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Le journaliste Alan Foster se rend dans une petite taverne à Londres afin d’y rencontrer le célèbre écrivain Edgar Allan Poe. Ce dernier est en train de raconter une histoire d’épouvante au Lord Blackwood. Alan se joint à eux et la conversation dérive sur le château du Lord, réputé hanté. Le Lord propose à Alan, qui ne croit pas en l’existence d’une vie après la mort, un pari : passer toute la nuit dans son château pour 100£ et en ressortir vivant à l’aube, chose que, d’après la légende, personne n’a réussie. Alan accepte le pari, pour la modique somme de 10£. Il se rend donc au château alors que nous sommes le 1er novembre, jour de la fête des morts…



Les années 60 furent en Italie une période propice pour le film d’épouvante et ce qu’on a nommé le courant "gothique" au cinéma. En 1956, Riccardo Freda ouvrait la voix avec "Les Vampires" sur lequel travailla également Mario Bava qui termina le film. Ce dernier, fort de cette expérience, livrait aux amoureux du cinéma d’épouvante gothique un pur chef-d’œuvre en 1960 avec le sublime "Le Masque du Démon" dans lequel figurait la non moins sublime actrice Barbara Steele, dont c’était le premier grand film. Succès immédiat, et pour le film et pour l’actrice, dont la carrière fut lancée et qui deviendra l’égérie du cinéma fantastique d’épouvante des années 60.

Après avoir tourné "La Chambre des Tortures" aux USA pour Roger Corman l’année suivante, elle revient en Italie pour enchaîner films d’auteurs et films d’épouvante gothique. Parmi ses derniers, on citera sans exhaustivité "L’Effroyable secret du docteur Hichcock" et "Le Spectre du professeur Hichcock" de Riccardo Freda, "Cimetière pour Morts Vivants" de Massimo Pupillo, "Les Amants d’Outre-Tombe" de Mario Caiano, "Un Ange pour Satan" de Camillo Mastrocinque, "La Sorcière Sanglante" et cette "Danse Macabre", tous deux d’Antonio Margheriti qui préférera apparaître à l’écran sous son pseudo d’Anthony Dawson.

Bien entendu, ce courant de cinéma fantastique gothique ne fut pas seulement l’apanage de l’Italie, puisque l’influence majeure reste évidemment les productions anglaises de la Hammer Films où château inquiétant, brouillard, vampires et autres créatures épouvantables se répandaient sur les écrans.

Réalisé en 1964, "Danse Macabre" est un authentique classique du cinéma d’épouvante gothique. Les amateurs du genre seront aux anges car tous les ingrédients figurent au rendez-vous : château imposant et lugubre, longs couloirs éclairés par des bougies, brume, apparitions spectrales, portes qui claquent, fenêtres qui s’ouvrent violemment, cimetière, drame, mystère, meurtres, érotisme (plus suggéré que dévoilé mais néanmoins présent) et même des thèmes comme la nécrophilie, le vampirisme, le lesbianisme et l’adultère sont présents dans le film.

Autre idée très intéressante et astucieuse : la présence dans la scène d’introduction et de conclusion du personnage d’Edgar Allan Poe lui-même ! Bien que le scénario du film ne soit pas tiré de l’une de ses nouvelles, les auteurs ont eu la bonne idée de faire de ce personnage une personne qui croit dur comme fer en la mort et en la vie après la mort. Il dit d’ailleurs que toutes ses histoires ne sont pas le fruit de son imagination mais bel et bien tirées de faits réels. Amusant et bien trouvé !

Le film bénéficie d’une bonne histoire qui, même si elle ne révolutionne rien, permet aux spectateurs de maintenir son intérêt constant pour connaître les secrets que referme ce gigantesque château. En ce qui concerne l’idée du faire passer une nuit à un personnage dans un château supposé hanté et de lui faire gagner de l’argent s’il y parvient, elle nous fera bien sur penser au célèbre "House on Haunted Hill" de William Castle. Mais qu’importe, ce n’est vraiment qu’un minuscule point de détail, tout comme on pourra reprocher à "Danse Macabre" un petit manque de rythme parfois, notamment quand le héros déambule dans les nombreux corridors de la demeure. Mais comparé à l’enchantement que nous procure la vision du film, d’abord par la qualité visuelle de ses images, puis par la qualité de l’interprétation de ses acteurs, ce n’est vraiment pas bien important.

Barbara Steele, encore elle, n’a sûrement jamais été aussi belle que dans "Danse Macabre". Sa longue chevelure noire, son visage, son regard en font véritablement une déesse du cinéma fantastique et on comprendra aisément qu’elle en soit devenue l’une des muses les plus prisées. Ici, son rôle est placé du côté positif et malgré son statut de spectre, qu’elle tente de dévoiler au héros par des phrases pleines d’ambiguïté qu’il ne saisit pas, alors que nous, spectateurs, avons compris son drame, elle n’hésitera pas à aider son amant bien vivant pour qu’il réchappe à cette nuit de cauchemar, par amour bien sûr. Car au-delà de l’aspect film d’épouvante, "Danse Macabre" est également une belle histoire d’amour tragique entre deux êtres vivants dans un monde différent, celui de la mort et celui de la vie.

Antonio Margheriti ne devait pas au départ réaliser le film, ce dernier devant l’être par le scénariste et metteur en scène Sergio Corbucci, mais qui, retenu sur un autre projet, proposa justement Margheriti aux producteurs. Bien lui en a pris, car Antonio, malgré un temps de tournage assez court, a fait valoir sur ce film ses talents de réalisateur et nous a livré une œuvre exemplaire, possédant une ambiance et un charme intacts, et dont la réputation élogieuse est toujours confirmée en 2008. Un classique instantané qui fera encore et toujours la joie des cinéphiles et des amoureux de Barbara Steele.

Amateur d’épouvante gothique, je ne saurais que trop vous conseiller d’acquérir le DVD de "Danse Macabre" sorti aux éditions Seven 7 et qui présente le montage italien du film. La qualité d’image est franchement très bonne et permettra d’assister à cette nuit des spectres dans de très bonnes conditions. Avouons-le, "Danse Macabre" est une pièce majeure du cinéma d’épouvante à l’italienne et du cinéma fantastique tout court. Des films comme ça, je veux bien en voir tous les jours…








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