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Izumi est mariée à un célèbre romancier mais sa vie maritale semble bien morne. Elle passe ses journées à préparer la maison pour le retour de son époux. Mais un jour, elle décide de franchir le cap de ses désirs et passe de simples poses de photos à l'amour avec des étrangers puis à la prostitution...



C'est donc une sorte de descente vers les ténèbres, représentée par Mitsuko- en tant que guide de cet enfer- que nous raconte le cinéaste Sono Sion ("Suicide club", "Cold Fish"). Quitte à troubler le spectateur car le fil narratif n'est pas des plus limpides de prime abord, puisque ça oscille entre scènes de meurtres véritablement glauques à l'histoire d'Izumi à proprement parler. Rassurons tout le monde, car les scènes policières trouveront toute leur force dans les dernières scènes. Ce qui démontre un véritable talent narratif qui arrive à marier les genres. Même les personnages, dans leurs perversions, ont ce côté désarticulé, riant à gorges déployées comme s'ils n'étaient que des pantins d'un destin auxquels ils ne seraient guère dupes.

Le château de Kafka sert aussi de référence mythique et littéraire pour trouver on ne sait quoi. Le salut peut-être ? Jamais assommant de manière lourdingue, son caractère littéraire (la division en chapitres n'est pas innocente), ce film qui date déjà d’un peu plus d'un an, s'est fait remarqué dans de nombreux festivals (raflant moult récompenses à Sitges en 2011), et a même fait un tour du côté de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes. Véritablement admirable, le cinéma asiatique arrive à surprendre et démontre que les films venant du Pays su soleil levant se moquent finalement des clichés. Car Guilty of romance est un bric à brac de genres : le thriller, l'étude sociétale, l'érotisme à la limite du porno, mais contenant aussi des scènes romantiques bien loin des niaiseries Hollywoodiennes.



En suivant ainsi le parcours d'Izumi au fur et à mesure de son parcours initiatique finalement (Cf. son journal intime qu'elle dit qu'elle arrêtera lorsqu'elle aura trouvé son but), on s'attache de très près à cette femme, qui apparaît si fragile. Le film se révélant finalement féministe car ce sont elles, les femmes, qui mènent la danse, et même le jeu sexuel, à l'exception d'un passage où Izumi est empêchée de bouger par son partenaire sexuel du moment, mais elle en tirera une expérience qui lui sera profitable par la suite. Elle sera initiée par un professeur d'université femme, qui a un double visage…


Très bien travaillé sur le plan de l'esthétisme, les couleurs flashy font penser à l'univers « giallesque » d'un Mario bava, notamment lors de ces magnifiques plans de la découverte des cadavres, en partie composés de cadavres et de mannequins. Ces images glauques contrairement à un «Seven» baignent dans une ambiance colorée qui fait ressembler les scènes de crimes à des scènes de théâtre. Un côté un peu décalé qu'on retrouve dans l'ensemble du long-métrage, avec des personnages hauts en couleur. Parmi eux, la mère de Mitsuko, totalement autre qui lors d'une consommation de thé avec sa fille et ses amis, aborde frontalement le sujet de la prostitution de sa fille (à base de vacheries verbales) mais cela traduit un malaise bien profond qui renvoie à l'enfance. Et où revient en leitmotiv, la liaison perverse entre la fille et le père.



Guilty of romance a de fortes chances de garder (hélas) un certain anonymat, mais peu importe, car rares sont les films qui nous poursuivent longtemps après la séance. Ce film est de cet acabit là et nous poursuit de ses richesses thématiques. Car, ça va au-delà de la provocation et des scènes de sexe qui finalement n'apparaissent pas gratuites. Il nous apparaît comme le miroir d'une société nippone qui se recherche (entre tradition et émancipation féminine).









Du même réalisateur :

SUICIDE CLUB
COLD FISH