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Le docteur Ross Jennings et sa famille viennent d’emménager dans une petite ville à la campagne, loin de la vie citadine de San Francisco. Alors que ces derniers rêvaient d’une petite bourgade tranquille, voilà que plusieurs habitants de leur nouvelle commune décèdent les uns derrière les autres sans réelles explications. Après diverses recherches, il semblerait que le coupable soit une araignée (ou des araignées) venue d’Amérique du Sud, amenée jusqu’ici suite à une expédition entreprise il y a quelques semaines de cela… Une espèce très dangereuse capable de se reproduire si elle s’accouple avec un arachnide de cette contrée étrangère pour elle. Très vite, les habitants se retrouvent confrontés à une invasion d’araignées féroces, rapides et tenaces. Arachnophobes, restez cloîtrés chez vous!



Réalisé en 1990 par un Frank Marshall bien plus connu sous la casquette de producteur ("les guerriers de la nuit", "les aventuriers de l’arche perdue", "poltergeist", "gremlins", "les goonies", "signes" ou encore la trilogie des "retour vers le futur"…) que de réalisateur, "arachnophobia" est, comme son nom l’indique, un film traitant des araignées.

Mais, à la différence de nombreux long-métrages portant sur nos vilaines bêbêtes à huit pattes, le film de Frank Marshall apparait bien plus réaliste. Exit les films d’araignées mutantes et autres arachnides surdimensionnés tels que l’on pouvait en voir dans des "tarantula", "earth versus the spider", "tarantulas le cargo de la mort" ou plus récemment encore "arac attack", "arachnid" ou les "spiders". Place à un film mettant en scène des araignées de tailles « normales » (je veux dire par là inférieures à une trentaine de centimètres), permettant ainsi une immersion totale dans l’histoire : arachnophobes abstenez-vous, on vous aura prévenus!



Malgré ses 1h40 (il n’est pas très courant d’atteindre cette durée pour un film portant sur des invasions d’animaux dangereux) et hormis une fin un brin exagérée et très prévisible, "arachnophobia" n’apparait long et poussif à aucun moment, chose étonnante quand on se rend compte au final de la simplicité du scénario, bien trop rectiligne et commun.
Un attrait dû sans aucun doute au fait que le film de Frank Marshall joue la carte de l’angoisse et du suspense à de nombreuses reprises. En effet, nous ne comptons plus le nombre de fois où nous frissonnons à l’idée de retrouver une araignée dans une tasse ou un paquet de céréales, sous un cadre ou au-dessus de la tête d’un personnage. Ces dernières, discrètes et rapides, se faufilent partout et iront jusqu’à envahir une maison entière pour le plus grand plaisir des arachnophobes (peut-être la scène la plus prenante)! Inutile de vous dire que les sursauts seront de coutume tout au long de ce film que vous risquez de visionner les dents serrées et les doigts de pieds croisés, tétanisés par le réalisme et l’angoisse suscités par "arachnophobia".

Une angoisse d’autant plus prenante que l’on s’amuse à mettre les personnages dans des situations où ces derniers sont totalement démunis face à nos arachnides : nous rencontrons ces araignées dans la douche, dans un sac de couchage ou pire encore dans les WC… De même, à plusieurs reprises le film joue avec nos nerfs en nous montrant une potentielle attaque d’araignée dont la victime sera sauvée in extremis sans même s’apercevoir qu’un danger les guettait.

Heureusement pour certain(e)s, Frank Marshall se permet quand-même quelques petites séquences où l’humour règne en maître, grâce notamment à des personnages comme le dératiseur/désinsectiseur (sorte de cowboy au pays des arachnides, joué par le très bon John Goodman de la série à succès "Roseanne" et vu également dans "the big Lebowski" ou encore "la famille Pierrafeu"), le dirigeant de la morgue et sa femme que l’on qualifiera de « ventre sur pattes », ou encore le shérif, un ancien dernier de la classe froussard et idiot. Des passages aux dialogues et mises en situations amusantes, servis bien souvent sur une petite musique détendant l’atmosphère (parfois même jazzy) avant un nouvel éclat de nos monstres à huit pattes!



Le casting est également de bonne facture. A noter la présence de Jeff Daniels ("la brûlure", "speed", "pleasantville", "les Berkman se séparent", "looper"…), impeccable en chef de file dans le rôle du nouveau médecin de la ville pour qui tout semble s’écrouler autour de lui (difficulté à trouver des patients suite au désistement de son collègue à prendre sa retraite, puis suspecté d’attirer la mort autour de lui en raison des décès prématurés des quelques patients qu’il avait et enfin confronté à ce dont il a le plus peur au monde : les araignées). On passera la sympathique critique de la police de bourgade ou encore les quelques moqueries envers le métier (pourtant parfois si dur) d’agent du traitement des nuisibles : deux personnages comme dit avant qui apportent un peu de détente, de relâchement des muscles crispés, à certains moments du film.

Comme dit avant, à la différence d’un "arac attack", d’un "spiders" ou d’un "arachnid" par exemples, "arachnophobia" joue la carte du réalisme. Ainsi, pour se faire, de véritables araignées ont été utilisées (comme dans "tarantula" mais non agrandies par divers procédés). Certes, les espèces sont bien moins nombreuses que dans un "spiders 2" mais qu’importe : ce qui compte ici c’est l’immersion, le réalisme. Et à ce niveau, le contrat est parfaitement rempli : les araignées n’ont jamais été aussi bien rendues à l’écran (ça grouille sous nos pieds, ça se faufile dans les canalisations, ça se cache et attend le moment opportun pour attaquer, ça utilise sa soie pour descendre lentement et faire des toiles pour capturer ses proies…).
Pas d’effets spéciaux superflus, le minimum est utilisé pour rendre le film le plus réel possible (mis à part un cadavre atrocement rongé et deux-trois effets visuels, pas de scènes sanglantes à l’horizon et c’est tant mieux!).

Enfin, et voilà une chose qui mérite d’être dite pour finir cette critique de ce qui est pour moi le meilleur film d’araignées à ce jour, on ne pourra qu’apprécier la diversité des lieux dans lesquels nous retrouvons nos personnages. Commençant en pleine Amazonie (quel plaisir de voir nos arachnides dans un milieu forestier, chose si rare…), lors d’une expédition à la recherche de nouvelles espèces d’araignées, le film se poursuit ensuite dans une campagne bien moins hostile en l’apparence mais dans laquelle nous serons plongés dans une morgue, puis dans une grange sombre et poussiéreuse pour enfin finir dans une cave lugubre et humide. Bref, l’idéal pour passer un bon moment en compagnie de nos chères araignées!



Devant tant d’éloges faits tout au long de ma critique sur le film de Frank Marshall, inutile de vous mentionner que ce dernier demeure selon moi à ce jour LE film d’araignées à voir. Réaliste, prenant et très divertissant, "arachnophobia" ("arachnophobie" chez nous) est le film que les arachnophobes se doivent de redouter le plus (à moins que ce dernier ne leur convienne pour une bonne thérapie? Petit clin d’œil à une scène du film…). Mais, à mon avis, arachnophobe tu es, arachnophobe tu demeureras en continuant à regarder ce type de films…
« Effrayant » et « réaliste » : voilà les deux mots qui qualifient à eux-seuls le film de Frank Marshall. A voir et à revoir si tu aimes mettre tes nerfs à rude épreuve.

LE PETIT PLUS : Le film fait partie des nombreuses collaborations entre Steven Spielberg et Frank Marshall, au même titre que les deux premiers Indiana Jones, "les goonies" ou encore "poltergeist"…








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