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Pendant que Nathalie, médecin d’origine russe, s’occupe d’un malade dans un petit village, des partisans attaquent un convoi allemand et parviennent à tuer un général SS. Malgré sa tentative de secourir Muller, un officier allemand, Nathalie est placée en déportation. Grâce à un habile stratagème, un agent des services secrets russes parvient à prendre contact avec elle et lui donne pour mission de retrouver une certaine Ingrid, qui détient des informations capitales mais qui est retenue prisonnière dans le camp de Stilberg. Nathalie parvient, avec d’autres filles, à se faire déporter dans la prison de Stilberg. Dans cet immense château, elle retrouve l’officier Muller qui la reconnaît également. Tout semble se passer pour le mieux pour Nathalie mais elle s’attire bientôt la jalousie de la cruelle Helga, maîtresse absolue des lieux, qui va vite transformer sa vie en enfer…



Production Eurociné se situant dans la période 1976-1979, durant laquelle la firme produisit de nombreux films se déroulant durant la Seconde Guerre Mondiale et mettant en scène des nazis ("Elsa Fraulein SS", "Train Spécial pour Hitler", "Helga la Louve de Stilberg"…), "Nathalie dans l’Enfer Nazi", connu aussi sous le titre de "Nathalie, rescapée de l’enfer", est un pur film de série B, une œuvre que les amateurs de cinéma Bis et de Nazisploitation sauront apprécier, même si, comme pour les autres nazisploitations d’Eurociné d’ailleurs, la violence est moindre que leurs confrères italiens qui iront bien plus loin dans le sadisme et le malsain.

Le film est réalisé par Alain Payet qui deviendra célèbre par la suite comme réalisateur de porno français sous le pseudonyme de John Love. Alain Payet s’était déjà prêté au jeu de la nazisploitation l’année précédente, puisqu’il était le réalisateur de "Train Spécial pour Hitler". Avec "Nathalie…", il va plus se focaliser sur ce qui, à mon humble avis, manquait dans "Train Spécial…", à savoir des scènes de tortures, de domination, bref, sur ce côté ténébreux et amoral qui fait le plaisir des fans de ce genre de cinéma, et qui, rappelons-le au cas où, ne sont pas des nostalgiques du IIIème Reich mais juste des spectateurs aimant les sujets déviants et scabreux où le mauvais goût et le trash prédominent.

Dans le rôle titre, on retrouve la très belle Patrizia Gori, déjà vu dans "Elsa Fraulein SS". Elle a ici un rôle nettement plus important et porte littéralement le film sur ses épaules, s’avérant plutôt convaincante et crédible. Comme souvent dans les films Eurociné se déroulant à cette époque sombre de l’Histoire, l’héroïne va tomber sous le charme d’un officier allemand, il s’agira ici du Lieutenant Muller, joué par Jack Taylor, et une histoire d’amour naissante va éclore entre ces deux protagonistes que tout oppose. Une histoire d’amour impossible bien sûr, qui se verra maintes fois contrecarrer par les méchants nazis, la terrible Helga en tête.

Helga, c’est, tout comme la Elsa de "Elsa Fraulein SS", un clone de la diabolique Ilsa incarnée par Dyanne Thorne dans "Ilsa la louve des SS". Interprétée par l’actrice Jacqueline Laurent, Helga a tout du méchant nazi tel qu’on se l’imagine, à savoir sans cœur, n’hésitant pas à torturer et à abuser sexuellement de ses victimes, allant même jusqu’à les exécuter en cas de rébellion. Alain Payet a renforcé également le côté SM et fétichiste qui va à ravir au Nazisploitation, puisque Helga est bien souvent affublée d’une tenue de cuir noir et d’un fouet, qui la rend très dominatrice, ce qu’elle est de toute manière. Bref, un personnage haut en couleur, qui va prendre en grippe notre malheureuse Patrizia Gori et lui en faire voir de toutes les couleurs, allant même jusqu’à la transformer en "trophée" destiné à satisfaire les envies des officiers allemands lors d’une réception donnée en leur honneur. Heureusement pour elle, son Lieutenant n’aura de cesse de la protéger ! (C’est qu’il voudrait bien passer avant les autres ce coquin…)

Hormis quelques séquences au début du film, le principal de l’action se déroule dans un somptueux château français, devenant pour l’occasion une forteresse pour prisonnières. Il est à noter qu’on retrouvera ce château dans une future production Eurociné, "Helga la Louve de Stilberg", où Helga sera cette fois interprétée par la sublime Malisa Longo.

Les pires sévices auront lieu entre ces murs fortifiés, avec humiliation, punition au fouet, visage plongé dans une bassine d’eau chaude. L’érotisme est toujours au rendez-vous, avec de nombreux plans sur les prisonnières dévêtues. Quelques légères scènes de lesbianisme ou d’accouplement hétéro viendront égayer l’action.

Le film n’est certes pas un monument de rythme, mais dans l’ensemble, tout s’enchaîne sans ennui et on suit tranquillement les mésaventures de cette doctoresse russe, qui a quand même un sacré moral et qui ne se laisse pas abattre, condition sine qua none pour survivre à la terrible Helga. Rappelons que le film n’a pas bénéficié d’un gros budget mais que ce dernier a bien été géré par Alain Payet, qui nous offre au début une petite scène bien sympathique d’attaque d’un convoi allemand avec jeeps et chars par les résistants planqués en forêt. On retrouve d’ailleurs dans cette séquence le célèbre Rudy Lenoir, grand habitué des rôles d’officiers SS, de par son physique qui s’y prête à merveille.

"Nathalie dans l’Enfer Nazi" est une petite production à faible moyen qui remplit néanmoins son contrat et qu’il ne faut pas comparer aux œuvres italiennes sous peine de trouver ça un peu fade quand même en ce qui concerne les sévices infligés aux prisonnières. Gardons à l’esprit qu’il s’agit de Nazisploitation "à la française" et qu’on ne peut pas en demander trop. A choisir entre les deux films d’Alain Payet, "Train Spécial pour Hitler" et ce "Nathalie dans l’Enfer Nazi", je vous conseille vivement ce dernier titre, bien plus dans l’esprit et qui "ose" plus également.

Disponible en dvd chez Artus Films






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NATHALIE DANS L'ENFER NAZI