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Une compagnie pharmaceutique se rend sur une île tropicale afin de trouver une plante somnifère. Arrivés sur place, ils rencontrent les indigènes et découvrent leur superstition pour un Dieu particulier: le singe gigantesque Kong. Pendant ce temps, un sous-marin découvre Godzilla dérivant dans sa prison de glace. Ce dernier s'en évade rapidement, et bientôt Tokyo devient le théâtre de l'affrontement entre les deux monstres...



Lorsque "Godzilla" voit le jour en 1954, c’est sans doute en grande partie grâce à "King Kong". Le film venait en effet de ressortir au Japon, ce qui aurait donné à Ishirô Honda l’envie de créer son propre monstre. Dès lors, quoi de plus alléchant que de faire combattre les deux créatures ? Les japonais de la Toho rachètent donc le personnage du gorille géant à la RKO et, pour le troisième film mettant en scène chacune des icônes ("King Kong" et "Son of Kong" pour le singe, "Godzilla" et "Le Retour de Godzilla" pour le monstre atomique), imaginent une rencontre au sommet. Et, afin que le combat soit plus équitable, multiplient par cinq la taille de Kong, qui après l’animation image par image goutera ici aux joies du suit motion.



Pendant toute la durée du film, Honda semble régulièrement hésiter entre une ambiance sérieuse ou au contraire totalement décomplexée, les deux aspects se succédant tout au long du métrage. Ainsi, le réalisateur japonais s'applique t'il par le biais de certaines scènes à rendre hommage directement au film de 1933: les indigènes sur l'île, Kong au sommet d'un immeuble, et même l'enlèvement d'une jeune femme. La première scène de monstre sur l'île, avec l'attaque d'un poulpe géant, est elle aussi remarquable, même si les effets spéciaux y apparaissent un peu surannés (on aperçoit par exemple les ombres se reflétant sur l'écran diffusant les images du monstre). Mais à côté de ça, Honda fait apparaître des éléments humoristiques assez fréquents. Les scientifiques obtiendront par exemple la confiance des indigènes en leur donnant des cigarettes ! Passage amusant également, celle de la retraite des chars après avoir constaté leur impuissance face à Godzilla. Mais la palme revient aux réactions de Kong, à ses mimiques et réactions quand il s'endort ou que sa fourrure prend feu. Un grand moment de bonne humeur ! Enfin, le combat final entre les deux monstres prend des proportions incroyables, là encore mêlant amusement et sérieux, le temps pour le reptile et le singe de s'affronter dans un épique combat de catch sur les pentes du mont Fuji.

Ce côté peu sérieux se retrouve également dans certaines idées, donnant au film une véritable aura "nanardesque". Ainsi, on retiendra surtout une scène culte de la série : le transport de Kong au moyen de ballons d'hélium ! Une scène incroyable, d'autant que les personnages s'autocongratulent de cette idée. Le film brise également quelque peu la continuité de la série, en montrant un Godzilla effrayé et très vulnérable à l'électricité, alors qu'il détruisait allégrement les lignes à hautes tensions jusque là. Cette faiblesse a pour but principal de renforcer King Kong, puisque celui-ci absorbe le courant pour devenir plus puissant...Les personnages ne remontent pas forcément le niveau, prenant des décisions incroyables, ayant des idées farfelues et un sens des priorités particulier (comme essayer de garder Kong en vie plutôt que de le tuer quand ils en ont l'occasion, alors même que le Japon est déja menacé par Godzilla...).



Au niveau effets spéciaux, le film est un peu moins convaincant que "Le Retour de Godzilla". Si le monstre atomique jouit d'une gueule et d'un costume de plus en plus crédible, il est loin d'en être de même pour son adversaire simiesque. Sans aucune mesure avec son alter-ego de 1933, Kong a ici un visage particulièrement moche et ridicule, d'autant qu'il ne dispose que d'une expression faciale. Pour tenter de faire s'exprimer Kong, l'acteur sous le costume doit donc utiliser des gestes...Et Shoichi Hirose, le dit-acteur, a tendance à en faire des caisses, voire même des entrepôts entiers de caisses, donnant ce résultat si amusant lors de nombreuses scènes du singe roi. Toujours niveau effets spéciaux, on aura cette fois moins le loisir d'assister à des destructions de villes. En effet, l'action se déroule essentiellement en pleine campagne, pour se finir sur le mont Fuji. Peu de maquettes donc, contrairement aux deux films précédents.

King Kong vs Godzilla est donc le premier film de la série à oublier un peu le côté sombre et à insérer des éléments plus légers, ce qui est également renforcé par le fait d'avoir été tourné en couleurs, contrairement aux deux premiers de la série. Toutefois, Ishirô Honda n'oublie pas dans certaines scènes son talent pour la réalisation, et le film qui en résulte est donc assez particulier, entre scènes fort réussies et scènes plus risibles.



SPOILER

Pour finir, je vais simplement évoquer le semblant de polémique entourant la fin du métrage. Selon certains, la version américaine poussait le vice jusqu'à faire gagner Kong plutôt que Godzilla. Il semblerait que ce ne soit une légende urbaine utilisant le fantasme des grands méchants monteurs américains, puisque la fin du métrage japonais montre clairement Kong s'éloigner à la nage, tandis que Godzilla ne réapparaît pas. L'hypothèse de la victoire de Kong dès la version japonaise est d'autant plus probable qu'il s'agit du Kong "japonais" (donc, aucun intérêt de ne pas le faire gagner), et qu'à l'époque, Godzilla étant perçu et représenté comme une menace, les films tendent à le mettre hors de nuire à la fin...

FIN SPOILER