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De nos jours, Jack apprend par téléphone une mauvaise nouvelle concernant son père, M. O’Brien, c’est alors qu’il repense à son enfance dans le Texas des années 1950 où, adolescent, il se heurtait non sans mal à l'éducation autoritaire de son géniteur. Il se remémore aussi l’épisode tragique que lui et sa famille ont alors traversé : la mort de son frère cadet. Il se souvient alors de cette époque, des jeux avec ses frangins avec ou sans le chien, de sa mère attentionnée et aimante et de l’exigence d’un patriarche malgré tout sensible…



Rares sont les films qui me laissent aussi perplexe à la suite de leur visionnage. Celui-ci en fait partie car il me fait voguer entre deux eaux : à la lisière du chef-d’œuvre absolu et du « foutage de gueule bordélique pseudo intello ». Je mets quelle note ? Le maximum possible ou un bon zéro pointé ? Franchement je ne sais pas, je pense que je vais couper la poire en deux et lui mettre juste la moyenne. Mais pourquoi de telles tergiversations de ma part et ce, dès le début de ma critique ? Eh bien tout simplement parce qu’il faut s’accrocher aux accoudoirs de son sofa avant d’aborder ce long-métrage (c’est le cas de le dire puisse qu’il dure environ la bagatelle de 2h20 !). Il s’agit là d’un véritable voyage onirique sur les rails des plus grandes montagnes russes qui soient tellement la palette des émotions traversées et les images contemplées sont légion et diverses au possible. Mais surtout sont évoqués tellement de thèmes que ça donne le tournis et qu’il faut être préparé psychologiquement en amont pour pouvoir y faire face et éviter une surcharge cognitive indigeste. Sont ainsi brassés pêle-mêle : la création du monde, l'âge adulte, les limbes, l’existence de Dieu, la foi, l’amour, la naissance, la vie, la mort et son acceptation ! Rien que ça ma bonne dame, et encore je suis hyper synthétique et certaines vues de l’esprit m’ont sûrement échappé !

The Tree of Life commence avec une famille en état de choc, dans le Texas des années 50 où Monsieur et Madame O’Brien et deux de leurs fils (Jack l’aîné et Steve, le benjamin) viennent de perdre l'un des leurs (le fils cadet) et font leur deuil chacun de leur côté puis ensemble. Peu de temps après, a priori à notre époque, on suit un Jack adulte, vieilli, qui occupe visiblement un poste important dans une grande ville froide où les buildings semblent constituer l’unique paysage alentour. Il repense à son enfance, vraisemblablement à cause d’un événement récent relatif à son père. Et c'est là que je me suis perdu ou du moins que The Tree of Life m’a largué pendant quelques temps. On assiste à partir d’ici à un déferlement d’images et de plans dignes des plus beaux moments de la chaîne National Geographic. C’est visuellement très impressionnant et magnifique, mais qu’est-ce que ça vient faire là ? On se retrouve ainsi au sein d’un volcan où le magma bouillonne, puis dans l’océan, évoluant en compagnie de requins, en passant par le ciel, l’espace et ses myriades d’étoiles, on découvre la Terre de très près comme de très loin en voyageant à travers la galaxie, au beau milieu du cosmos et on finit par rencontrer des dinosaures !? Entre deux belles images, les membres de la famille O’Brien viennent chuchoter des phrases sibyllines sur la vie, la mort, l’amour, les regrets, le pardon, blablabla, blablabla. Sublime mais pénible et ça durera vingt bonnes minutes ! Puis, on ne sait pourquoi, Malick décide de revenir à un film « normal », dans ce qui s’avérera, du moins pour moi, la meilleure partie du métrage. On peut ainsi y voir déambuler Brad Pitt en patriarche autoritaire et parfois violent qui a du mal à communiquer son amour à ses enfants, puis la maman douce, aimante. C’est donc l’opposition entre la fermeté et la gentillesse, la domination et la docilité qui fait d’ailleurs écho à l’obscur passage entre les deux dinosaures, montrant ainsi que ce rapport de force se retrouve partout dans la nature !? On peut aussi voir dans cette partie l’enfance de Jack avec ses frères, ses rapports différents avec ses parents et finalement son passage de l'enfance à l'âge adulte. On surprend ainsi Jack en train de faire des choix cornéliens et flirter entre le Bien et le Mal, s’amuser, pleurer, détester son père tout en lui faisant des accolades. Vraiment très accrocheur.

Après avoir parlé du visuel complètement hallucinant mais parfaitement rébarbatif du film, je me dois de disserter sur le casting. Tous les acteurs sans exception sont très bons, à commencer par Brad Pitt, pour moi le meilleur acteur du métrage. Il joue ici un père de famille très strict, obsédé par ses principes et la réussite. Alors qu’il semble les aimer plus que tout, il se comporte avec ses enfants de manière très froide et parfois fait preuve de violence envers eux (cf. la scène mémorable où l’un de ses fils lui répond à table et qu'il pète complètement les plombs). Puis, à la suite du drame familial que chacun connaît, le personnage souffre atrocement, doute profondément (quant à Dieu, cela va de soit !) et semble gagner en douceur. En un mot : poignant. A ses côtés, Jessica Chastain apporte une extrême tendresse dans cette « famille d’hommes » et s’en sort avec les honneurs, il faut dire aussi qu’elle est magnifique, ça aide ! Hunter McCracken, l’ado qui interprète Jack, est vraiment remarquable. Doté d’un charisme étonnant pour son âge, il campe magnifiquement l’adolescent tiraillé entre l’amour inconditionnel d’une mère dévouée et la rigueur teintée de respect envers un père tyrannique mais malgré tout aimant. Bref, du côté de la distribution c'est du costaud, avec en prime un Sean Penn en retrait mais émouvant quand il le faut. N’oublions pas non plus de parler de la bande originale du film. Signée Alexandre Desplat, celle-ci est brillante et peut franchement faire vibrer tant elle s’accorde parfaitement avec la voix off et à l'environnement sonore que ce soit les bruits du quotidien ou ceux de la nature. Notons aussi que le reste du score est composé de requiem et autres symphonies célèbres, dont ceux de Berlioz, Malher, Bach ou encore Brahms. Là encore, du très lourd !

Et puis, c’est là que le bât blesse pour moi, encore plus que pour l’overdose d’images à la Discovery Channel, The Tree of Life est ouvert à toutes les interprétations, trop. Certes, c’est un film sur la religion, mais impossible de savoir vraiment ce qu’en pense Malick, tant son bébé semble confus et est parasité par un ensemble de thèmes par trop singuliers. C’est à la fois métaphysique mais ne raconte rien et tout à la fois si bien qu’il devient très ardu de percevoir le véritable message du film. Faut-il louer Dieu, croire encore en lui après la perte inadmissible d’un être cher ? Est-il encore vivant puisqu’à la fin du métrage tout (Paradis, limbes, Enfers) semble confondu et ne faire qu’un ? La vie a-t-elle un sens ? Faut-il aimer son prochain ? Pourquoi le monde a-t-il été crée ? Par qui ? Faut-il avoir la foi et ce, sous n’importe quelle forme ? Croire en l’amour comme clé de tout ? Qu’il soit maternel ou paternel ? Faut-il porter des slips ou des caleçons ? (LOL). Bref, trop, mais alors vraiment trop de questions émergent au visionnage de ce film, que c’en devient too much pour mon petit cerveau. Ainsi, tout comme Stanley Kubrick en son temps avec "2001 l'odyssée de l'espace" auquel on le compare souvent (trop d’ailleurs), Terrence Malick est un incompris qui sera peut-être glorifié un jour, quand il nous aura éclairé sur son œuvre, en attendant, il faut faire avec ou sans…

The Tree of Life est incontestablement un film monumental, réalisé avec un souci du détail et une virtuosité tels qu’il ne peut que faire réagir les cinéphiles, surtout les esthètes. Cependant, il faut s’accrocher à sa thermos de café car le dernier Malick requiert une bonne dose de détermination pour aller jusqu'au bout. C’est hyper contemplatif, souvent difficilement regardable à cause de sa lenteur et de ses longueurs extrêmes. Reste un score approprié, des acteurs aux petits oignons, de superbes plans et quelques beaux passages dont celui sur l'enfance de Jack, mais rien qui puisse vraiment tirer le long-métrage de Terrence Malick vers les sommets auxquels il se prédestinait via sa Palme d’or. En toute honnêteté, j’aurais bien du mal à vous expliquer clairement ce que le réalisateur a voulu dire, mais le sait-il lui-même ? Quoi qu’il en soit et malgré tout ça, je conseille à tout le monde de le voir pour se forger sa propre opinion. Ainsi soit-il !






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