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Réalisation
Adam Rifkin

Scénariste
Adam Rifkin

Date de sortie
1991

Genre
insolite

Tagline


Cast
Judd Nelson
Bill Paxton
Lara Flynn Boyle
James Caan
Rob Lowe


Pays
Etats-Unis

Production


Musique
Marc David Decker

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 5.4
(7 votes)
Garçon timide, ingrat et incapable, Marty Malt ramasse les poubelles le jour et assure des shows comiques la nuit. Problème : Marty n'a aucune fibre comique et ne le sait pas. Sans cesse relancé par son pote Gus, qui lui sert occasionnellement de coach, Marty est rejeté par un chercheur de talents et peine à trouver du réconfort chez sa petite amie Rosarita. Mais la nature lui offre un cadeau qu'il espérait à peine : un troisième bras...dans le dos !!



Nul doute que Adam Rifkin aurait fait des ravages chez Troma : un sacré petit malin, dans l'univers se plait à taper dans l'humour potache et cartoonesque ; pas etonnant en fait qu'il est collaboré furtivement avec la bande à Raimi...
Il suffit de faire le tour de sa filmo pour voir son aisance à passer de genres en genres, avec un détour par le Z coquin, le slasher, le drame, la comédie loufoque, le film d'action...et le bonhomme n'est pas tout à fait au point mort !

Des petits budgets souffrant d'une exploitation relativement hasardeuse : ce "A plein tubes" (titre français à la con comme vous pouvez le constater) là n'a pourtant rien de Z, et affiche même un casting quatre étoiles.
Sa ressortie de l'autre côté de l'atlantique en dvd fut l'occasion (et ça l'est encore !) de le découvrir : la barrière de langue ne sera pas un problème ici puisque le dvd est pourvu de sous-titres français !

On hallucine donc assez fort à la vision de cet OVNI s'inscrivant dans un mouvement de comédies fantastiques dont le rythme et l'inventivité se réclament avec ferveur de la bande dessinée et du dessin animé ; on citera pour la forme "Beetlejuice", Meet the applegate, "La cité des monstres", Mort sur le gril, Life on edge, Psychose meurtrière...
Bref, des films qui ne tournent pas rond...et on aime ça !!

Ceux qui ont du mal avec les premières pelloches de John Waters risquent de n'être guère dépaysés en se frottant aux effluves nauséabondes du film de Rifkin : surréaliste de sa première à sa dernière image, The dark backward, se veut être l'enfant illégitime de Brazil et de "Street Trash" (sans les débordements gores) : ou les aventures d'un freak dans une cité difforme aux allures de bennes à ordures.

Le budget ne devait pas être éléphantesque, et Rifkin fait tout pour s'en cacher : le pari est emporté haut la main, tant on croit à l'existence de cette ville imaginaire ici réduite à quelques décors de studios et de rares prises en extérieurs entre deux ruelles glauques. Des publicités douteuses sont placardées où que l'on aille, les emissions télés font peur, très peur, les poubelles y font partie intégrantes du décor, toute forme de luxe y est de très mauvais goût, on bouffe n'importe quoi, on se maquille outrageusement ou au pire, on ne se lave pas.

The dark backward fait cohabiter le rétro bizarre à la "Eraserhead" (esthétique incertaine et tordue, musique carnavalesque, impression de cauchemar sans fin) et la degeulasserie d'un Waters, arrosée d'une bonne louche de Crumb, dont on retrouve le goût prononcé pour les architectures vomissantes, les figures pathétiques et le sexe grossier et primaire. Sacré cocktail !
Au milieu de tout ça, cette histoire de quidam se voyant pousser un troisième bras (tout va bien donc) pourrait faire office de voyage initiatique ou pourrait déboucher sur une révolte sociale : rien de tout ça, en fait le personnage de Marty partira d'un point pour revenir quasiment au même (avec une petite note d'espoir en bonus). Dire que le spectacle de Rifkin tient de la comédie sinistre, c'est bel et bien un euphémisme, tant le rire se confond avec un malaise persistant à chaque image. On regrettera une dernière partie qui perd en rythme et en intérêt, là où elle aurait pu offrir une sorte d'apothéose.

Aux portillons de ce conte abjecte se bouscule alors des personnalités comme Bill Paxton en accordéoniste queutard, nécrophile et hypocrite (ça fait beaucoup !), Lara Flynn Boyle en serveuse esseulée, James Caan en médecin maboul (il faut le voir pour le croire), Wayne Newton en impresario douteux, Rob Lowe en playboy aux dents gâtées ou Claudia Christian en infirmière nympho.
Ben oui, forcément ça calme.








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