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Le Lord Arthur Holmwood, après avoir demandé en mariage Lucy Westenra, se rend au chevet de son père mourrant qu’il n’a pas vu depuis de longues années. Le médecin de ce dernier avoue à Arthur que son père est victime de la syphilis, qui a également provoqué le décès de sa mère et qu’il est sûrement lui-même atteint par cette maladie du sang. Alfred Singleton, membre d’une confrérie satanique, propose alors au jeune Lord une solution : faire nettoyer son sang par "leur maître" : le Comte Dracula. Pour ce faire, Arthur doit réussir à faire venir à Londres Dracula, qui vit en Transylvanie…



Dracula. Un nom connu de tous, même de l’ermite le plus isolé. Le célèbre roman de Bram Stoker, écrit en 1897, a fait le tour du monde et les adaptations cinématographiques ne se comptent plus, leur nombre dépassant les 150 films. Parmi les plus célèbres, on trouve le "Nosferatu le vampire" de Murnau, le "Dracula (1931)" de Tod Browning, "Le cauchemar de Dracula" de Terence Fisher, le "Dracula (1979)" de John Badham ou bien encore le "Dracula (1992)" de Francis Ford Coppola. Le personnage du célèbre Comte Vampire, bien que présent dans nos esprits sous l’apparence de Bela Lugosi ou de Christopher Lee, a vu défiler bon nombre d’acteurs pour l’incarner, de toutes nationalités.

Le cinéma n’a pas eu l’exclusivité sur ce mythe puisque de nombreuses adaptations pour la télévision ont également vu le jour. La BBC notamment en livra une en 1977 avec Louis Jourdan dans le rôle du Seigneur des Vampires et intitulée "Count Dracula". La célèbre société de médias britannique a décidé de réitérer l’expérience en 2006, associée avec la Granada Télévision, pour ce "Dracula", confié à Bill Eagles, dont la carrière est riche en réalisation de téléfilms et d’épisodes de séries télévisées (Les Experts, Numbers, Cold Case par exemple). Le tournage se déroula du 7 août au 3 septembre 2006, dans différents lieux d’Angleterre. Qui dit téléfilm dit généralement budget moins important que pour un long-métrage de cinéma classique, ainsi que restriction sur la violence visuelle et l’aspect sexuelle, propre à tous films de vampires. Pourtant, la vision de l’œuvre de Bill Eagles nous étonnera sur bien des points.

Première originalité, le scénario. A sa lecture, vous aurez tous compris que cette version n’est pas d’une fidélité à toute épreuve au roman éponyme de Bram Stoker et qu’elle prend quelques libertés qui feront hurler au scandale les fans absolus de l’ouvrage. Mais quelle version cinématographique peut se targuer d’avoir respecté à la lettre l’œuvre de Stoker ?? Probablement aucune, même si des efforts ont été faits dans certains films, notamment dans la version de 92 réalisée par Coppola.

Hormis quelques personnages qui sont passés à la trappe (Renfield par exemple), le principal remaniement concerne la raison de la venue de dracula à Londres. Certes, on retrouve toujours son attrait pour Mina après que Jonathan lui ai montré son portrait, mais c’est principalement sur la demande du chef de la confrérie qui le vénère, Alfred Singleton, que le Prince des Vampires désire acheter des résidences au jeune notaire, et ce, afin d’étendre sa domination sur la ville de Londres toute entière. Pour réussir son projet, Singleton se sert de la maladie contractée par le richissime Arthur Holmwood, en faisant miroiter à ce dernier un gage de guérison afin qu’il paye les achats de son "maître". Cette innovation dans l’histoire n’est franchement pas mauvaise en soi et s’accorde bien avec les éléments existants dans le roman. Concernant l’existence d’une secte adoratrice de dracula, on peut retrouver cette idée dans un classique de la Hammer, "Une Messe pour dracula" de Peter Sasdy, réalisé en 1970.

Autre changement notable, le personnage culte du Dr Van Helsing, interprété ici par David Suchet, que les amateurs d’histoires policières connaissent bien puisqu’il a endossé à maintes reprises le costume d’Hercule Poirot. Dans cette version, Van Helsing n’est pas franchement à son avantage, se révélant même un peu couard lorsqu’il s’agit d’aller à la rencontre de dracula. On est loin de l’image que Peter Cushing ou Anthony Hopkins lui ont donnée.

Parlons maintenant de celui qui nous intéresse le plus, à savoir dracula lui-même. La première partie du téléfilm nous fait véritablement penser à la version de Coppola, car elle nous présente un dracula vieux, affaibli, mais qui possède néanmoins un fort charisme et une prestance au-delà de son apparence physique. Lorsque le Prince des Vampires retrouve sa jeunesse, c’est sous l’apparence de l’acteur Marc Warren, dont le visage peut-être considéré comme un croisement entre Brad Dourif et Malcolm McDowell. Pour ma part, c’est peut-être le point faible du film, il manque à cet acteur un "je ne sais quoi" pour parvenir à convaincre. En fait, il ne dégage rien. Embêtant pour interpréter une créature devant posséder un charisme à toute épreuve. Une petite erreur de casting, heureusement compensée par d’autres qualités.

En ce qui concerne les pouvoirs de dracula, point de surprise ici, il ne supporte pas les croix, peut se transformer en animal, notamment en chauve-souris. Il possède également une force décuplée et s’avère réellement maléfique, n’ayant aucune considération pour la vie humaine, même de ses disciples. On retiendra principalement une scène fort bien réalisée et qui mise sur l’aspect érotique du vampire, quand celui-ci se retrouve en train de s’accoupler avec une Lucy en transe, pendant que son futur mari dort à ses côtés sans se douter de ce qui se trame dans le lit conjugal. Le côté érotique est également mis en avant par de nombreux dialogues entre Mina et Lucy, permettant de contourner ce qu’on ne peut pas vraiment montrer dans un téléfilm.

Autres éléments jouant en faveur de cette version : les décors, vraiment somptueux pour le budget alloué, le passage sur le Demeter, très réussi, et l’interprétation de Sophia Myles qui joue le personnage de Lucy. C’est vraiment l’actrice qui en impose le plus sur le reste du casting. Elle est absolument parfaite et s’en sort magistralement bien, tirant le téléfilm vers le haut par sa seule présence. Sophia, on l’avait déjà vue dans la saga "Underworld" de Len Wiseman ou dans "From Hell", bien qu’elle n’avait qu’un petit rôle dans ce dernier film.

Ce dracula 2006 ne s’imposera certes pas comme une œuvre référence, mais elle possède de nombreuses qualités qui font oublier les défauts liés à son statut de téléfilm. La présence radieuse de Sophia Myles, quelques bonnes idées scénaristiques, de belles images font que le spectacle proposé s’avère d’honnête qualité et fera passer un bon moment aux spectateurs. On regrettera juste le manque de présence du Comte dracula lui-même mais dans l’ensemble, c’est un bon petit téléfilm que voilà, que j’ai pris plaisir à visionner. C’est déjà pas si mal !










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