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Depuis des années, Heather Mason et son père n’ont jamais cessé de fuir, échappant à chaque fois de justesse aux mystérieuses forces qui les pourchassent. Arrivée à la veille de ses 18 ans, en proie à de terrifiants cauchemars, Heather doit faire face à la disparition soudaine de son père. Elle va découvrir qu’elle n’est pas celle qu’elle croyait être. Cette révélation va la plonger au plus profond de l’univers démoniaque qui semble vouloir la piéger à Silent Hill pour toujours…



A l'époque de la sortie de l'adaptation de l'un des jeux les plus terrifiants et qui a marqué les esprits de nombreux gamers, on avait reproché à Christophe Gans ("Le pacte des loups") d'avoir fait un "Silent Hill" qui ne faisait absolument pas peur. A défaut de ressentir cette terreur, le film bénéficiait d'une équipe de talent : une direction artistique soignée, des surprises scénaristiques particulièrement bien gérées, et Radha Mitchell ("Pitch Black") qui était épatante en mère désespérée. En s'attaquant à cette suite, qui se rattache au film de Christophe Gans [via des flashbacks, on nous explique comment la «fille» de Rose a pu quitter Silent Hill] finalement malgré la fin poétique et tragique, Michael J.Basset ("La tranchée", "Wilderness", "Solomon Kane") prend un très grosse risque. D'autant plus que c'est lui même qui en écrit le scénario et visiblement au vu du résultat, il n'est pas l'homme adéquat.



Visiblement pensé pour la 3D, argument à la mode pour que les yeux des producteurs s'emplissent de $$, le script se plie donc aux exigences techniques. Les effets de jaillissement sont d’ailleurs légion et il faut reconnaître plutôt efficaces. Gadgétisé à outrance, ce Silent Hill 2, s'apparente à un grand tour de manège. Ne s'y trompant certainement pas, Bassett fait débuter son film par une scène de cauchemar prenant place sur un carrousel, que l'on retrouvera par la suite lors d'une scène clé. Et qui constitue certainement le décor le plus intéressant. Le manque de scènes vraiment angoissantes- si l'on fait exception du passage avec le retentissement de la sirène- est symptomatique du manque de conviction actuelle des concepteurs de certaines adaptations «vidéoludiques» («Resident Evil» qui après un premier opus convaincant sombra corps et âme).



On a aussi du mal à garder son sérieux devant des dialogues aussi bêtes et vides de sens. Il faudra un jour que les concepteurs de la 3D comprennent que cela ne les exonère pas d'un minimum de travail au niveau de la caractérisation des personnages. L'actrice principale, Adelaïde Clemens, est tellement insipide, que faire reposer le film sur ses mésaventures n'arrange pas les choses. Visiblement mal dirigée, elle passe son temps à hurler, crier à gorge déployée. Or, la Terreur naît de certains silences! Visiblement, les leçons de «Silent Hill» n'ont pas été retenues en la matière. Que les amateurs de friandises nanars se rassurent, elle n'est même pas la plus mal lotie. L'ensemble du casting semble s'être égaré dans les brumes de Silent Hill.

La palme du ridicule revenant ex-æquo à inénarrable Malcom McDowell – que l'on attend dans le remake de "Douce nuit, sanglante nuit", et Carrie Anne-Moss ("Matrix") qui sont tellement grimés que ça explique leurs jeux tout en absence de nuances. C'est bien simple, ni les acteurs, ni les quelques créatures que Heather rencontre (à l'exception de Pyramide Head), ne semblent vraiment d'une menace mortelle pour notre héroïne. Comme dans le film de Gans- cette fois- certainement en amont de la production-, il flanque l'actrice principale d'un acolyte masculin, dont l'annonce de l'identité ne nous étonnera guère mais contribue encore plus au ridicule de cet bien étrange objet filmique.



Volonté de toucher un public plus teenager, tout nous est prémâché, histoire que le spectateur puisse tranquillement manger son pop-corn, sans risquer un claquage de cerveau. Il serait tentant (si on est optimiste) de dire que Silent Hill 2 est une erreur de parcours, mais il est plutôt bien représentatif du paysage actuel du cinéma fantastique mainstream, qui ne veut pas choquer et déranger le quidam. Si c'était au moins artistiquement intéressant au lieu de se complaire dans la médiocrité, on pourrait pardonner les approximations ahurissantes que ce second volet accumule.









Silent Hill Gerbolution

Portrait de Lionel Jacquet

1.02

Ne voulant pas être manichéen dans mon commentaire, je dirai juste que le film est affligeant.