RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 3.7
(3 votes)
Kurt Wendell a consacré toute sa vie à son travail. Mais face à la crise économique, son patron Zack Petersen se voit contraint de le licencier. La vie de Kurt s’écroule en un fragment de seconde. Refusant d’en parler à sa femme et à ses deux enfants avec qui il se montre souvent sévère, il les oblige à prendre une journée de repos et les emmène loin de la civilisation, dans une petite maison de campagne pour se ressourcer. La petite famille ne se doute pas qu’il n’y a pas que sa vie de travailleur que Kurt a perdu. Sa santé mentale a elle aussi été touchée et le projet qui leur réserve en cette belle journée va vite tourner au cauchemar sanglant…



En 2002, Ryan Lee Driscoll réalise « Making a killing » qui restera dans l’ombre dans notre pays. Dix ans plus tard, le voici de retour avec Désaxé qui prouve que le cinéma indépendant britannique se porte toujours aussi bien. Une réelle bonne surprise qui a conduit l’éditeur Emylia à le sortir chez nous en Dvd et Blu-ray. À l’instar du personnage interprété par Michael Douglas qui pétait les plombs dans « Chute libre » de Joel Schumacher en 1993 après avoir lui aussi perdu son emploi, Désaxé nous propose 84 minutes dans la vie anéantie de Kurt Wendell qui, niveau folie, n’a rien à envier à son prédécesseur. Ou comment la perte de son emploi peut transformer un homme somme toute ordinaire en monstre psychopathe que rien ne peut plus arrêter…



Le principal attrait de Désaxé est évidemment le jeu d’acteur de Jonathan Hansler dans le rôle de Kurt Wendell. Un personnage à plusieurs facettes, à l’humeur plus que changeante et qui nous offre de véritables moments de plaisir notamment quand sa folie se place au premier plan. Répliques cinglantes envers ses enfants, petit jeu pervers avec sa femme mise devant le fait accompli (adultère avec son patron, la goutte d’eau qui fait que rien ne pourra plus revenir en arrière) et tortures sadiques sur son patron qu’il a également convié de force à cette journée de repos d’un genre spécial. Outre Jonathan Hansler, le reste du casting se montre performant et les différents acteurs parviennent à rendre les situations crédibles malgré quelques petites ficelles inhérentes au genre. Ils sont de plus servis par des dialogues qui font souvent mouche et qui participent pleinement à faire monter la tension qui ira crescendo.



Par touches successives, par la révélation de petits détails, Ryan Lee Driscoll parvient à instaurer son ambiance de façon minutieuse et nous fait intégralement participer au drame familial qui va s’accomplir sous nos yeux. La scène ou Kurt offre un petit cadeau à sa femme et à ses enfants est jubilatoire et trouve une conclusion bien trouvée avec l’apparition de la fameuse hache présente sur la jaquette du film. Un instrument qui trouvera une utilisation évidemment brutale, ce qui ravira les amateurs de films d’horreur. Bien que la violence soit plus psychologique que visuelle, Désaxé nous offrira dans sa dernière partie quelques séquences d’horreurs graphiques bienvenues, le pétage de plombs du personnage principal ne pouvant se conclure que dans un bain de sang.



Au final, c’est une très bonne découverte que ce Désaxé qui s’avère plus que plaisant à visionner. Le réalisateur fait preuve de talent et a mené sa virée sanglante avec dynamisme et entrain, le tout saupoudré d’un humour noir efficace. Kurt Wendell est charismatique et on en vient à se mettre de son côté malgré les exactions qu’il commet. Vraiment sympa, à se procurer sans l’ombre d’un doute.








Du même réalisateur :

DESAXE