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Les scientifiques découvrent un nouveau satellite autour de Jupiter, qu'ils nomment "Planète X". Des signaux ayant été perçus, deux astronautes, l'un Japonais et l'autre Américain, sont envoyés pour explorer l'astre. A leur arrivée, ils découvrent un peuple extraterrestre contraint de vivre sous la surface à cause de la présence d'un monstre qu'ils nomment "Monster Zero", mieux connu par les terriens sous le nom de King Ghidorah. Les aliens demandent alors aux terriens de leur prêter Godzilla et Rodan, qui ont vaincu le dragon sur Terre, pour les débarrasser du monstre. En échange de quoi ils fourniraient le moyen de guérir le cancer. Mais leurs intentions ne semblent pas uniquement amicales...



Sixième film de la série, "Invasion Planète X" est la suite directe de "Ghidorah le monstre à trois têtes". A la fin de ce dernier, King Ghidorah s'enfuyait de la Terre, repoussé par l'alliance formée par Godzilla, Rodan et Mothra. On retrouve donc ici trois des quatre monstres, Mothra n'apparaissant pas pour des raisons budgétaires. Trois monstres donc, ce qui semble nous promettre de belles perspectives de combats. Mais il en sera tout autrement, le film choisissant de s'attacher davantage aux relations humains/aliens qu'aux créatures géantes, faisant du métrage un film de science-fiction extraterrestre, bien plus qu'un kaiju eiga classique.



Comme beaucoup de films de SF de cette époque (ou même encore actuels), "Invasion Planète X" va se caractériser par une particulière naïveté à l'égard de l'inconnu extraterrestre, que ce soit dans le propos, dans les détails désuets, ou dans les images montrées. Ainsi, les appareils spatiaux, qu'ils soient humains ou extraterrestres, présentent des looks particulièrement amusants, de même que les décors souterrains de la planète X. Mais la palme revient aux habitants de la planète X eux-mêmes: habillés de vinyle, arborant une petite antenne au sommet du crâne et portant des lunettes qui rendraient jaloux Cyclope des X-Men. Pour pimenter le tout, les femmes ont toutes le même visage. Comme dirait JPP dans son volume 2 des " Craignos Monsters ", c'est un sacré remède contre l'adultère. Notons quand même qu'il leur est interdit d'aimer sans le consentement d'un super ordinateur, au risque de payer ce crime de leur vie. En gros, une vie bien morne, d'autant que leur planète, si elle comporte de l'or en quantité, ne contient pas l'eau nécessaire à leur survie, ce qui explique leur intérêt pour notre Planète Bleue. Et, comme si cela n'était pas suffisant, ils sont contraints de vivre sous la surface de leur planète à cause des ravages causés par King Ghidorah. Des détails amusant quand on considère leur technologie avancée. Mais les aliens sont souvent comme ça, ils aiment faire semblant de se lier d'amitié avec l'humanité pour mieux les trahir ensuite.



La naïveté du propos se retrouve aussi chez les humains. L'alliance des astronautes japonais et américain le traduit assez bien, notamment par cette image du drapeau mi-américain mi-japonais. Un rapprochement entre les deux pays bien étonnant quand on connaît la symbolique d'origine de la série, véritable accusation contre les Etats-Unis et les attaques nucléaires. Tentative de rapprochement entre les deux pays? Toujours est-il qu'en plus, un des rôles principaux sera confié à l'acteur américain Nick Adams, qui fut notamment nominé aux Oscars en 1964. A côté de ça, on suivra les péripéties amoureuses du héros américain et de la sœur du héros japonais, fiancée à un inventeur dans une liaison totalement désapprouvée par ce dernier, qui ne consentira au mariage que si le fiancé en question invente enfin un objet utile. On se doute directement de l'importance qu'aura ce personnage dans le dénouement du film. Une galerie de personnages hauts en couleurs donc, ce qui permet de ne pas trop s'étonner de leur naïveté face à l'invasion qui les menace. Ils réussiront néanmoins à repousser les envahisseurs, au moyen d'un son déstabilisant particulièrement les aliens. Une solution qui sera reprise dans le "Mars Attacks!" de Tim Burton, ce qui n'est peut être pas un hasard, le réalisateur étant particulièrement fan de kaiju eiga, et le montrant régulièrement par des clins d'œil dans ses films ("Pee Wee Big Adventure", "Ed Wood", "Mars Attacks!" ou "Beetlejuice" pour ne citer qu'eux).



Comme dit plus haut, ces préoccupations vont avoir pour effet de faire passer nos monstres préférés au second plan. Ils n'apparaissent que quelques minutes sur l'ensemble du film, ce qui réduit d'autant les scènes de combat et de destructions. A vrai dire, Godzilla, Rodan et King Ghidorah semblent n'être que des faire-valoir à l'histoire. Le vrai affrontement aura lieu en toute fin de métrage, de très courtes minutes, avec le sentiment que Honda s'est alors souvenu qu'il réalisait un kaiju eiga et qu'il a casé le minimum syndical de scènes de monstres. Néanmoins, pendant ces courtes minutes, il réussira à nous ridiculiser une fois de plus le roi des monstres, ce dernier exécutant une danse de la victoire particulièrement risible, l'enfonçant un peu plus dans le personnage enfantin esquissé jusqu'alors.

Cette première incursion de Godzilla dans le domaine de la science fiction spatiale donne donc un film assez mauvais, s'attardant trop sur l'affrontement humains/aliens et délaissant complètement les héros naturels du film. Reste alors un film de science-fiction qui a très mal vieilli, la faute à son époque et à une imagination trop volatile de la part de l'équipe du film.