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Le shérif Wayne a décidé de raccrocher. Mais pour son dernier jour de travail, il va avoir bien des soucis. En effet, pour une raison encore inconnue, les corbeaux des alentours se mettent à devenir agressifs et à s’attaquer mortellement aux habitants de sa petite ville d’habitude si calme…



Le cinéma fantastique possède un sous-genre qu’affectionnent de nombreuses personnes, dont moi-même, à savoir les agressions animales. Requins, crocodiles, chiens, rats, serpents, singes, guêpes, araignées et autres animaux divers, la plupart des espèces ont servi l’imagination des scénaristes de films de terreur qui prennent un malin plaisir à nous faire frissonner en mettant en rapport de force l’Homme et le monde animal.

Si les espèces citées dans le paragraphe ci-dessus possèdent une filmographie déjà conséquente, il n’en va pas de même pour nos amis les volatiles. C’est sûr que comparé à un requin, l’impact visuel d’une attaque d’oiseau s’en retrouve largement amoindri, de par la taille de cette petite bestiole (quoique, j’aimerai pas me retrouver face à un aigle royal par exemple…). Néanmoins, il ne faut pas sous-estimer les volatiles. Parce qu’être pris en chasse par une nuée d’oiseaux, là, ça fait déjà bien moins rigoler. Il suffit d’ailleurs de revoir le film maître-étalon dans ce domaine pour s’en convaincre. Avec "Les Oiseaux", Alfred Hitchcock parvenait à terroriser les habitants d’une petite ville côtière et les spectateurs par la même occasion, qui ont vu d’un œil nouveau leurs compagnons à plumes. D’autres films ont suivi mettant en scène des volatiles, des chauves-souris la plupart du temps ("The Devil Bat", "Morsures", "Bats") mais aussi d’autres oiseaux, comme dans le film de René Cardona Jr "El ataque de los pajaros", ou bien dans la suite totalement ratée du classique d’Hitchcock "Les Oiseaux 2". Dans le film qui nous intéresse ici, ce sont de corbeaux dont il s’agit. Nos oiseaux noirs, bien souvent signe de mauvais augure, ont une réputation néfaste depuis qu’on leur a attribués d’appartenir au Diable lui-même. Au cinéma, les corbeaux n’ont pas une bien grande carrière derrière eux, même si on les a vus en action de façon particulièrement significative dans "Damien la malédiction 2" par exemple. Notre ami corbeau a également servi de guide aux différentes personnes ressuscitées de la saga "The Crow" et on les a vus récemment dans un téléfilm allemand datant de 2006 : "Die Krähen". Un bon cru 2006 pour les corbeaux, puisque "Kaw" date aussi de cette année.

Le réalisateur de "Kaw" est Sheldon Wilson, celui là même qui nous avait offerts un très remarqué "L’Ecorché" en 2004. D’ailleurs, les deux films ont plusieurs points communs, à commencer par le métier du héros. Shérif. Ayant décidé de s’arrêter et de quitter la ville. Le lieu de l’action également. Dans les deux films, une petite ville isolée, avec peu d’habitants. L’utilisation d’un car scolaire peut aussi être mise dans les points communs aux deux films. Bref, Sheldon Wilson aime ce genre de personnages et de décors et il assure ainsi une certaine continuité dans son travail avec ses deux longs métrages.

Pour incarner le shérif Wayne, Sheldon Wilson a confié la tâche à Sean Patrick Flanery, devenu célèbre grâce à son rôle d’Indiana Jones dans la série télévisée "The adventures of young Indiana Jones". Un très bon choix car Sean Patrick possède un réel charisme et s’avère parfait dans la peau de son personnage.

Pour rendre hommage au film "Les Oiseaux", Sheldon Wilson n’a pas hésité à envoyer le scénario du film à l’acteur Rod Taylor, héros du film d’Hitchcock. Quelques quarante trois ans après, Rod se retrouve donc à nouveau confronté à des oiseaux agressifs. Dans "Kaw", il incarne le médecin de la ville, celui qui connaît tout le monde et qui se retrouve aussi désarmé que le shérif face à ces agressions ailées. Rod Taylor, bien que presque méconnaissable avec le poids des années, s’en sort encore fort bien et ne démérite pas du tout face à la caméra.

Autre personnage important du film, Clyde, ancien alcoolique remis sur le droit chemin et qui est conducteur du car scolaire. Brillamment interprété par l’acteur Stephen McHattie, c’est la personnalité la plus touchante du film. Les autres acteurs et actrices jouent également plutôt bien et l’ensemble tient vraiment la route. La réalisation est nerveuse quand il faut, l’enchaînement des péripéties ne nous laisse pas le temps de bâiller et les attaques de corbeaux sont fort nombreuses et vont crescendo.

Les corbeaux, parlons-en d’ailleurs. Le réalisateur a engagé de vrais dresseurs de corbeaux pour certaines séquences. Avec l’évolution de la technologie, plus besoin par contre d’avoir 500 ou 600 vrais oiseaux comme avait dû le faire Hitchcock. Les effets numériques prennent le pas afin de démultiplier à l’infini le nombre de corbeaux présents à l’écran. Si on distingue quelques fois la nature virtuelle des volatiles, dans l’ensemble, c’est vraiment très bien fait et les attaques sont assez impressionnantes. Honnêtement, je pense qu’avec "Les Oiseaux", "Kaw" est certainement le meilleur film de ce genre en ce qui concerne les agressions d’oiseaux. J’ai bien aimé également le fait que cette nuée de corbeaux semble avoir un chef, puisque avant chaque attaque, on a généralement un gros plan sur un gros corbeau noir, qui semble véritablement donner des ordres à ses troupes.

Plusieurs séquences d’attaques font froid dans le dos et on n’aimerait franchement pas être à la place des personnages du film.

SPOILERS

En ce qui concerne la raison de la férocité montante des volatiles, le réalisateur et scénariste se sont servis de la fameuse grippe aviaire et du virus H5N1. Dans la petite ville, vit une communauté proche de celle des Amish au niveau de leurs traditions. Leur bétail tombant malade, Jacob, leur chef, a préféré cacher la contagion de peur que les autorités sanitaires ne viennent abattre le reste du troupeau. Les corbeaux sont donc venus manger de la chair infectée ce qui les a rendus particulièrement agressifs. Une idée simple, qui utilise la peur suscitée par les effets de la grippe aviaire et qui permet à "Kaw" d’avoir un contexte très contemporain, alors que l’ensemble du film fait très hommage au cinéma des années 70/80. On trouvera la fin du film vraiment classique et guère originale, puisqu’on s’en doute à des kilomètres. Mais cette fin fait encore une fois vraiment typique des productions des années 80 et s’inscrit donc bien dans la lignée de l’ensemble du film.

FIN SPOILERS

Mission accomplie pour Sheldon Wilson, réalisateur avec qui il faudra compter désormais. Son film, qui n’est pas vraiment un remake des Oiseaux d’Hitchcock, même s’il en utilise certaines ficelles, est une franche réussite et se regarde avec beaucoup d’intérêt. On n’est pas déçu, on en a pour son argent au niveau des scènes d’attaques de corbeaux, le casting est bon, les images sont belles, bref, on a là un bon film bien troussé qui ravira les amateurs de ce genre de spectacle !








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