RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 3
(3 votes)
Tom Newman vit en Afrique à cause de son travail et il fait venir chez lui sa nouvelle femme Amy, ainsi que les deux enfants qu’il a eus avec sa précédente épouse, Jessica et David. Les relations entre Amy et Jessica ne sont pas au beau fixe, l’adolescente n’appréciant guère qu’une autre femme prenne la place de sa mère dans le cœur de son père. Pour adoucir et faire avancer les choses, ce dernier leur prépare une petite surprise : une expédition en voiture pour un safari à travers la savane. Occupé par son travail, il confie donc à Amy la garde de Jessica et David et les laisse embarquer avec un guide pour ce périple, espérant que sa fille apprendra à connaître et à apprécier sa nouvelle femme. Malheureusement, lors d’un "arrêt pipi", le guide est mortellement agressé par une bande de lionnes affamées. Enfermés dans le véhicule, Amy et les deux enfants se retrouvent perdus en pleine savane sous un soleil de plomb, tandis que le Roi des Animaux et ses chasseuses rôdent alentours…



Ah, un film d’agressions animales mettant en scène des grands fauves d’Afrique ! Voilà qui nous change des traditionnels requins, crocodiles, oiseaux, serpents ou autres canidés. Pourtant, "Terreur dans la savane" n’est pas le premier film à avoir utilisé des félidés. Déjà en 1963, ces superbes carnassiers avaient la part belle dans le "Black Zoo" de Robert Gordon, connu chez nous sous les titres "Terreur au Zoo" ou "Les Fauves Meurtriers". On pourrait même remonter encore plus loin puisqu’en 1952, Arch Oboler nous livrait un "Bwana Devil" dans lequel deux lions s’amusaient à agresser des ouvriers s’affairant à construire une ligne de chemin de fer. On pourra également citer le "Man-Eater of Kumaon" de Byron Haskin, qui date de 1948 et qui nous présentait les ravages causés par un tigre blessé par un chasseur. Plus proche de nous, on trouve des lions et des tigres meurtriers dans le "Maneater" de Vince Edwards (1973), dans le téléfilm "maneaters are Loose" de Timothy Galfas (1978) et surtout dans le "Savage Harvest" (1981) de Robert E. Collins, qui reste l’un des meilleurs films du genre mettant en scène des lions avec le "Roar" de Noel Marshall (1983) et "Les bêtes féroces attaquent" de l’Italien Franco E. Prosperi (1984). Les années 90 et 2000 s’intéresseront également aux félidés avec des titres comme "Kaal" de Soham Shah (2005), "Maneater" de Gary Yates (2007) ou bien encore "Les Dents de Sabre" de George Miller, qui lui nous présente un fauve préhistorique, le Smilodon. N’oublions pas de citer l’excellent "L’Ombre et la Proie" de Stephen Hopkins (1996), qui reprend l’histoire (vraie) déjà présente dans "Bwana Devil" mais de manière bien plus réaliste. Bref, une petite liste de titres sympathiques mais qui ressemble à un petit grain de sable si on la compare à la liste des Shark Movies par exemple. Il faudra néanmoins ajouter notre "Terreur dans la savane", réalisé par le Sud-africain Darrell James Roodt qui nous avait livrés un assez désastreux "Dracula 3000" en 2004.

Darrell James Roodt aime l’Afrique et cela se sent, se voit. Son film est un hymne à ce pays, nous présentant de superbes paysages de la savane qui laissent rêveur. Un rêve où il faut néanmoins faire attention car les prédateurs ne sont pas absents de ce paradis idyllique et les premières images du film, tirées d’un documentaire, nous montrent un pauvre zèbre en faire l’expérience, se faisant courser puis mordre par une meute de lionnes. Des images chocs qui mettent dans l’ambiance d’entrée de jeu et laissent augurer du meilleur pour la suite.

Evidemment, le film ne fait guère dans l’originalité au niveau de l’histoire même. On nous présente une famille américaine recomposée, avec les petits soucis que cela peut comporter, comme l’acceptation de la belle-mère par les enfants par exemple. Ce sera d’ailleurs l’un des aspects principaux du film, à savoir la transformation de relations houleuses en relations amicales suite à une épreuve commune qui créera et renforcera des liens au départ inexistants. Le père de famille est joué par le bien connu Peter Weller, alias Monsieur "Robocop" ! Il n’a ici qu’un rôle assez anecdotique en fait mais c’est toujours un plaisir que de le voir dans un film. Sa nouvelle épouse est interprétée avec brio par l’actrice Bridget Moynahan, qui parvient à donner de l’épaisseur à son personnage, même si ce dernier a parfois des réactions imprévisibles, voir totalement stupides, comme lorsqu’elle parvient à démarrer la voiture et à s’enfuir dans la savane à toute allure. Malgré les avertissements des enfants, pas une fois elle n’appuiera sur les freins pour ralentir, causant un nouvel accident. C’est franchement bête pour eux et dans une certaine mesure, plutôt bien pour nous puisque ça les laisse à nouveau à la merci des fauves meurtriers.

Les deux enfants font bien sûr partie des personnages principaux. Jessica est interprétée par la jeune blondinette Carly Schroeder, qui en plus d’être en pleine crise d’adolescence doit s’embarquer avec sa belle-mère et son petit frère pour un safari auquel elle n’a guère envie de participer. Vu les événements futurs, on la comprend. Jouant brillamment de son côté "petite peste", le spectateur, comme la belle-mère, n’a qu’une envie : lui coller une bonne paire de claques pour lui apprendre le respect et la discipline ! Non mais ! (On dirait ma nièce ! Ndr).
Elle parvient également à être émouvante lors de scènes plus intimistes et s’en sort au final plutôt bien.

Le petit David est quant à lui joué par Conner Dowds, et son rôle ainsi que certaines situations dans lesquelles il se retrouve ne manqueront pas d’évoquer aux fans un grand classique du film d’agression animale, où une maman était coincée dans une voiture avec son jeune fils, le véhicule étant pris d’assaut par un saint-bernard enragé. "Cujo" de Lewis Teague a encore fait des émules quelques 25 ans plus tard puisque c’est irrémédiablement à lui qu’on pense en regardant "Terreur dans la savane". Le petit David meurt de soif dans le véhicule exposé en plein soleil, la famille est coincée dans la voiture assaillie par des fauves, autant de situations qui nous rappelle le calvaire vécu par le petit Tad et sa maman dans "Cujo". La prestation de Conner Dowds n’est certes pas à la hauteur de celle de Danny Pintauro dans le film précité mais elle reste largement convenable.

Tout ce beau monde se retrouve donc en pleine savane, parmi les girafes, les éléphants, les hyènes et…les lions. La grande force du film réside dans le fait que la quasi totalité des attaques sont exécutées par de vrais fauves et pas par des images de synthèses. Et autant vous le dire tout de suite, une attaque de lion ou de lionne, c’est vachement impressionnant. La force et la puissance que dégage ces animaux font froids dans le dos ! En plus, le réalisateur a bien appris sa leçon en regardant "Les Dents de la Mer" et il s’amuse à jouer de la subjectivité avant de lancer la cavalerie. On a en effet de nombreux plans où on ne distingue pas les fauves, mais juste de grandes herbes qui dissimulent (ou pas) une menace potentielle. Le suspense fonctionne plutôt bien et quand se déclenche la fureur dévastatrice des félins, un grand sourire vient éclore sur notre visage, ainsi que de doux frissons. Le film est vraiment très réaliste en ce qui concerne les attaques et on n’a franchement pas envie de se retrouver coincé dans la voiture avec les personnages.

Bien sûr, l’action principale se déroulant dans une voiture, le film se transforme rapidement en huis-clos et quelques petites lenteurs et phases d’inaction viennent ralentir le rythme du film. Mais rien de bien méchant et dans l’ensemble, le spectacle proposé est alerte, dynamique et distrayant.

"Terreur dans la savane" s’avère donc une très honnête série B, très bien filmée, et qui vous fera passer un bon moment devant votre écran. Les amateurs de paysages africains et de fauves agressifs trouveront nettement leur bonheur dans le film de Darrell James Roodt, et les quelques situations un peu tirées par les cheveux ou les réactions stupides de l’héroïne ne viendront franchement pas gâcher le plaisir. D’ailleurs, qui sait si on ne ferait pas la même chose dans pareille situation. Bref, un film fort sympathique qui mérite d’être vu si vous aimez voir de frêles humains en proie à la sauvagerie de la nature…








Du même réalisateur :