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Au Venezuela, un couple de jeunes gens vient (pique-)niquer au bord du fleuve Orénoque. Alors qu’ils décident de se baigner, ils sont attaqués et tués par des piranhas. Jusque là, tout le monde s’en fout, mais les-dits piranhas vont ensuite s’attaquer à un ambassadeur américain (et à son bateau). Dès lors, rien ne va plus. Le gouvernement américain envoie alors son meilleur homme, l’agent spécial Jason Fitch pour enquêter sur ce qu’il pense être une attaque terroriste. Mais il découvre rapidement que l’attaque est due à des créatures génétiquement modifiées, qui ne cessent de grandir et se dirigent vers l’océan.



Vous n’en pouvez plus d’attendre l’énième remake d’Alexandre Aja ? Vous vous trouvez ridicules avec des lunettes 3D sur le nez ? The Asylum est là pour vous ! Alors que "Piranha 3D" attend la fin de l’été pour montrer ses crocs, la chaîne américaine SyFy a préféré jouer une carte plus logique : nous proposer un film au décor estival en avril pour préparer l’été. Bon en même temps chez SyFy, ils s’en foutent, ils nous abreuvent des films horrifiques animaliers à longueur d’année. Mais The Asylum soigne décidément de plus en plus ses lancements, réussissant maintenant à profiter du succès d’un film bien avant qu’il ne soit sorti. Et c’est avec une impatience fébrile et un peu honteuse que me voilà une nouvelle fois à vous parler d’un film de la société américaine spécialisée dans les mockbusters...et ce ne sera sans doute pas la dernière !



"Mega Piranha" (avouez quand même que ce titre est alléchant, non ?) est typique du catalogue de The Asylum ; aussi va-t-il s’appliquer à reprendre une recette qui a depuis longtemps fait ses preuves : reprendre les ingrédients les plus classiques du genre et les exagérer un maximum. Le tout, en y ajoutant le petit plus : le gigantisme. Car si le film animalier rime souvent avec des animaux bien plus grands que le normale, le phénomène a pris depuis quelques années une ampleur assez incroyable. Evidemment, The Asylum a déjà donné dans le genre avec son "Mega Shark vs Giant Octopus" déjà chroniqué par mes soins en ces eaux. Mais avec "Mega Piranha", ils vont encore repousser les limites.

Dans ce genre de film, il y a généralement deux écoles : soit la créature est un animal préhistorique ressuscité, soit c’est la génétique qui a fait des siennes. Voire parfois les deux. Ici, c’est l’option génétique qui est choisie, ce qui nous laissera visiter les laboratoires high-tech des scientifiques responsables...Bref, une occasion comme une autre de justifier la croissance extraordinaire des poissons qui, d’une taille déjà respectable pour des piranhas, vont finir par peser plusieurs tonnes ! Ce qui explique peut-être un comportement particulièrement étonnant : comme leur lointain cousin Mégalodon dans "Shark Attack 3 : Megalodon", ils poussent des grognements lors de leurs attaques ; comme les dauphins, ils se déplacent en bondissant hors de l’eau et pratiquent la technique de l’échouage des orques ; lorsqu’ils dévorent une proie, leur position ne change plus et ils se contentent de vibrer à toute vitesse, dépassant parfois hors de l’eau en défiant les lois de la pesanteur ; et surtout, ils ont un estomac particulièrement solide, capable de digérer tout et n’importe quoi. Décidément, on peut vraiment faire ce qu’on veut avec un labo génétique au Vénézuela...ou avec des scénaristes pas trop regardants.



Des scénaristes qui vont donc jouer à fond la carte de l’exagération, nous en donnant toujours de plus en plus au fur et à mesure du métrage. Comme déjà évoqué, les piranhas grossissent de façon exponentielle...et il en va de même de leur appétit. Aussi, s’ils commencent gentiment en boulottant un jeune couple pour la scène d’introduction, ils vont rapidement s’attaquer à plus gros : si voir des poissons bouffer un bateau vous semblera sans doute déjà surprenant, que direz-vous en les voyant de farcir un cuirassé, un sous-marin, un hélicoptère ? Si voir un requin gigantesque aller choper un avion dans les nuages ou s’attaquer au Golden Gate vous y avait préparés, que direz-vous devant l’un des passages phares du film : l’attaque d’une ville portuaire par les piranhas, se jetant sur les bâtiments pour les détruire ou les faire exploser tels autant de kamikazes ? Car oui, ils ont osé. Et ils en sont tellement fiers qu’ils le referont en fin de film. En fait, il n’y a guère que le héros qui leur résiste, de façon parfois étonnante (il faut le voir repousser une série de piranhas à coups de pieds !) pendant que d’autres se paient un clin d’oeil à "Peur Bleue".

Tout ceci serait déjà fort drôle si en plus le réalisateur n’en faisait pas des tonnes. En effet, Eric Forsberg, également scénariste et acteur pour ce film, va user et abuser d’effets de style, souvent très ringards : des accélérations, des ralentis, des arrêts sur image pour présenter ses personnages, des effets de transition différents à chaque scène...On a vraiment l’impression qu’il s’amuse à caser le plus de choses possibles, ce qui a rapidement pour effet d’enfoncer encore le film plus avant dans le ridicule. D’autant qu’évidemment, les effets spéciaux sont particulièrement honteux, les piranhas numériques n’ayant aucun mouvement crédible et leurs interactions avec les acteurs ou les décors sont loupés. Ah, les acteurs ! On retrouve la chanteuse Tiffany que j’avais eu l’immense bonheur (...) de déjà voir dans "Blood Snow". A ses côtés, Barry Williams, principalement connu pour ses rôles dans des séries télévisées, et surtout Paul Logan, acteur spécialisé dans les films d’action et horrifiques à faible budget, déjà apparu chez The Asylum dans "The Terminators" ou "Megafault". Bref, que du beau monde, comme d’habitude.



N’ayant pas encore vu "Piranha 3D" au moment d’écrire ces quelques lignes, je n’irai pas jusqu’à vous vendre "Mega Piranha" (encore qu’à force, je vais écrire à The Asylum et demander à être rémunéré, non mais !) comme une alternative intéressante...Mais si le film de Aja nous promet «sea, sex and gore», celui de Forsberg la joue plutôt «sea, sex and fun». Encore qu’il n’y ait pas de sexe, malgré des piranhas qui s’envoient littéralement en l’air, et que le fun vient surtout de la médiocrité de l’ensemble...qui semble quand même volontaire. A réserver aux amateurs de «nanars» donc, "Mega Piranha" met un peu de temps à démarrer, mais quand le film se lâche enfin, c’est un énorme moment de n’importe quoi . Et puis franchement, ce serait quand même dommage de passer à côté de l’attaque du port !








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