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Vétéran de la guerre de sécession, John Carter, qui ne se soucie guerre de ce conflit, se retrouve, au détour d'une découverte, propulsé sur la planète Mars. Celle-ci dénommée Barsoom par les autochtones est en plein conflit entre les cités d'Hélium et de Zodanga. Dans un monde où la guerre (comme sur la planète Terre) fait rage, John Carter va devoir choisir sa place ou préférer rester en dehors de ce nouveau conflit...



Plus connu pour son personnage de «Tarzan» maintes et maintes fois adapté sur le petit et le grand écran, Edgar Rice Burroughs (1875-1950) est un véritable précurseur de la littérature de science-fiction, à la manière d'un Jules Verne, sauf que chez Burroughs le côté fantasy l'emporte largement sur un éventuel postulat scientifique. Sans le savoir, il contribue à la naissance de la culture pulp où ses romans de ce que l'on nomme dorénavant Le cycle de Mars furent mis à la disposition d'un public assez large. Pour le film qui nous concerne plus précisément ici, le personnage de John Carter est né sous la plume de l'écrivain en 1911/1912. Si le point de départ se veut historique et nous entraîne dans les plaines de l'ouest (tout un monde à conquérir alors), on bascule très vite dans un autre univers, celui des planètes et des étoiles. Bien des décennies avant le «Stargate» de Roland Emmerich, le personnage de John Carter a réussi à aller sur une autre planète, ce qui fait de l'univers créé par Burroughs un avant-gardiste!




Il en aura fallu du temps pour qu'un projet sérieux sur l'un des cycles fondateurs de la science-fiction (avec Fondationd'Isaac Asimov) soit enfin envisagé [on oubliera volontiers les opportunistes d'Asylum – avec Traci Lords-qui ne perdent pas de temps pour surfer sur de potentiels succès]. Pour convaincre les producteurs de mettre l'argent à la poche, c'est un des spécialistes du film d'animation, Andrew Stanton («Le monde de Nemo», «Wall-E») qui va, par sa passion pour cet univers, décrocher le jackpot et convaincre Disney de débourser 250 millions de $, une somme rarissime de nos jours, mais qui permet d'éviter les couacs concernant les effets spéciaux du «Choc des Titans 2010». Autre luxe qui n'est pas donné à tout le monde, le temps imparti entre le début du tournage (janvier 2010) et la sortie ciné du film (mars 2012).




Pour présenter ce riche univers, il faut à ce film, que d'aucuns comparent à la saga «Star Wars», une certaine durée (près de 2h20) que le spectateur ne verra pas passer tellement il foisonne de détails qui font plaisir à voir. Tourné dans des décors naturels, nous évitant ainsi les tournages devant les fonds bleus ou verts, on ressent vraiment une immersion et un sens de l'aventure. Notons aussi l’apport de la musique de Michael Giacchino («Star Trek 2009», «Mission: Impossible- Protocole fantôme») qui, sans faire dans l'excès, nous rejoue des petits airs de «Lawrence d'Arabie» lorsque nos protagonistes sont en route sur le sol aride de Mars. Les critiques sur l'aspect naïf de l'histoire, peuvent être balayées d'un revers de main car on y retrouve pas mal d'éléments de la saga de Georges Lucas, qui, on le constate, a dû s'inspirer de beaucoup d'éléments du Cycle de Mars, à commencer par la princesse rebelle, et difficile de ne pas faire un parallélisme entre la princesse Leia et la princesse Dejah Thoris, prêtes à en découdre tout en tombant dans les bras de leur sauveur.

Si l'une des espèces vivantes sur la planète sous forme clanique, les Tharks (créatures de près de 3 mètres de haut), est finalisée numériquement, on peut remercier l'équipe du film d'avoir su faire appel à de véritables acteurs comme le talentueux Willem Dafoe («eXistenZ»«Antichrist») dans la peau du chef des Tars. Ce qui fait que cette peuplade se trouve dotée d'une forte personnalité et qu'ils ne sont pas des simples clones les uns des autres (sans remuer le côté dans la plaie, George Lucas prends-en de la graine!!).


Certes, les plus pointilleux lui reprocheront d'être du déjà vu, mais ce serait oublier l'antériorité de John Carter, et ce n'est pas parce que son univers a été en partie plagié qu'il faut lui trouver des griefs qui n'ont pas lieux d'être. On appréciera quelques scènes anthologiques (l'arène, l'assaut final, d'étranges créatures se disant servir la déesse Issus). Une fois rentré dans le film – après un début un peu qui peut déboussoler et laisser de marbre-et, même si cela manque parfois de souffle épique (la musique n'est pas toujours à la hauteur des scènes qu'elle illustre), on en ressort les yeux remplis d'étoile et de merveilleux, regrettant de ne pas avoir 12 ans pour en faire forcément son film de chevet. Avec John Carter, Disney renoue avec le merveilleux pour ceux ayant gardé leur âme d'enfant. En espérant que le film connaisse un succès à la hauteur de son dépaysement (ce qui n'est pas gagné d'avance), car on attend maintenant avec impatience la suite et le début d'une nouvelle saga de science-fiction.

PS: la reconversion en 3D est encore une fois inutile








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