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A la suite d'un accident lors d'une nuit d'orage, un groupe de jeunes gens vient se réfugier dans un château lugubre. Ce dernier abrite une communauté de jeunes filles effectuant d'étranges rites sexuelles et occultes sous la domination de la gouvernante qui désire faire réincarner l'âme d'une ancienne baronne vampire, la comtesse Varga, mise à mort par des villageois il y a plusieurs siècles. Une bonne aubaine pour la gouvernante puisque parmi ses invités se trouve une descendante de la baronne...



Joseph W. Sarno (ou Joe Sarno) est un des maîtres du cinéma dit de Sexploitation. Durant les années 60, on lui doit plus de 35 films érotiques et sa carrière continuera de plus belle durant les 70’s et les 80’s avec un total de 120 films réalisés, certains étant même du domaine du Hardcore. Contrairement à d’autres réalisateurs, Joseph Sarno privilégie la femme et le plaisir de cette dernière dans ses œuvres. Il met au premier plan ses actrices, se montre adepte des séquences lesbiennes et pratique un érotisme raffiné avant de devoir sombrer à contrecœur dans la pornographie. Il a dirigé Christina Lindberg par exemple dans "Young playthings" en 72 ou dans "Every Afternoon" en 74. En 1973, il réalise "Le château des messes noires", film qui nous intéresse ici, et qui mélange la sorcellerie avec le vampirisme, dans une atmosphère érotique que n’aurait pas renié notre Jean Rollin national.



Autant le dire de suite, "Le château des messes noires" est un film d’épouvante gothique érotique mais c’est bien ce dernier aspect qui est privilégié tout au long du long métrage. Les éléments liés à l’épouvante se retrouvent essentiellement dans les décors (le château, les couloirs, les éclairages à la bougie, l’orage au dehors, les rituels sataniques…) mais niveau ambiance, on est très loin des films de genre anglais ou italiens. Car il faut bien l’avouer, la principale préoccupation de Joe Sarno est de dévêtir l’ensemble de son casting féminin (et masculin). Si vous êtes amateurs de films où les actrices passent leur temps à se balader à poil sans raison particulière, à s’auto-satisfaire manuellement ou à l’aide d’objet dans un lit voluptueux et à fricoter avec d’autres demoiselles sans qu’un scénario vraiment consistant ne vienne alourdir le propos, alors "Le château des messes noires" devrait vous satisfaire. Les autres, ceux qui aiment frissonner devant les films de la Hammer par exemple, en seront pour leur frais et trouveront certaines séquences d’un ridicule assez flamboyant (les scènes répétitives et lassantes des prêtresses dansant nues lors des fameuses messes noires, le tout sous un rythme de djembé qui parvient à vous rendre presque fou…) et se diront que ce long métrage d’une durée d’1h40 aurait largement gagné à être raccourci d’au moins 30 minutes si ce n’est plus. Parce qu’il n’y a quasiment aucun enjeu dramatique ou réellement passionnant à suivre. Le scénario fait dans le déjà vu et verse dans la facilité des histoires utilisant le folklore local (vampire, réincarnation).



Pourtant, on trouve aussi de bonnes choses dans "Le château des messes noires". Comme par exemple la superbe actrice Ulrike Butz, déesse de la sexploitation allemande, morte tragiquement à l’âge de 46 ans, ayant sombré dans l’enfer de la drogue. La belle se fait d’ailleurs désirer car elle n’apparaîtra nue qu’au bout d’une bonne heure de film, me laissant rêveur devant mon écran tandis que toutes ses autres copines n’en finissent pas se dévêtir à tour de rôle. Heureusement, Joe Sarno a eu la bonne idée d’en faire la « vedette » du film lors du dernier acte, puisque Ulrike va devenir le corps servant à la réincarnation du vampire. La scène finale se déroulant dans la forêt est absolument admirable en termes de poésie gothique et la voir vêtue d’une robe noire ultra sexy et la bouche ensanglantée est une des bénédictions de ce film. On remarquera aussi la jolie blondinette Marie Forsa, peu avare de ses charmes et qui se retrouve dans la majorité des scènes érotiques. La gouvernante satanique, interprétée par Nadia Henkowa, est également attachante de par son physique et son visage particulier, qui convient parfaitement à ce type de personnage.



Egalement connu sous le titre de "Vampire ecstasy" ou "Les vierges des messes noires", ce qui lui convient parfaitement, "Le château des messes noires" est à ranger à côté du "Vampyros Lesbos" de Franco ou du film de Jean Rollin "Le frisson des vampires". Trop long, pas assez rythmé, alignant les scènes érotiques au détriment de l’histoire ou de l’ambiance et possédant un côté « nanar » détonnant, le film de Joe Sarno s’avère assez anecdotique tout en recélant quelques attraits non négligeables, Ulrike Butz en tête. A découvrir pour ne pas mourir idiot mais pas sûr qu’une seconde vision ne s’impose. Le film a dû faire les délices des spectateurs des salles françaises spécialisées à l’époque de sa sortie en juillet 74…


Disponible en dvd chez Artus Films






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