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Dans le futur, quatre corporations se livrent des guerres incessantes. Pendant l’une d’elles, une infernale machine qui avait été enterrée depuis des millénaires refait surface sur Terre et fait surgir une horde de mutants assoiffés de sang. Un nouveau combat s’engage alors pour l’Humanité. Pendant que les habitants partent vers d’autres planètes, un groupe de mercenaires est formé pour mener à bien une mission capitale : trouver la machine et la détruire à tout jamais…



"Mutant Chronicles". Pour les amateurs de RPG, l’annonce de la mise en chantier de ce film a dû les faire plus que saliver. Le projet n’est pourtant pas récent mais il n’avait jamais abouti. Cette fois, si. Si on remonte un peu dans le passé, on y découvrira que le premier jeu de rôle Mutant Chronicles date de 1993 et que son univers est déjà fort riche et varié. Un univers qui va ensuite se décliner en toutes sortes de produits dérivés, allant du jeu de figurines, jeu de société, jeu de cartes à collectionner, jeux vidéo, comics et j’en passe. Néanmoins, il ne faudrait pas négliger l’impact qu’a eu le jeu suédois Mutant, édité en 1982, et qui présentait la Terre sous des décors post-apocalyptiques et sur laquelle des humains subissaient des mutations. Notons également que la gamme Mutant Chronicles a clairement été conçue pour rivaliser avec l’autre jeu culte, Warhammer 40000. On se retrouve donc avec un univers mêlant cyberpunk et dark fantasy et comprenant des thématiques d’une richesse assez étonnante.

Il était évident que le monde du cinéma s’intéresse à cet univers. Après un premier projet abandonné en 95-97, la firme Pressman Films revient à la charge en 2005 et alloue un budget de 22 millions de dollars pour la mise en chantier du film. Les décors devant être réalisés en images de synthèse, comme dans "300", la post production dura deux ans et demi et le film ne fut terminé qu’en 2008. Sans distributeur, celui-ci fut un échec cuisant aux Etats-Unis et au Canada, où il ne récolta que 6820 dollars ! Normal, il ne sortit que dans deux salles. Une version non terminée fut distribuée en salle en Russie. Le film sortit alors directement en DVD, ne trouvant toujours pas de distributeur pour le circuit salle.

Et c’est fort dommage parce que "Mutant Chronicles" ne mérite pas le désintérêt dont il est victime. N’étant pas du tout un expert de cet univers et de tous les produits dérivés cités ci-dessus qui ont amené la réalisation de ce long-métrage, c’est sans aucune appréhension, ni attente, ni crainte, que je me lançais dans la vision du film de Simon Hunter. Réalisateur du thriller "Le phare de l’angoisse", Simon Hunter ne peut évidemment pas inclure dans son film toutes les données présentes dans les jeux de rôles de la licence. Ou alors, il faudrait que son long-métrage fasse dans les 10 heures. Et encore ! Il faut donc que le scénario aille à l’essentiel et taille dans le gras. Les fans purs et durs vont sûrement crier au scandale mais pour les néophytes, ça ne fera sûrement pas grande différence, au contraire.

Dès les premières minutes du film, on se retrouve embarqué dans un univers science-fictionnel assez étonnant, si on n’est pas allergique aux décors en synthèse bien sûr. Les fans de "Sin City" et de "300" ou de "Captain Sky et le monde de Demain" vont adorer. Certes, l’effet est toujours un peu bizarre de prime abord, avec cette sensation de voir les personnages découpés par rapport aux décors situés autour d’eux, mais on s’en accommode assez rapidement et on se laisse bercer par la beauté des images. La première bataille nous fait penser à la guerre 14-18, avec ces images de tranchées et de soldats transis de froid qui attendent l’offensive adverse. On nous a pourtant bien annoncé qu’on était en 2707 au début, non ? La preuve nous en est rapidement donnée puisque les premiers tirs voient apparaître des faisceaux lasers. Evidemment, les explosions, le feu et les giclées de sang sonnent vraiment très numériques, ce qui apparaît encore une fois un peu déstabilisant au départ. Une fois le concept du film accepté, ça passe comme une lettre à la poste. Les réfractaires peuvent arrêter de suite la vision du film, ça ne changera pas d’un iota par la suite. Pour les autres, le spectacle est assuré.

Niveau casting, c’est plutôt sympa. On y trouve Thomas Jane, incarnant Mitch Hunter, personnage récurrent de l’univers Mutant Chronicles. Mitch Hunter est un vrai héros de film, le style aventurier baroudeur qui n’a pas vraiment envie de participer à la quête mais qui doit bien y aller quand même. On appréciera la côté "humain" du personnage, qui n’hésite pas à dévier de sa mission pour aller mâter deux brutes qui monnaient au prix fort les places pour embarquer les survivants vers une planète dans une séquence jubilatoire, où il avance, tel Moïse, dans une marée humaine qui s’ouvre des deux côtés pour le laisser passer. D’ailleurs, les connotations religieuses sont en nombre dans le film, qui est emprunt de mysticisme à travers le personnage incarné par Ron Perlman, un grand prêtre qui aura pour tâche de former son armée d’élite afin d’aller détruire cette infernale machine à créer des mutants. Parmi les autres acteurs, la jeune Devon Aoki se fait remarquer, tandis que John Malkovich y va d’un petit caméo assez plaisant. On appréciera également la prestation de Benno Furmann, qui incarne le personnage du Lt. Maximillian von Steiner.

Tout ce petit monde va donc déambuler dans un univers dévasté par la guerre et surtout aux mains d’horribles mutants qui ont la particularité, outre d’avoir de sales gueules, de posséder un bras en forme de pieu, qu’ils n’hésitent pas à utiliser pour embrocher les pauvres humains qui ont la malchance de les croiser. Les carnages causés par les mutants sont assez jubilatoires, ça gicle, ça saigne, ça explose dans des gerbes de sang malheureusement numériques (on restera toujours fidèle aux FX à l’ancienne !) mais qui, dans ce cas précis, s’intègrent parfaitement au rendu visuel du film.

L’action et le rythme sont plutôt bien soutenus, et le spectateur se laissant happer par cet univers en sortira agréablement surpris.

Mutant Chronicles, présenté en DVD dans sa version longue intégrale par M6 Vidéo, est une très agréable surprise, doté d’un rendu visuel certes déjà vu mais qui fonctionne parfaitement ici, donnant aux images un côté irréel fort bien vu et approprié. Nos mercenaires nous livrent un beau spectacle, les combats, sans être d’un niveau exceptionnel en termes d’action, s’en sortent bien et la violence est bien présente. Le côté réaliste de certaines séquences (la guerre du début ressemblant à celle de 14-18, les scènes suivantes qu’on croirait sortir de celle de 39-45…) couplé à cet univers de science-fiction donnent vraiment une patine particulière au film, le rendu des décors numériques parachevant de faire de Mutant Chronicles un film à part, qui mérite votre attention, et qui nous emmène dans un univers barbare, post-apocalyptique, qui enchantera vos yeux et vous fera passer un très bon moment. Les fans hardcore de cette saga auront sûrement à critiquer ou à redire sur le non respect de tous les aspects présents dans les différentes adaptations de cet univers mais le néophyte y trouvera sûrement son compte. Une belle découverte qui prend toute sa dimension sur grand écran !










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