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La petite ville de Grovetown connaît une épidémie de suicides. Des morts étranges que les gens les plus superstitieux attribuent au retour des fils d'une prétendue sorcière que les habitants ont brûlée...



Les histoires de malédiction au cinéma commencent à devenir un phénomène habituel, surtout depuis que le cinéma occidental a croisé la route d'un certain "Ring". Et, des influences, Inside n'en manque pas même si le scénario tente de le masquer derrière un habillage visuel plutôt intéressant. Le fait que le réalisateur Phedon Papamichael ait pendant des années œuvré en tant que directeur de la photographie (notamment sur "Identity") ne doit pas être étranger au soin apporté à son film. Derrière ce vernis et dès que l'on gratte un peu, on se retrouve derrière une énième version de malédiction qui se refile d'une victime à une autre (mais sans fantôme aux cheveux longs cette fois, contrairement à ce que sous-entend la jaquette française), le tout mâtiné d'influences venues de l'univers du slasher movie : une attaque dans une boutique avec des mannequins (Cf. "Souviens...toi l'été dernier"), des morts programméespuisque les futures victimes voient des apparitions avant de succomber à leur tour (comme dans "Destination Finale" leur destin est scellé). Même si on nage dans un air de déjà-vu, il ne faut pas reléguer aux oubliettes ce film qui est un très sympathique inédit vidéo, qui certes respecte des codes et ne prend jamais de risque, mais évite le second degré et ne se moque pas du sujet abordé.

Abordé de manière sérieuse, le scénario d'Inside fait la part belle à la description d'une charmante communauté qui vit sous la coupe de son pasteur et de son fiston encore plus cinglé que le père. Cette communauté obscurantiste, vivant dans la peur des fantômes de son passé, est responsable d'un autodafé avec la mort de la sorcière qui connaît le même destin funeste que celui de Freddy Krueger dans "Les Griffes de la nuit". Si les morts sont moins graphiques et inventives que dans la saga initiée par Wes Craven, on ne peut leur dénier une certaine efficacité. L'apparition de leurs propres doubles provoque chez lesdites personnes le passage de la vie à trépas, et ces doubles arrivent à les tromper, utilisant des subterfuges, là aussi venus d'Asie, comme les reflets dans mes miroirs ("Into The mirror", "Mirrors"). La population locale prend peur et cherche des boucs émissaires. Menée par le fils du pasteur, Dylan, elle va aller crescendo dans les échelles de l'intégrisme : exorcisme forcené, chasse aux coupables.

L'absence de véritables têtes d'affiche, à part Thomas Dekker (jeune héros de la série déprogrammée: "Terminator: the sarah Connor Chronicles" et qu'on retrouvera bientôt dans le remake de "A nightmare on Elm Street") dans la peau du pestiféré, permet au long-métrage de mieux nous surprendre. Sans acteur ou actrice vraiment attachant- à ce sujet l'héroïne Lindsay, interprétée par Elizabeth Rice, est mise à égalité avec ses partenaires secondaires-, Inside, ne se détourne jamais des sentiers balisés et fait ce qu'on attend de ce type de production : procurer quelques frissons, et cela fonctionne par moments. Le scénario ne cherche pas à faire dans le twist improbable, même si une certaine ironie finit par l'emporter. Grâce à son scénariste, Brad Keene qui est un petit habitué des spectres (de l'inénarrable "The Gravedancers" au meilleur épisode des The Grudge selon l'auteur de cette chronique, "The Grudge 3"), le film s’avère classique et sans temps morts.

Ayant raflé le Prix de l'inédit vidéo au festival fantastique de Gérardmer 2010, "Inside", ne surprendra pas les vieux routards des chemins horrifiques mais constituera un divertissement plutôt honorable. Réalisé sans grandes prétentions, le film de Phedon Papamichael, se suit sans déplaisir. En ayant, entre autre, la bonne idée de pallier le manque d'épaisseur de ces personnages (un amour ébauché entre Lindsay et Aidan) ainsi que celui d'un suspense basique, par un portrait de la manipulation religieuse.








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