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Réalisation
Kuei Chih-Hung

Scénariste
Ni Kuang

Date de sortie
1974

Genre
animaux dangereux

Tagline


Cast
Gan Kwok-Leung
Li Lin Lin
Chao Chi
Chen Chun
Ho Li Jen


Pays
Hong Kong

Production


Musique
Chen Yung-Yu

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 3
(2 votes)
Cette fois-ci les Shaw Brothers versent dans le sang froid. Que glissent les reptiles ! Zhihong est le bouc émissaire du monde entier. Dès qu'il sort de chez lui, il se fait racketter, passer à tabac, humilier, j'en passe et des pas nécessairement meilleurs. Il faut dire qu'avec son cheveu gras et sa tête de poisson sorti un peu trop longtemps du bocal, Zhihong n'est pas né sous la bonne étoile. Son seul atout est sa capacité à communiquer avec les reptiles de toutes sortes. Et, oh surprise, son refuge miteux est mitoyen d'une échoppe stockant justement des serpents. Non pas une animalerie ni un vivarium, mais un bar où le chaland s'abreuve d'un breuvage composé d'alcool dans lequel est plongé une vessie de cobra. Un jour, Zhihong va recueillir chez lui un des reptiles blessés, et va s'installer une complicité entre la bête et le jeune homme. Le garçon étant déséquilibré, le cobra va devenir une véritable arme entre ses mains. Voissssi une producssssssion Shaw Brothersssss dans toute ssssssa sssssplendeur : un vrai film d'exploitassssssion. Sssss.



Bon, on va s'arrêter là pour les jeux avec démultiplication de la sonorité [s]. Parce que c'est bien beau de faire le mariole, mais il y a quand même un moment où il faut parler du film. Le film en question – titré The Killer Snakes au motif qu'il contient des serpents qui tuent – est un pur produit d'exploitation Hongkongaise. Ici on ne s'embarrasse que peu de la logique, de l'esthétique et d'un scénario. En clair, exit toutes ces broutilles embarrassantes et inutiles. Ici, c'est les serpents qui comptent.

La jaquette du DVD est bardée d'avertissements. Warning ! Contains extremely sick and disturbing scenes. Not suitable for most people (NDLR : Attention ! Contient des scènes extrêmement déviantes et dérangeantes. Ne convient pas à la plupart des gens). En 1974, il ne fait aucun doute que le film a retourné les cerveaux, les estomacs et les vestes des critiques. En 2010, après les douches successives d'étrons astronomiques étiquetés "Torture Porn", difficile de choquer le public.

Plutôt qu'un argument de vente, cet avertissement servira de vecteur de déception pour une part du public. En revanche, les spectateurs sujets à l'ophiophobie seront comblés. Il y a des serpents de toutes les marques, et même des à pattes (communément appelé iguanes, varans...), c'est dire si le réalisateur n'a pas manqué de sang froid !

Qu'est-ce qui est long, froid et qui crache quand on l'excite ? Je me permets une blague de si bon goût car je sais que le lectorat assis face à son terminal d'ordinateur est majoritairement masculin. Et aussi parce que... parce que bon.

Soit dit en passant, mon trait d'esprit, aussi graveleux soit-il n'est pas sans fondement. En effet, le jeune Zihong souffre d'une importante frustration sexuelle. A dire vrai il tient largement de l'obsédé sexuel, et quelle meilleur arme pour un obsédé sexuel qui ne peut assouvir ses pulsions, qu'un serpent ? Voilà de quoi mettre tout le monde d'accord en matière de substitut phallique.

Toutefois, le reptile se traine et tarde à apparaître. Pendant les quarante cinq premières minutes, les serpents se font discrets. En revanche, le film s'immisce profondément dans la vie (de merde) de Zhihong. Le pauvre hère est exploité pour 400$ par mois avec comme horaires 10h-23h, sept jours par semaine. En plus de ça, il doit subir les moqueries et bastonnades de tous les péquins qui hantent les rues de Hong-Kong. Pas étonnant qu'il pète les plombs. Le garçon se met à murmurer à l'oreille des serpents sur fond de musique western. Est-ce de la démence ou bien est-que le contenu de son scrotum ne compresserait-il pas son pensum ? Difficile à dire, mais le résultat est là, et Zhihong finira par pratiquer le bondage. Lui n'en souffrira pas trop, mais l'attachée ne s'en remettra pas.

Comme tout bon film d'exploitation, la mise en scène de The Killer Snakes avoisine l'approximativement pas tout à fait médiocre. C'est un joyeux bordel éclairé à grands coups de lumières aux filtres rouges, bleus et verts. Le résultat est parfois très pauvre en termes d’esthétique, et même en termes d'efficacité. Pour autant, certains cadrages sont tout simplement ébouriffants, parfois alors même qu'ils ne se justifient pas. C'est le cas d'un mouvement de caméra passablement complexe qui finit par un traveling avec mise au point sur le rétroviseur. En temps normal, cela servirait à souligner une menace (ou au moins un événement) que le protagoniste ne voit pas. Là, non. Lorsque la netteté s'ajuste sur le rétroviseur, on peut très nettement distinguer qu'il n'y a rien à voir.

Une logique similaire s'applique à la musique. Certains morceaux sont fort sympathiques, quoique l'ensemble fasse l'effet d'un sacré patchwork allant du jazz à la musique de western, en passant par des musiques plus graves. Toutefois, leur intervention est parfois maladroite, et rend l'action ridicule.

Majoritairement, The Killer Snakes relève donc du bricolage. Ainsi, lors d'un plan de poursuite dans un appartement, on verra l'ombre projetée du cadreur qui écarte un rideau de perles de la main. Et je ne parle pas des serpents jetés sur le sol pour les faire glisser vers l'endroit où ils sont censés aller…

Tous ces défauts font aussi le charme de The Killer Snakes. Sûr que cela ne plaira pas à tout le monde. Là encore, les aficionados apprécieront. Avec le recul, il s'agit là d'un film drôle et grave à la fois. Tout le film est à l'instar de cette scène où le protagoniste casse une immense vitre dans sa totalité : alors qu'il peut largement passer au travers, il se contente de passer le bras pour ouvrir le battant de fenêtre !

Un film qui a défaut d'être choquant, est tout au moins étonnant.








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