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Réalisation
Luigi Batzella

Scénariste
Luigi Batzella

Date de sortie
1974

Genre
sorcellerie

Tagline


Cast
Stelio Candelli
Rita Calderoni
James Harris


Pays
Italie

Production


Musique
Alberto Baldan Bembo

Effets spéciaux



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Moyenne: 2.7
(3 votes)
Le docteur Benson doit se rendre en pleine nuit au domicile d’un patient mais il se perd sur la route et manque d’avoir un accident. Quelques instants plus tard, une autre voiture a un accident, à quelques mètres du véhicule du docteur. La conductrice, Susan Smith, est inconsciente. Le docteur Benson emmène la jeune femme avec lui dans une étrange demeure, la seule des environs. Ne trouvant personne pour les aider, Benson entre dans la maison. Des événements fort curieux vont alors de produire dans cet endroit où le temps et les événements semblent ne pas être régis par les lois universelles…



Le réalisateur Luigi Batzella a tout de l’artisan italien. Il a testé de nombreux postes (directeur, scénariste, acteur, compositeur…) et s’est essayé à des genres différents tout au long de sa carrière. On lui doit par exemple le film de guerre "When the Bells Tolls", les westerns "Pour Django, les salauds ont un prix", "Les âmes damnées de Rio Chico" ou "Le colt était son dieu", le film policier "Lo Strano ricatto di una ragazza per bene", les nazisploitations "Les tigres du désert" et le culte " Holocaust Nazi" ou bien encore les films d’épouvante érotico-gothiques "Les vierges de la pleine lune" et "Nude for Satan" par exemple. Un touche-à-tout qui n’est pas très coté néanmoins aux yeux des fans (sauf des siens évidemment !), ses films étant souvent assez pauvres artistiquement parlant. Il ne signait d’ailleurs jamais ses réalisations de son nom mais utilisait tout un panel de pseudonymes, les plus connus étant Paolo Salvay, Ivan Kathansky ou Paul Selvin. Un réalisateur de pur Bis italien donc, dont les œuvres bénéficiaient de très faibles moyens financiers. Il n’hésitait pas à avoir recours aux Stock shots, ou à se servir de séquences de ses propres films pour les insérer dans des nouveaux. Certains le surnomme même le Ed Wood italien !

Avec Nude for Satan qu’il réalise en 1974, Luigi Batzella nous livre un film très étrange, s’aventurant aux confins de l’onirisme, mélange d’érotisme et d’épouvante gothique qui ne sera pas sans nous rappeler certains long-métrages de Jean Rollin. Il est à noter que ce film a connu différentes versions dont une dans laquelle on a ajouté des inserts pornographiques. Cette version XXX est disponible sur le DVD allemand de l’éditeur Sodemented Cinéma, qui inclut des sous-titres français. Reconnaissons-le, ces inserts hards ne sont pas d’un bien grand intérêt. Déjà, ils ne sont guère excitants, nous rabâchent sans cesse les mêmes situations et ne feront que peu d’effet sur l’érotomane qui sommeille en vous. Mieux vaut se retaper un bon vieux film avec Traci Lords si c’est ce genre de spectacle qu’on recherche !

Concernant l’érotisme, on en arrive à se demander si le but réel de Batzella n’était pas de filmer ses actrices nues, et en particulier la belle Rita Calderoni. Fort bien pourvue par la nature, il n’est certes pas déplaisant du tout de voir déambuler dans le plus simple appareil ou juste vêtue d’une nuisette cette jolie brune italienne, que les amateurs d’étrangetés ont déjà vue l’année précédente dans le "Reincarnation of Isabel" de Renato Polselli. Ce même Polselli qui avait déjà fait jouer Rita en 1972 dans "Au-delà du désir" et dans "The truth according to Satan". Maintenant, si cette nudité à laquelle s’ajoute celle d’une domestique noire et d’une petite blondinette était mise au service d’un scénario cohérent ou tout du moins intéressant et ne paraissait pas être là juste pour aguicher le spectateur, ça aurait été mieux. Bien sûr, nous sommes en présence d’un Bis, qui plus est des années 70, grande période des "Sexploitation". Mais quand même…

Niveau scénario, l’idée de base est intéressante, c’est le traitement qui l’est moins. En effet, Batzella place le docteur Benson et Susan Smith, ses deux protagonistes, dans une vaste demeure où vivent de drôles d’énergumènes. Tout d’abord, un homme portant un chapeau, une cape et une sorte de sceptre et qu’on devinera être le "Satan" du titre. Ensuite, on a les mêmes personnages que les deux protagonistes principaux, joués par le même acteur et la même actrice, mais un peu plus vieux et vêtus d’habits datant du 17 ou 18ème siècle. La dame jette son dévolu sur le docteur Benson, qu’elle appelle Peter et se comporte avec lui comme s’ils se connaissaient et était amants. L’homme prend en charge Susan, qu’il appelle Evelyn. On a un peu de mal à comprendre ce qu’il se passe et les situations présentées nous apparaissent pour le moins confuses. Susan se laisse aller à prendre un bain et se retrouve avec la servante noire qui lui prodigue quelques petites gâteries dans l’une des nombreuses scènes d’amour saphique du film. Quand je vous disais qu’on était proche des films de Jean Rollin. Pendant ce temps, le docteur Benson ouvre des portes, découvre que derrière certaines ont lieu des orgies, et trouve dans l’une des pièces un grimoire de sorcellerie parlant d’un pacte fait avec le Diable. Bref, on nage en plein délire nonsensique, érotique et surnaturel et on se demande bien où Luigi Batzella veut nous emmener. Mais le sait-il lui-même ?

L’absurde prendra une forme encore plus titanesque dans LA séquence du film, celle qui vous restera en mémoire des années après (si, si !). On peut se moquer des araignées mécaniques de Lucio Fulci dans "L’au delà" mais les mauvaises langues n’ont sûrement pas vu Nude for Satan, qui met en vedette l’araignée la moins crédible qu’il m’ait été donné de voir ! Notre belle Rita Calderoni, lors de l’une de ses excursions nocturnes, se retrouve prise au piège dans une toile d’araignée géante, qui ressemble à s’y méprendre au filet qu’on trouve sur les aires de jeu pour enfants, vous voyez le genre ? De la grosse corde quoi. Bref. Prisonnière de cette immonde toile, voilà qu’en plus débarque notre amie l’araignée. Du gros plastique qui avance difficilement, avec des pattes immobiles, de gros yeux globuleux, on tient là un craignos monster cinq étoiles !

Pourtant, tout ce bazar a un sens, enfin à peu près ! Car cet étrange Peter et cette excitée d’Evelyn sont en fait, comme on aura fini par le comprendre, le côté obscur du docteur Benton et de Susan. Leur côté face, inavouable, leurs doubles maléfiques, leurs alter-égo se laissant aller à la débauche, à la luxure, à la violence si vous préférez. Une idée pas très originale mais qui aurait pu donner lieu à un bon film avec une conclusion très Quatrième Dimension si la réalisation et le rythme de l’ensemble n’étaient pas si ennuyeux. Pourtant, le début était d’un niveau correct, et l’arrivée dans la maison avec ces découvertes bizarres et l’érotisme naissant, ces situations très fantasmagoriques, parvenaient à nous tenir éveillés et intéressés. Mais le film s’enlise rapidement dans l’ennui, répétant les mêmes scènes, avant de se conclure sur une séquence orgiaque qui fait très nanar.

"Nude for Satan" est donc une déception et on préférera retourner voir "Le Frisson des Vampires" ou "La Vampire Nue" de Jean Rollin par exemple. Luigi Batzella s’est un peu trop perdu dans son semblant d’histoire pour convaincre et ses acteurs ne semblent pas non plus très concernés par le sujet. Reste la plastique de Rita Calderoni, point appréciable, et une ambiance de joyeux foutoir qui pourra satisfaire les amateurs de film abstrait. Le film s’appréciera peut-être plus si on le visionne dans un état second, comme un gros trip hallucinatoire. Attention toutefois à l’araignée, elle risque de vous faire faire un brusque retour à la réalité !









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