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Alors qu’ils participent à une émission de télé-réalité en pleine forêt, un groupe de jeunes gens et les quelques membres de l’équipe vont se retrouver confrontés à une famille de cannibales défigurés. Ces derniers, tenaces et prêts à tout pour remplir leurs marmites, vont les traquer et les éliminer les uns après les autres.



Quatre ans après un premier volet signé Rob Schmidt, un second épisode fait son apparition dans ce qui deviendra par la suite l’une des sagas du genre survival les plus connues de ce vingt-et-unième siècle. Réalisé par un certain Joe Lynch, "Détour mortel 2" est purement destiné au commerce de la vidéo, ce qui bien souvent n’est pas forcément un gage de qualité.

Mais n’oublions pas que de nombreux films de genre nous parviennent de nos jours directement en support laser, sans passer par la case cinéma. D’ailleurs, le festival français du film fantastique Fantastic’Arts l’a bien remarqué et créera une cession intitulée « meilleur inédit vidéo » dans laquelle quelques titres forts sympathiques s’y verront récompensés : "into the mirror" en 2005, "timecrimes" en 2009 ou encore "triangle" en 2011 pour ne citer qu’eux. Et c’est le cas justement de notre film de ce jour : "détour mortel 2" recevra en 2008 le prix du meilleur inédit vidéo lors de la 15ème édition de Fantastic’Arts à Gérardmer.



Moins sombre que le film de Rob Schmidt, le long-métrage de Joe Lynch n’en demeure pas pour autant une œuvre à mettre entre toutes les mains. Violent et très sanglant, ce second opus de la saga des "wrong turn" (titre original) enchantera une grande partie des amateurs de slashers et de survivals des années 70-80.

Misant sur des lieux peu rassurants (rappelant parfois des "massacre à la tronçonneuse", "predator", "battle royale" ou encore "Rambo"), tels qu’une vaste forêt et une vieille usine désaffectée en passant par de petites bicoques plantées au milieu de nulle part, "détour mortel 2" nous plonge dans un univers suffisamment glauque et malsain pour y entretenir une certaine tension chez le spectateur.

Bon, il faut tout de même le reconnaitre, le scénario n’est pas une réussite (oui, c’est souvent très con-con) et les personnages, comme nous le verrons quelques lignes après, sont pour une grande partie très idiots et stéréotypés au maximum.
Cependant, alors que nous aurions pu nous attendre à ce que le film s’enlise dans sa propre connerie (excusez-moi le terme), un rythme très dynamique empêche ce dernier de tomber dans l’ennui et ce dès l’introduction où nos chers cannibales tendent un piège sur une route déserte en vue de massacrer une vedette du petit écran de manière très sauvage, le corps coupé en deux dans le sens de la longueur (de loin la meilleure introduction de la saga). Plus aucun doute : ce second volet sera bien plus violent et sanglant que son aîné.
De courses-poursuites en bagarres à l’arme blanche ou à mains nues, le film de Joe Lynch ne laissera que très peu de répit à vos rétines, ce dernier privilégiant les scènes d’action au détriment de ce côté effrayant et inquiétant du premier opus qui se passait une grande partie du temps dans l’obscurité souvenez-vous.



Mais ce n’est pas pour autant que le film de Joe Lynch ne se permet pas quelques écarts par rapport au genre survival en général. Plus proche d’un "2000 maniacs" ou "2001 maniacs" que d’un "délivrance" ou d’un "massacre à la tronçonneuse", "détour mortel 2" contiendra son lot d’humour, voir même d’idioties, rendant certains passages assez crétins et puérils. Mais, aussi étrange que cela puisse paraitre, si l’on pardonne certains passages très lourds (la faute à des personnages vraiment limités intellectuellement parlant et très peu développés) cette mayonnaise prend plutôt bien et on irait presque en redemander une fois le générique de fin pointant le bout de son nez.

Partant d’un casting ultra stéréotypé (le sportif au cœur grand comme ça, la belle brune chaude du cul, la petite intello coincée, une version plus contemporaine de Xena la guerrière, le jeune débile à la libido trop développée faisant office de boulet, le soldat surentraîné nous rappelant "wilderness"…), Joe Lynch se permet d’ailleurs, toujours dans cette volonté d’amuser le spectateur tout en l’effrayant, une sympathique critique de la télé-réalité en nous dévoilant ses limites (c’est quand-même bien con-con comme concept) et surtout ce côté très porté sur la surenchère (bah oui on ajoute quelques plans nichons pour garder le spectateur au risque parfois de perdre mamie en route).



Concernant nos cannibales, nous retrouvons là les principaux ingrédients du premier opus. Très vilains (on apprend que ces derniers ont pris un bon coup de pollution industrielle en pleine face, d’où leurs tronches peu attirantes) - et on remercie les maquilleurs qui ont fait là du bon boulot - et complètement déjantés, ces derniers n’auront aucune pitié pour leurs victimes.

Broyages de corps, explosions suivies de projections d’organes, décapitation, découpage dans le sens de la longueur, acharnements au couteau, pratique du scalp, sans oublier les impacts très sanglants de certains projectiles tels que flèches et hache : nous avons là un éventail de mises à mort parfois originales et toujours très sanglantes.

Au final, "détour mortel 2" est une suite certes différente de son aîné en bien des aspects mais franchement très divertissante. Basculant entre le comique et l’horreur, le film de Joe Lynch n’ennuie à quasi aucun moment grâce à son rythme fort bien maintenu, ses monstres cannibales très variés et ses scènes de meurtres sauvages et très sanglantes. Alors certes, le côté un peu con-con du scénario et la débilité de certains personnages n’en feront pas un film culte, loin de là, mais le cahier des charges de tout bon survival est respecté et c’est bien là le principal.
De loin la meilleure des trois premières suites de la saga.








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