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Juan et Sonia, un jeune couple espagnol, viennent d’acheter une maison dans un quartier chic de Barcelone, futur havre de paix pour leur jeune enfant. Mais rapidement, des phénomènes étranges font leur apparition dans l’ancienne bâtisse : des cris dans la nuit, des interférences sur le baby phone et pire encore les apparitions d’un homme tout de noir vêtu sur l’écran du système de télésurveillance placé dans la chambre de leur fils ! Très vite, la paranoïa et la peur s’installent au sein du jeune couple ibérique mais Juan est prêt à en découdre pour comprendre l’origine de ces inquiétants phénomènes.



Avec le très bon épisode signé Jaume Balaguero et intitulé « à louer », la série espagnole des « Peliculas para no dormir » (sortes de « Masters of horror » ibériques) nous propose également un autre opus fort soigné appelé « la chambre du fils ».

Réalisé par le génie Alex De La Iglesia (à qui l’on doit entre autres « action mutante », « le jour de la bête », « mes chers voisins », « le crime farpait » ou encore « crimes à Oxford » et « balada triste »), « la habitacion del nino » (titre original) est effectivement l’un des meilleurs segments de la série.



Partant pourtant d’un schéma de départ fort classique (un jeune couple avec un enfant en bas âge emménagent dans une vieille et grande maison et sont rapidement en proie à de mystérieux phénomènes), le film d’Alex De La Iglesia réussit rapidement à nous plonger au cœur d’un suspense maintenu du début à la fin.
Dès l’introduction, une ambiance très angoissante se dégage en effet de « la chambre du fils » de part ses décors lugubres (certains plans de la bâtisse font penser à un vieux manoir hanté, avec son escalier en bois, ses tableaux d’époque…) et sa musique inquiétante. Une atmosphère des plus oppressantes comme certains grands noms espagnols savent si bien le faire (on pense forcément à Jaume Balaguero ou Alejandro Amenabar). D’ailleurs, la présence au générique de deux grands noms du cinéma fantastique espagnol, Alex De La Iglesia et Narciso Ibanez Serrador (« la résidence » et « les révoltés de l’an 2000 »), ne peut que rassurer les fans (même si le segment des « Peliculas para no dormir » de Narciso Ibanez Serrador intitulé « la faute » s’avère décevant malgré quelques bonnes idées par-ci par-là). Et le résultat est là : « la chambre du fils » est un film fantastique à la tension plus que palpable (cette histoire de mondes parallèles, bien qu’assez commune de nos jours, est relativement bien menée par notre duo réalisateur/scénariste).



Alors que le nom d’Alex De La Iglesia est souvent rattaché à « humour noire », il est bon de signaler que cette fois-ci le scénario n’est pas signé par notre cher réalisateur ibérique mais par un certain Jorge Guerricaechevarria. En ressort alors un film bien moins dynamique et drôle que « le jour de la bête », « le crime farpait » ou encore « mes chers voisins », mais réussissant toutefois à distiller quelques passages d’humour noire bienvenus par le biais du personnage de Juan.

Enrôlé dans une spirale de peur et de paranoïa (ce dernier va se méfier de tout le monde, du simple passant dans la rue à l’agent immobilier lui ayant vendu la maison), Juan va rapidement passer pour un fou auprès de son environnement proche : sa femme tout d’abord qui le surprend à deux reprises avec un couteau à la main en pleine nuit (deux situations géniales qui, même si elles mettent mal à l’aise Juan, feront rire le spectateur tellement les quiproquos sont idéalement mis en scène), puis son patron, ami de longue date, qui le pousse à se reposer.

Mais là où c’est d’autant plus jouissif, c’est que cette paranoïa ne s’éteint pas et au contraire s’alimente encore un peu plus grâce à trois personnages faisant leur apparition dans le film : une vieille voisine qui laisse entendre que la maison est hantée, son collègue de bureau qui ne cesse de l’inquiéter (un très bon second rôle par ailleurs, hilarant à souhait) et un troisième collègue spécialisé dans les histoires paranormales.

« La chambre du fils » possède en tout cas un rythme fort soutenu, prenant appui sur la paranoïa montante de Juan et sur l’atmosphère menaçante de cette vieille bâtisse. Même si l’on regrettera une fin prévisible cinq bonnes minutes à l’avance, il faut reconnaitre que cette dernière est toutefois efficace et clôture le film de bien belle façon.



Certes le film n’est pas parfait (certaines petites interrogations demeurant sans réponse et le final de l’introduction pouvant laisser perplexe) mais ce dernier s’avère si riche en émotions (tantôt stressant, tantôt amusant) que l’on en ressort agréablement surpris. Alors, même si Alex De La Iglesia n’a pas signé entièrement le scénario de ce film comme il en a pourtant l’habitude, une chose est certaine : il nous a une fois de plus offert un bon spectacle!