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Scott Pilgrim, bassiste dans le groupe de rock Sex Bob-omb, a 22 ans et multiplie les conquêtes. Sa dernière victime est Knives Chau, une lycéenne chinoise de 17 ans, ce qui a le don d’agacer Anna, la grande soeur de Scott, et Kim Pine, batteuse du groupe et accessoirement son ex petite amie, mais de réjouir Stephen The Talent Stills, guitariste et chanteur, et Young Neil, fan du groupe chez qui se déroulent les répétitions. Mais un jour, Scott rencontre Ramona Flowers, jeune fille mystérieuse qui vient de débarquer à Toronto, et va alors tout faire pour sortir avec...ce qui ne sera possible que lorsqu’il aura vaincu les sept ex maléfiques de cette dernière...



Certains se demanderont peut-être pourquoi une comédie comme «Scott Pilgrim vs the World» se retrouve chroniquée ici. J’avoue avoir hésité, partagé entre mon enthousiasme pour le film et le fait qu’il s’agisse principalement d’une comédie romantique. Néanmoins, le film étant bourré d’éléments fantastiques, j’ai pensé qu’il avait largement sa place ici, d’autant que ce n’est pas la première adaptation d’un comics qu’on pourra retrouver sur horreur.com, ni la plus éloignée du genre. Ce brillant argumentaire, qu’on pourrait résumer en «Pourquoi ce film est sur le site ?» «Et pourquoi pas ?», n’aura sans doute pas convaincu les septiques, mais j’avais envie de le faire, et on peut donc maintenant passer à ce qui m’intéresse : le film en lui-même.

Comme évoqué plus haut, «Scott Pilgrim vs the World» est inspiré d’une série de six comics écrite et dessinée par Bryan Lee O’Malley qui décrit principalement la lutte de Scott Pilgrim contre les sept ex de Ramona dont il est tombé fou amoureux. Une histoire que va condenser en un film le réalisateur Edgar Wright, bien connu pour ses «Shaun of the dead» et «Hot Fuzz», deux hommages vibrants aux films de zombies et au films d’action. S’il abandonne ici ses complices Simon Pegg et Nick Frost, il reste dans le domaine de l’hommage en reprenant ici l’univers geek, entre comics et jeu vidéo, avec une très nette préférence pour les jeux vintage 8-bits et 16-bits. Ca tombe bien, j’ai grandi avec ça, et on sent un véritable amour pour cet univers de la part de Wright, qui va truffer son film de clins d’oeil plus ou moins appuyés, dans un parti pris qui risque sans doute de déplaire à certains.



Car «Scott Pilgrim vs the World» pousse le vice jusqu’à imprégner son film de cet univers geek de façon visuelle et sonore, donnant souvent l’impression de se retrouver devant un comics ou un jeu vidéo live, dès les premières secondes en reprenant le logo et le thème Universal façon 8-bits. Autre exemple, lorsqu’un coup est porté, l’onomatopée correspondant apparait, parfois accompagnée de l’indicateur correspondant à la particularité («versus», «reversal», «combo» par exemple) et de l’inévitable voix annonçant le KO, tirée du jeu Street Fighter Alpha 3. De même, des bandeaux de textes apparaissent parfois à l’écran comme dans les comics, ainsi que des effets visuels renforçant la puissance des coups ou appuyant la musique. Mieux encore, certains effets spéciaux renvoient directement aux anciens jeux, donnant des objets pixélisés ! Au niveau sonore également, les renvois sont constants. En plus des voix tirées de jeux vidéo, on retrouve certains bruitages, renvoyant régulièrement à Sonic, Mario, Zelda...Des références que l’on retrouve également dans les dialogues, Scott ayant notamment l’habitude de raconter une anecdote amusante au sujet du nom de Pac-Man, les vêtements au détour notamment d’un T-Shirt Space Invaders, et les noms des différents groupes de musique : Sex Bob-Omb renvoyant à des ennemis de Mario, The Clash at Demonhead et Crash & the boys étant quant à eux des jeux de la console NES. Enfin, c’est dans l’évolution de son héros que le film renvoie encore à l’univers vidéoludique : affrontant divers ennemis au cours de son aventure, Scott récolte des pièces après les avoir vaincus, comme dans les bornes d’arcade, obtient un score et gagne même une vie au bout d’un moment, tout en faisant du level-up et gagnant ainsi en compétences (le détail de celles-ci étant d’ailleurs assez amusant), lui permettant d’abattre un ennemi qui était jusque là trop costaud pour lui. Bref, un pur univers geek multipliant les références et les clins d’oeil.

Mais s’il n’était qu’une juxtaposition de mise en avant de cette culture, le film serait sans doute rapidement lassant. Mais, grâce à un humour constant et à des personnages hauts en couleur, ce n’est absolument pas le cas, certains passages se révélant véritablement hilarants (le gag récurrent consistant à faire aller Scott aux toilettes pour éviter les situations gênantes débouche sur une superbe réplique, ou encore le colocataire de Scott prétendant que ce dernier est sorti) et certaines trouvailles visuelles particulièrement réjouissantes, notamment lors des passages où les groupes de musiques jouent. Car la musique a une immense importance dans le film, le groupe Sex Bob-Omb tentant de percer sur la scène de Toronto et étant ainsi contraint de concourir dans des battles ou d’apparaître dans la première partie d’un autre groupe pour obtenir un contrat du célèbre G-Man Graves. Là encore, Edgar Wright s’en donne à coeur joie visuellement, multipliant les effets visuels et les split-screen, et les musiques sont particulièrement entraînantes. J’ai personnellement une préférence pour le Threshold de Sex Bob-Omb ou pour la reprise de Envy Adams de Black Sheep de Metric. On notera par ailleurs que le film contient plusieurs références aux Smashing Pumpkins.



Du côté des personnages, la galerie est vraiment complète. Si Scott Pilgrim, incarné par Michael Cera, est au centre du film, les autres rôles sont bien souvent énormes également. Entre Ramona Flowers (Mary Elizabeth Winstead, déjà vue dans "Destination Finale 3" ou "Boulevard de la mort"), l’objet de toute l’affection de Scott, jeune fille mystérieuse changeant de couleur de cheveux tous les dix jours, Kim Pine, ex petite amie du jeune garçon au caractère particulièrement cynique, Knives Chau, jeune chinoise découvrant l’amour et ses déceptions avec Scott et fan perturbée de Sex Bob-Omb et Envy Adams, chanteuse du groupe Clash at the Demonheads et également ex petite amie de Scott, ce sont surtout les personnages féminins qui sont mis en avant, même si Wallace (Kieran Culkin, le frêre de Macaulay), colocataire gay de Scott et le jeune Neil (Johnny Simmons, apparu dans le film que Stéphane Erbisti continue de défendre bec et ongles : "Jennifer’s Body"...à quand un «Stéphane Erbisti vs the World» pour conquérir le coeur de Megan Fox ? ^^) ont également des passages remarquables.

Mais les véritables stars du film, ce sont les ex de Ramona : Matthew Patel, sorti tout droit de Bollywood et qui possède des pouvoirs mystiques ; Lucas Lee (Chris Evans, notamment vu dans "Sunshine" ou "Les Quatre Fantastiques", et qui incarnera bientôt le "Captain America"), skateboarder professionnel devenu star du film d’action, toujours accompagné de ses doublures ; Todd Ingram (Brandon Routh, le Clark Kent de "Superman Returns"), bassiste de The Clash at Demonhead disposant de pouvoirs psychiques grâce au végétalisme (le rapprochant, quand il utilise ses pouvoirs, des Super Saiyens de Dragon Ball) ; Roxy Richter, ex féminine de Ramona qui l’affrontera dans un combat sorti tout droit de SoulCalibur ; les jumeaux Katayanagi, stars de la musique électronique qui se dresseront sur la route des Sex Bob-Ombs pendant une battle mémorable ; et enfin Gideon Gordon Grave, chef de la Ligue des Ex Maléfiques et propriétaires du Chaos Theater. Chacun de ces personnages ayant une attitude très particulière sera une des grandes attraction du film, donnant lieu à des affrontements parfois brefs mais souvent très drôles et spectaculaires.



Véritable film de geek, fait par un geek pour les geeks, «Scott Pilgrim vs the World» propose deux heures de délires visuels et sonores, multiplie les références aux jeux vidéo, aux comics, et à d’autres supports, les tournant parfois en dérision (Wright s’amusant notamment aux dépens de Bollywood et des sitcoms) mais en leur déclarant souvent un amour inconsidéré. Le tout autour de personnages réjouissants et d’une histoire romantique cocasse, sans aucun temps mort, donnant un véritable bol d’air frais. En allant aussi loin dans son optique, le film divisera sans doute, mais personnellement, j’ai accroché à 100% comme rarement j’ai accroché à un film ces dernières années...