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Et allez hop ! Un film consacré à un tueur en série ayant existé vient rejoindre la masse déjà bien grasse. Est-ce que ce B.T.K. vaut la peine d'être vu ? Réponse au cours de cette critique. Dennis Rader est un agent de sécurité embauché par la ville pour veiller au bien être de ses citoyens. Son travail consiste à verbaliser les infractions mineures (stationnement gênant et autres), récupérer les chiens qui ont échappés à leur maîtres... Sous ses dehors de père aimant, de président de paroisse concerné et de citoyen modèle, se cache une part sombre. Un part honteuse et inavouable que Dennis ne peut garder à l'intérieur de lui. Aussi ce citoyen modèle à-t-il nu passion pour les cordes et les nœuds. Pas les nœuds de marin, ce n'est pas le commandant Cousteau, mais pour les nœuds coulant, les cordes qui s'enfoncent dans la peau... Une forme de bondage quasiment asexué. Et puis Dennis tue. Il attache. Il torture. Et il tue. Un film qu'il est mieux qu'une séance de bondage.



B.T.K. Bind them. Torture them. Kill them. Bind (attacher). Torture (Torturer). Kill (tuer). Tout un programme.

Il semble que les films de psychokillers soient à la mode dernièrement. S'ils sortent rarement – pour ne pas dire jamais – au cinéma, ils inondent le marché du direct to vidéo. Résultat, une dame cochon n'y retrouverait pas ses petits. C'est ainsi que l'on retrouve des fans de cinéma de genre, errant parmi les rayons de DVDs, ne sachant que choisir. Heureusement, votre serviteur est là pour vous aider à faire votre choix. Vous n'aurez alors plus peur d'aller faire les boutiques, de passer devant le rayon DVDs alors que vous n'êtes venu qu'acheter 250g de pâtés et une soutient gorge 80 C parce que votre femme / petite amie à des gros-seins-mais-pas-trop. Levez donc le menton fièrement camarade passionné, et écoutez donc ce que j'ai à vous dire.

Tout d'abord B.T.K se présente comme une fiction inspirée de faits réels. Le genre de formulation censée vous coller le slip au fauteuil en claquant des dents. Seulement, à force d'utiliser des faits réels pour faire des films, on perd un peu de la magie du cinéma. D'autant plus si le métrage est écrit par dessus la jambe comme c'est le cas de la série des " Hostel ". Ce n'est pas à proprement parler le cas de B.T.K.

En effet, le métrage de Michael Feifer montre une certaine finesse d'écriture, révélant parfois une volonté de romancer à outrance. Du coup, vous serez gratifiés de séquences émotions. Un filtre granule et surexpose l'image, au cas où vous n'auriez pas compris qu'il s'agissait d'un flash, le tout accompagné d'une voix off : celle de Dennis Rader.
C'est là que l'une des faiblesses du film apparait. Cette voix off a pour but d'apporter un cachet romantico-dépressivo-introspectif au métrage. Cependant les thèmes abordés sont à peine effleurés, créant une véritable frustration chez le spectateur. Je n'entend pas par là qu'il eut été nécessaire d'analyser en profondeur les modus operandi de Rader, ni d'expliquer le pourquoi du comment. Toutefois, ce que dit Dennis Rader fait effet d'amuse-bouche sans jamais déboucher sur le plat principal.

En outre, c'est exactement le type de narration utilisé – mais avec beaucoup plus de maestria – par " The Girl Next Door ", lui aussi tiré d'un fait divers sanglant et sorti en 2007. A côté, B.T.K. fait pâle figure. D'autant plus que ce B.T.K. souffre de quelques longueurs. Aussi ténues soient-elles, elles n'en sont pas moins là, et le métrage aurait gagné à être condensé par endroit.

Malgré tout, les défauts invoqués plus haut, ne sont que mineurs. Il n'ont au final qu'un impact modéré sur la vision de ce B.T.K.. La faille la plus gênante du film de Feifer est son manque d'originalité. Le thème choisit et son traitement tant de fond que de forme, ne parviennent pas à accrocher durablement l'esprit du spectateur. Il y a de forte chance pour qu'une fois vu, vous l'ayez oublié peu de temps après.
Tout est maîtrisé, mais incroyablement plat. On ne ressent rien pour les victimes, pas plus que pour leur bourreau, c'est tout de même un comble pour un film de ce genre. Peut-être est-ce, comme je l'ai évoqué plus tôt, la volonté de trop bien faire qui dessert le film. Les plans sont pour la plupart superbes. La musique est excellente, oscillant entre les sound designs classiques et les accords de rock sudiste. Quant aux acteurs, ils sont sans faille. Kane Hodder (Jason " Jason X " Voorhes, " Monsters "...) habite littéralement le personnage, du haut de son immense carrure de cascadeur. Le reste du casting n'est pas en reste...

C'est là le problème, tout cela est bien trop propre eut égard du sujet traité. Malgré deux ou trois séquences légèrement sanglante, B.T.K. pêche par sa gentillesse. Peut-être même par une volonté esthétisante qui aurait dût laisser place par endroit à une mise en scène plus crue, plus viscérale.

Cependant, vous qui étiez venu acheter un gigot, ou l'intégrale de Franck Dubosc et qui tombez face à ce titre, ne laissez pas ma critique vous laisser croire qu'il s'agit d'une sombre merde. Loin s'en faut. B.T.K. est plus qu'honnête. Seulement, étant donné la quantité de films jouant dans la même cour, et le niveau de qualité de ceux-ci (" Manson Family ", " Henry, portrait d'un serial killer "...) il risque de sombrer rapidement dans l'oubli.

Quoiqu'il en soit, la réalisation de belle facture, saura éveiller votre curiosité : a quand un film original ? Car depuis 2007, le cinéaste à réalisé 8 films, un d'horreur, une comédie, et les 6 autres sur des psychokillers. Avec un tel rendement, on était en droit d'attendre un sujet un tant soit peu maîtrisé.









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