RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Réalisation
Henry Cass

Scénariste
Jimmy Sangster

Date de sortie
1958

Genre
savants fous

Tagline


Cast
Donald Wolfit
Vincent Ball
Barbara Shelley
John Le Mesurier


Pays
Angleterre

Production


Musique
Stanley Black

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 4.7
(3 votes)
Transylvanie, 1874. Des villageois exécutent sauvagement un homme accusé de vampirisme. Un scientifique parvient à le ressusciter grâce à une transplantation du cœur. Quelques années plus tard, on le retrouve à la tête d’un asile d’aliénés implanté dans une forteresse. Dénommé à présent Callistratus, il expérimente des transfusions sanguines sur ses patients et va se servir du nouveau prisonnier, John-Pierre, médecin, pour l'aider dans ses recherches...



Attention à l'affiche française plus que trompeuse, à laquelle s'ajoute le titre du film lui-même qui pourra induire en erreur les spectateurs venus voir un authentique métrage de vampires. "Le sang du vampire" n'est pas un film de vampire. Point de canines acérées venant mordre dans le cou de jeunes femmes apeurées ici, ni de Comte ténébreux pouvant se transformer en chauve-souris. Le film de Henry Cass, illustre inconnu pour ma part et qui semble principalement célèbre pour le film qui nous intéresse ici, même si on notera qu’il a également réalisé un "The Hand" en 1960 dans le registre de l’épouvante, a été réalisé la même année que Le Cauchemar de Dracula, en 1958 donc. La Hammer avait relancé le cinéma d’épouvante en Angleterre et le succès de ses productions incita d’autres studios à se lancer dans ce type de cinéma. Les deux producteurs, Monty Berman et Robert S. Baker, célèbres pour avoir réalisé "Jack l’éventreur" en 1959 et produit "L’impasse aux violences" en 1960, ont donc voulu emboiter le pas à la Hammer avec "Le sang du vampire", film qui subit quelques coupes de la part de la censure.



C’est en fait à une très habile variation du mythe vampirique à laquelle on va assister. L'originalité du scénario, signé par le talentueux Jimmy Sangster, bien connu pour son importante contribution à la Hammer Films justement, vient du fait que son personnage principal, le sinistre docteur Callistratus, travaille sur la transfusion sanguine afin de rester en vie, d'où le rapprochement avec le thème du vampire. Si la scène d’introduction vient également leurrer le spectateur, avec ce corps dans lequel on enfonce un pieu de bois dans le cœur, la suite des événements rétablira la vérité et s’émancipera de ce jeu de faux semblants, plongeant le spectateur dans une atmosphère gothique plus réaliste. Nous sommes donc en présence d'un vrai film de "savant fou", qui bénéficie de somptueux décors et d'une très belle photographie, deux points typiques des productions d'épouvante anglaise de l'époque.



Principal attrait du film, l'étonnante composition de l'acteur de théâtre Donald Wolfit, qui interprète donc Callistratus. Avec son faciès de hibou et ses gros sourcils, l'acteur en impose à l'écran et donne à son personnage tout le côté sinistre et sadique requis. Qu'importe le nombre de victimes choisies parmi les pensionnaires de son asile, seul le résultat compte ! La présence de Karl, l'assistant bossu et défiguré du médecin fou, le décor froid de l'asile ainsi que l'inquiétante pièce située au sous-sol, véritable laboratoire des horreurs, donnent un réel aspect angoissant au film, que la partition musicale vient renforcer. Callistratus agit en véritable bourreau et la vie humaine semble peu lui importer, n’hésitant pas à se livrer à ses expériences sans s’occuper du dogme médical. Sa confrontation avec le jeune médecin John-Pierre maintiendra notre intérêt, ce dernier cherchant coûte que coûte à s’échapper de cet asile d’aliénés.



La présence de la jolie Barbara Shelley apporte un peu de douceur à ce film qui s'avère audacieux et relativement cruel, à l'image du méchant gardien chef et de ses chiens affamés, toujours sur le qui-vive pour réprimer la moindre tentative d'évasion. La violence envers les détenus, les attaques des chiens sur les déserteurs ont sûrement dû impressionner à l’époque. Sur un rythme assez soutenu, "Le sang du vampire" enchaîne les événements sans temps mort et fait la part belle au jeu des acteurs. Cerise sur le gâteau, l'éditeur Artus Films nous offre la version intégrale du film qui réintègre les quelques plans ou séquences passés à la trappe de la censure de l'époque. Des scènes coupées intéressantes, notamment celle où Karl s'amuse à terrifier quelques jolies demoiselles enchaînées à un poteau dans la salle de tortures de Callistratus, offrant une petite touche érotique soft mais bienvenue dans ce type de production. Si vous êtes amateurs de films d'épouvantes gothiques, ruez-vous sur "Le sang du vampire" toute affaire cessante car c’est un long métrage vraiment classieux, original et très intéressant.


Disponible en version intégrale chez ARTUS FILMS






Du même réalisateur :