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Envoyé vers Mars à bord d’une fusée après sa première attaque, Gamera parvient néanmoins à revenir sur Terre lorsqu’une météorite détruit l’appareil. Pendant qu’il se remet à la recherche d’énergie et s’attaque donc de nouveau aux centrales japonaises, un groupe de voyageurs s’empare d’une opale qui se révèle finalement être l’oeuf d’une autre créature, Barugon, qui semble être inarrêtable et vainc même facilement la tortue géante lors d’un premier affrontement. Dès lors, les autorités japonaises tenteront d’anéantir cette nouvelle menace, mais il semble bien que leur seul espoir réside dans le monstre qu’elles avaient désespérement tenté de détruire quelques mois auparavant...



Un an après sa naissance, Gamera nous revient déjà, en couleurs cette fois, pour cette première suite dans laquelle la tortue va pratiquement se retrouver releguée au rang de guest-star tant elle sera absente de l’écran. En effet, le film va largement se concentrer sur le groupe de trois personnages à la recherche d’une opale sur une île lointaine ainsi que sur la nouvelle créature, Barugon, qui occupera le devant de la scène pendant toute la seconde moitié du film. Si vous êtes amateur de kaiju eiga, le nom de cette nouvelle créature vous en rappellera sans doute un autre : celui de Baragon, apparu pour la première fois l’année précédente dans «Frankenstein conquers the world» de la Toho. Difficile d’y voir une coincidence, d’autant que les deux monstres ont une particularité physique commune, celle d’avoir une corne au bout du museau. La ressemblance s’arrête cependant là, Barugon étant, à l’exception de son nom et de cette corne, très différent de Baragon. Ressemblant à un mélange de lézard et de crocodile, se déplaçant à quatre pattes, Barugon dispose de pouvoirs étonnants : avec sa langue, se déroulant telle celle d’un caméléon, il est capable de geler tout ce sur quoi il souffle. Et surtout, plus déroutant encore, il peut émettre avec son dos un rayon extrêmement puissant à l’apparence d’arc en ciel, une arme qui permet de fêter à sa façon le passage de la saga à la couleur.



Une nouvelle créature qui va rapidement défaire Gamera en le congelant, et va donc le remplacer dans la plupart des scènes de destructions et de lutte contre l’armée, tout le monde voulant faire la peau à la pauvre bête qui a d’ailleurs des gouts de luxe puisqu’on ne peut l’attirer qu’avec d’énormes diamants. La tortue n’apparaîtra donc que furtivement au début, puis pour se faire fracasser par son adversaire, avant qu’enfin, dans les dernières minutes, le duel promis par le titre du film ne se déroule enfin, avec un combat particulièrement violent, Barugon finissant même par baigner dans son propre sang ! On regrettera néanmoins le faible budget et donc le côté très fauché des costumes de monstres ou des maquettes, donnant un aspect un peu ridicule à quelques scènes et atténuant énormément la dramatique de certains passages. Face à ces menaces l’armée va une nouvelle fois être mise à rude épreuve, et va multiplier les plans loufoques en tentant d’exploiter les faiblesses, pas non plus très intelligentes, de Barugon, la créature craignant principalement deux choses : l’eau (on tentera donc de la ralentir en faisant pleuvoir !) et son propre rayon arc-en-ciel (qu’on essaiera de lui renvoyer grâce à un immense miroir !).



Si la seconde partie du film se concentre sur ces monstres, la première partie a quant à elle des airs de films d’aventure, en montrant les péripéties d’un trio à la recherche d’une pierre précieuse cachée dans une grotte perdue au milieu de la jungle. On y retrouvera ainsi la tribu indigène proche de l’Age de Pierre, des marécages, des serpents...Et quand enfin l’énorme opale est retrouvée, l’appat du gain est le plus fort et l’un des aventuriers trahit les deux autres avant de s’enfuir. Ce qu’il ne sait pas, mais dont le spectateur éclairé se doute, c’est que ladite opale est tout simplement l’oeuf contenant Barugon, qui finira par éclore après avoir été nonchalemment laissé sous une lampe à infra-rouges par son détenteur parti jouer au poker ! Bref, toute la partie «aventure» aboutit à cette éclosion, mais aussi à un fil conducteur concernant l’avidité du voleur, ce qui finira par causer sa perte. Gamera vs Barugon passe ainsi plus de temps à s’occuper des péripéties de ses héros humains que de ses créatures, ce qu’on pourra regretter d’autant que cette histoire de trahison n’est pas des plus intéressantes.



Néanmoins, le sujet étant assez adulte, il amène une excellente surprise : l’absence totale d’enfant ! En effet, alors que la saga présentera presque à chaque film, surtout dans les années 70, Gamera comme l’amie des enfants qu’elle défend, la tortue reste ici perçue comme une menace qui sera seulement divertie par la présence d’une autre créature. Même si les adultes ont parfois dans le film des comportements un peu ridicules, on se satisfera de cette absence, surtout quand on voit ce que donneront certains autres films de la saga dans les années suivantes.

Deuxième film de la saga, Gamera vs Barugon est donc une surprise plutôt agréable, l’absence du côté enfantin inhérent aux films mettant en scène la tortue géante compensant la frustration entraînée par l’absence régulière de monstre à l’écran, le film mettant davantage l’accent sur cette histoire de trésor et de trahisons. Souffrant de façon assez flagrante de son manque de budget, il permet néanmoins d’assister à un combat plutôt violent, très sanglant, le pauvre nouveau venu Barugon se faisant salement amocher pendant la dernière partie.








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