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Cinq amis décident de passer quelques jours dans une cabane isolée. Leur séjour ne sera pas de tout repos, pendant qu'au sein d'un laboratoire, leurs faits et gestes sont épiés…



Si La cabane dans les bois se veut plus intelligent que les films d'horreur lambda, il inscrit ses pas de prime abord dans tout ce que le genre connaît de clichés: la blonde, la séparation du groupe d'adolescents, l'idiot de service...C'est avec comme véritable motivation de déstructurer les codes de l'épouvante que Joss Whedon («Buffy contre les vampires-la série», «Angel», «Dollhouse», «Serenity», «Avengers») se lance dans l'écriture d'un scénario ultra référencé. On pense en tête à «Evil Dead» dont plusieurs scènes (lorsqu’un des personnages réveille par une incantation les zombies) servent de source d'inspiration. C'est peut-être un des problèmes du script. De tenter de parodier un film qui maniait déjà l'ironie en le poussant plus loin n'était-il pas risqué ?



Car cette nouvelle aventure dans une cabane perdue dans des bois fait preuve d'un certain cynisme déplaisant et même irrespectueux envers les films d'horreur. Les exemples ne manquent pas, ne serait-ce que par la scène incluant une expérience au Japon à base de fantômes post «Ring». La situation est paradoxale : alors que l'humour assez présent via le personnage de Marty fait mouche à tous les coups et donc touche le spectateur, il apparaît comme finalement déplacé et montrant que la situation de comique/décalage par rapport à la réalité ne fonctionne pas si bien que ça. Les scènes avec les laborantins constituent aussi un bon moment de détente. Mais pas tant que ça compte tenu du reste de l'histoire qui nous est vendu par le hype du moment comme la relève du film d'horreur.

Mais on a beau dire, en leurs temps, les films ultra référentiels de Messieurs Craven («Scream») et Rodriguez («The Faculty») s'avéraient mieux maîtrisés et finalement moins foutraques que le film de Drew Goddart, plutôt habitué jusque là à l'univers télé. Les sources d'inspiration viennent donc avant tout de l'univers de la petite lucarne. Et même si le directeur de la photographie est le compétent Peter Deming («Evil Dead 2», «Scream», «Jusqu'en enfer», «From Hell») et qu'il donne l'illusion d'un vrai film de cinéma, beaucoup d'éléments tirent The Cabin in the woods vers le bas.


Devant la caméra, il est troublant de retrouver deux acteurs vedettes de la série «Dollhouse», Fran Kranz et Amy Acker. En plus de ces éléments du casting, le film a du mal à tenir la route lorsqu'il fait appel à des effets spéciaux pour le bestiaire monstrueux dans la dernière partie. L'apparition (entre autres) d'un serpent géant pique les yeux et si le spectacle s’avère surprenant et généreux (oh la jolie licorne !), l'ensemble ressemble à un pilote de série télé. Donc, les néophytes qui ignorent l'univers télévisuel apprécieront le spectacle, mais pour peu que l'on ait vu des séries du style «Dollhouse» ou «Sanctuary», on ne sera guère surpris par un scénario peut-être trop ambitieux pour le budget alloué.



Coincé dans les tiroirs de la MGM pour cause de difficultés financières, c'est donc avec deux ans de retard que ce film estampillé Joss Whedon (qui sort une semaine après son très attendu «Avengers») atterrit sur nos écrans. Si la volonté de démonter les codes inhérents au film d'horreur est louable, il est regrettable que le film tombe plus du côté de la pochade et de l'humour bête que du côté de l'horreur, délaissée pendant une bonne partie du long-métrage. Du coup, le film se trouve déséquilibré et il faut attendre

[Spoiler]
d'être sorti de la cabane pour arriver enfin au défouloir gore tant attendu. Avec son twist final nous expliquant la raison pour laquelle des jeunes sont sacrifiés et l'apparition surprenante en guest star de Sigourney Weaver (faisant penser inévitablement à «S.O.S fantômes»),
[Fin Du Spoiler]

l'intérêt du film est revu à la hausse mais cela arrive bien tard.
Finalement anodin à cause d'un prisme tellement second degré que ça en désamorce toute scène effrayante, La cabine dans les bois provoque nettement plus l'hilarité que l'effroi.









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