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2019, après une guerre nucléaire. Les femmes sont devenues stériles et la race humaine menace de s’éteindre. Les survivants ont formé deux groupes : d’un côté les Euraks, soldats armés à la solde de tyrans, n’hésitant pas à détruire toute vie humaine contaminée ; de l’autre, la Fédération, composée de rebelles refusant la soumission aux Euraks. Les hommes de la Fédération ont appris qu’une femme non stérile vivrait à New York, ville sous contrôle des Euraks. Ils décident alors de faire appel à Parsifal, aventurier réputé pour sa bravoure et sa résistance, et l’obligent à se rendre à New York, accompagné par deux de leurs hommes, afin de retrouver la jeune femme, dernier espoir de l’Humanité…



Avec le succès du "Mad Max 2" de George Miller, les films mettant en scène des univers post-apocalyptiques, avec combats de guerriers, courses de voitures blindées, chasse au gasoil et autres réjouissances, allaient débarquer comme un essaim d’abeilles sur les écrans avec plus ou moins de bonheur, venant de tous pays, comme le Néo-Zélandais "Le Camion de la Mort" ou le Philippin "Stryker". Toujours prompts à exploiter le succès d’un film, l’Italie et ses réalisateurs de cinéma Bis allaient bien sûr devenir le fer de lance de cette vague de films dits "post-nuke", débutant les hostilités avec "Les Guerriers du Bronx" de Castellari, puis avec toute une flopée de films comme "Les Nouveaux Barbares", "2020 Texas Gladiators", "Les Guerriers du Bronx 2", "Les Exterminateurs de l’an 3000" ou bien encore ce "2019 après la chute de New York" du bien connu Sergio Martino dont on va parler ici. Même la France s’essaya aux films post-nuke avec "Le Dernier Combat" en 1983 de Luc Besson ou bien "Terminus" en 1987, avec Johnny Hallyday. La liste ci-dessus est bien sûr non exhaustive, on pourra y ajouter par exemple "Final Executor", "Les Rats de Manhattan", "Les Roues de Feu", "Les Guerriers du Soleil", "Le Chevalier du Monde Perdu", "Le Gladiateur du Futur", "Def Con 4", "Cherry 2000", "Mad Max 3", "Diesel", "Malevil" et tout un tas d’autres encore…

Ce qui frappe à la vision du film de Martino, c’est qu’il ne copie pas uniquement "Mad Max 2". D’ailleurs, les références au film culte de Miller sont très peu nombreuses, si on excepte une course de voitures vers le début du film, customisées façon voitures de gladiateurs. Avouons-le tout net, les poursuites de "Mad Max 2" sont mille fois supérieures en vitesse et en intensité que la course de "2019…". En fait, Sergio pompe allégrement sur un autre succès récent, datant de 1981 et réalisé par John Carpenter, j’ai nommé le fameux "New York 1997". Dans ce dernier, un aventurier anarchiste était envoyé dans un New York devenu lieu de non-droit afin de sauver le Président. Il était bien plus facile d’entrer dans la ville sinistrée que d’en sortir. Tout comme dans "2019…" ! Le Président est remplacé par la dernière femme féconde, Snake Plissken par Parsifal et le tour est joué ! Malin non ? Pour corser le tout, on injecte un cyborg menant une double mission (référence à "Alien") et des hommes singes (référence à "La planète des Singes"). Un bien beau melting pot d’influences donc, pour un résultat plutôt bancal, pas désagréable mais pas renversant non plus, pourtant souvent considéré comme l’un des meilleurs post-nuke rital mais qui, au final, n’est pas bien transcendant.

Pour interpréter Parsifal, Martino a choisi l’acteur Michael Sopkiw, dont c’est le premier film. D’ailleurs, son physique n’impressionnera pas grand monde puisqu’il ne tournera par la suite que dans trois autres métrages au cours de sa courte carrière ("Blastfighter" et "Apocalypse dans l’Océan Rouge" en 83 et "Massacres dans la Vallée des Dinosaures" en 84). Ce n’est pas qu’il soit mauvais ce Michael Sopkiw mais bon, si on compare son personnage dans "2019…" à celui de Snake Plissken, on se rend compte de suite qu’il est loin d’avoir le charisme de Kurt Russell. En clair, Parsifal, c’est Snake à la sauce Bis rital.

Pendant son périple dans les égouts de New York, Parsifal tombera sur une bande de contaminés, dont fait partie la jolie Giara et dont il tombera amoureux. Giara, c’est l’actrice française Valentine Monnier, qu’on a pu voir dans "Elle voit des nains partout" l’année précédente et qui retrouvera Michael Sopkiw dans "Apocalypse dans l’Océan Rouge" de Lamberto Bava. Rien de spécial dans son jeu, elle remplie sa fonction de femme guerrière avec le minimum syndical.

Nos deux héros tomberont également sur des hommes singes, menés d’une main de fer par Big Ape, leur chef. Si certains de ces hommes singes arborent un maquillage rappelant celui de "La planète des Singes" en moins réussi, Big Ape lui n’a rien d’un singe et son visage n’a rien de simiesque non plus. La déception est donc fort grande quand on regarde la magnifique affiche française du film sur laquelle est présent un homme singe maniant le sabre. Déception atténuée par le fait que Big Ape est joué par George Eastman ! Monsieur "Anthropophagous" ! Comble du ridicule, on l’a affublé d’une pilosité abondante (ah, c’est pour le côté simiesque donc…) et d’une tenue digne d’un tsar. Franchement, c’est à mourir de rire ! Si Martino voulait faire un film sérieux, c’est raté de ce côté-là ! Voir George Eastman dans la peau de ce personnage et fringué comme ça, c’est quand même un grand moment et rien que pour ça, la vision de "2019 après la chute de New York" s’impose !

Bon sinon, niveau péripéties, y’a quoi dans ce film ? La course de voitures, on en a déjà parlé. Ca c’est fait. Quoi d’autre ? Ah oui, on a l’attaque des contaminés par l’Ordre Noir, soldats qui ont des pistolets lasers qui font "pchiou, pchiou". On trouve aussi quelques combats qui feraient pâlir Jet Li de jalousie et qui renvoient les combats du film de Walter Hill "Les Guerriers de la Nuit" aux oubliettes. A moins que ce ne soit l’inverse. Sûrement d’ailleurs.

Film italien oblige, on a droit à quelques scènes de sadisme comme lors de l’interrogatoire d’un des compagnons de Parsifal, qui se fait un peu écarteler par ses tortionnaires. On retiendra aussi la crevaison des deux yeux d’un des dirigeants de l’Ordre Noir, qui s’en fout en fait puisqu’on lui en greffera deux autres ! C’est beau le futur non ?

Autre grand moment, le final du film qui voit Parsifal affronter son dernier compagnon, un cyborg. Seulement Parsifal, il lui aura quasiment fallu tout le film pour deviner que son pseudo pote était un androïde, alors que nous, spectateurs intelligents, on s’en doute depuis belle lurette, les indices étant outrageusement présentés de façon claire et nette à l’écran (la scène du bruit qui fait super mal aux oreilles de nos héros, mais qui ne semble avoir aucun effet sur notre ami cyborg justement, sauf qu’on sait pas encore que c’est un cyborg mais là, on s’en doute un peu quand même…vous suivez ? D’ailleurs, le cyborg il sait qu’on risque d’avoir des soupçons, donc dès que Parsifal, qui a super mal aux oreilles, le regarde d’un air étonné, hop, il met ses deux mains sur ses oreilles et feint d’avoir super mal lui aussi ! Malin les cyborgs, faut pas croire…)

Bref, en fait, il se passe grand chose à l’écran, c’est assez mou du genou tout ça, même si c’est pas non plus déplaisant à regarder. Je ne vous dis pas si nos héros trouveront la dernière femme féconde, je préfère laisser le suspense…

"2019 après la chute de New York" est donc un film de Post-Nuke plutôt moyen, et qui ne laissera pas un souvenir impérissable à ceux qui l’ont vu. Même si le côté charmant du "bis rital" opère, on trouvera bien mieux dans cette catégorie de films post-apocalyptiques. Reste surtout une très belle affiche française, mensongère mais qui donne vraiment envie de voir le film. Le résultat n’est pas forcément à la hauteur…









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2019 APRES LA CHUTE DE NEW YORK