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Cédric Dupuis, rêvant de célébrité, décide de réaliser le plus grand film d'horreur de tous les temps avec ses amis, mais découvrant à ses dépens les joies d'un tournage et d'une équipe non professionnelle, il va dans un excès de colère tuer sa compagne Aline. Suite à ce meurtre, il se rend rapidement compte que désormais il n'a plus d'autre solution que de réaliser son propre making off, et va décider d'exécuter toute son équipe, mais en justifiant ses meurtres par la construction scénaristique d'un film (fil conducteur, guest star, rebondissement...)...



Après deux crises d'épilepsie, huit cachets blancs contenant du paracétamol pour calmer une migraine à décorner un moineau, je peux enfin vous parler de Making Off le film du bientôt célèbre Cédric Dupuis.

Quand on n’a pas de thune et pas d'idée, il y a une recette magique : le “found footage” (qui se traduirait vaguement par « séquences/images trouvées »). C'est simple, il suffit d'avoir un caméscope, un cadreur de préférence atteint de parkinson ou d'épilepsie, on lui fout un bon coup de grolle dans le fondement, et hop, c'est parti pour le nouveau “Projet Blair Witch” !
D'une manière générale, c'est un style de film plutôt cache misère, qui permet de dissimuler toutes sortes de manques (d'argent, d'idée, voire d'alcool quand les mains du cadreur se mettent à trembler).

Toutefois, relâchez-vous un peu le rectum, Making Off est loin d'être mauvais. En fait c'est même plutôt inattendu.



Néanmoins, si vous êtes sujet à l'épilepsie, au mal de mer, ou autre « mal-du-mouvement » je vous déconseille très fortement la vision du film, car la caméra est parfois assez malmenée. Je déconseille aussi la vision du film à tous ceux qui ont de la purée ou de l'aligot à la place de la matière grise – et à lire les commentaires sur certains site, il semble qu'ils sont nombreux.

On va pas se toucher la nouille trois heures, et tourner autour du pot, Making Off ne sera pas primé aux Oscars. En revanche, quelle superbe performance de l'acteur Olivier Bureau (qui joue le rôle du réalisateur Cédric Dupuis, qui existe vraiment puisque c'est lui le réalisateur du vrai film, pas du film dans le film !). Si les autres interprètes sont anecdotiques, voire parfois un peu limite, Olivier Bureau élève le métrage. Même s’il est parfois sur le fil du rasoir de la crédibilité, l'acteur nous gratifie d'un véritable one man show.



Cédric Dupuis (le vrai) a vraiment touché quelque chose avec Making Off, et ce n’est pas sa quéquette ! Il met le doigt sur quelques vérités pas toujours reluisantes du « cinéma ». Rien que pour ces quelques œillades bien senties, Making Off vaut le coup d’œil.

Certes, le film ne respire pas la grosse production, et le manque de tout se fait ressentir (voir plus haut), mais pas le manque de talent, ni d'idées. Jouons au jeu de la comparaison miteuse, puisque cela semble être une nécessité médiatique. Dont acte (Note au producteur : c'est ici qu'il faut faire copier+coller) : Making Off c'est une gueule de bois avec Michel Muller et Michael Myers : c'est con, irrévérencieux, et ça finit dans un bain de sang.

Je ne sais pas vous, mais moi, la connerie j'adore ça !



Franchement, ça fait du bien de voir un film de genre français indépendant qui n'hésite pas à mettre les mains dedans bien profond. Making Off ne se prend pas au sérieux ; grand bien lui en fasse !

Merci à eux, d'avoir fait, non pas un film parfait, mais un film avec le cœur, les couilles et les tripes. C'est ça le vrai cinéma ! Encore une preuve que l'on peut faire de (très) bonnes choses avec peu de moyens et beaucoup de conviction.









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