-vous, avec l'indien qui a joué récemment dans une pub Haribo !). A ses côtés, Deborah Gibson, star de la chanson aux Etats-Unis à la fin des années 80. Autrement, un gros potentiel de jeu ridicule. Et pourtant, là encore, pas grand chose à se mettre sous la dent. Oh, bien sûr, le personnage joué par Lamas prête souvent à sourire, mais son jeu, loin d'être exceptionnel, reste sobre et assez fade. Debbie Gibson s'en tire plutôt bien également dans le rôle classique de la scientifique d'un certain charme, malgré quelques passages en roue libre. Non, pour voir de la grande performance d'acteur, il faut se tourner vers les seconds rôles, notamment les militaires américains, qui parviennent rarement à évoquer une expression crédible, surtout quand ils essaient de jouer en même temps la peur, l'absence de peur (je sais, ça surprend), la détermination, l'espoir, le désespoir, la fierté et la résignation.

Au final, ce "MSVGO" (ça va quand même plus vite) a tout d'un pétard mouillé. S'il reste agréable à suivre, on regrettera son cruel manque de folie, malgré quelques passages d'anthologie, hélas trop courts et peu nombreux, et surtout déjà visibles dans la bande-annonce. Ni un bon film (sans surprise), ni même un nanar vraiment amusant, je le considère simplement comme un mauvais film, bien trop fade malgré des ingrédients prometteurs et quelques passages amusants qui viennent pimenter le tout. Décevant donc. Notons enfin qu'à l'origine, le film devait être en 3D, mais que faute de moyens, l'idée fut abandonnée. Dommage, j'aurais bien aimé voir le Megalodon me sauter au visage en relief...








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