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Daniel Parks est un éditeur de romans horrifiques à succès. Avec sa troupe composée de quelques garçons et de plantureuses demoiselles, il parcoure le pays afin de trouver un château lugubre qui servira de décor principal aux mises en scène que son photographe va effectuer afin d’obtenir des clichés qui serviront à illustrer la couverture des romans. Coup de bol, il tombe sur un château apparemment abandonné qui abritait autrefois un célèbre bourreau, auteur d’une multitude de crimes horribles. Daniel Parks et ses amis pénètrent par effraction dans le bâtiment et se font froidement accueillir par Travis Anderson, le maître des lieux. Ce dernier désire renvoyer les intrus mais il reconnaît son ancienne petite amie parmi les membres féminins et revient sur sa décision, autorisant Parks à se servir de la chambre des tortures pour faire ses photos ; peu de temps après, un premier accident mortel survient. L’esprit du bourreau écarlate semble toujours planer sur le château…



Passionné par la réalisation de documentaires, ce n’est pas par passion que Massimo Pupillo s’est lancé dans le cinéma mais juste par opportunité. Bien lui en a pris néanmoins puisqu’il a livré aux fans de cinéma d’épouvante gothique trois films de qualité : « Cimetière pour morts-vivants », « Vierges pour le bourreau » et « La vengeance de Lady Morgan », réalisés tous les trois en 1965 ! Si le premier est connu pour avoir dans son casting la belle Barbara Steele, le troisième est relativement méconnu et surtout très difficile à visionner. Messieurs d’Artus Films, vous savez ce qu’il vous reste à faire ! Quand au second titre, « Vierges pour le bourreau », c’est très certainement son film le plus célèbre et ce n’est que justice ! Attention mesdemoiselles, le bourreau écarlate est dans la place !!



Réalisé en 1965 donc, Il boia scarlatto surfe sur la vague du cinéma d’épouvante gothique qui prédomine en Europe depuis la fin des années 50 et qui connut son âge d’or durant les 60’s. Pourtant, le film de Massimo Pupillo est très différent dans son approche de l’épouvante de tous les classiques reconnus. Au niveau de l’Italie, pour ne citer qu’elle, on est très loin de l’ambiance de « Danse macabre », « L’effroyable secret du docteur Hichcock », « Le masque du démon », ou bien encore « La vierge de Nuremberg » par exemple. Dans les titres précités, le but recherché par les réalisateurs étaient d’effrayer le spectateur et ils mettaient tout en œuvre pour y parvenir : décors macabres, brume, fantômes, personnages féminins hurlant de peur, musique angoissante, effets de surprise. Dans Vierges pour le bourreau, le but semble être tout autre. En effet, bien que les éléments de l’épouvante gothique soient bien présents (château lugubre, salle de tortures, passage secret et meurtrier sans état d’âme), le film s’en distingue par sa réalisation et par le traitement du scénario. Avec Vierges pour le bourreau, le spectateur a la totale impression de visionner une version cinématographique d’un Pulp’s d’époque, coloré, délirant, érotique et sanglant. Plus encore, c’est une vraie bande dessinée pour adulte « live » qu’a mis en scène Massimo Pupillo. Les amateurs des romans photos tels Satanik ou des BD de Kriminal ou Diabolik seront aux anges car ils se retrouveront en territoire connu, l’esthétique du film étant une parfaite représentation visuelle de ces ouvrages. On notera d’ailleurs que l’un des personnages du film porte le fameux costume de squelette, clin d’œil évident à Satanik. Bref, sous couvert d’épouvante gothique, Massimo Pupillo nous apporte autre chose en plus : du fun, de la couleur, de l’action et bien sûr, des tortures raffinées, du sadisme et des tas de filles charmantes en petites tenues qui vont rapidement devenir la proie du bourreau écarlate !



Ce personnage devenu culte est interprété par le culturiste Mickey Hargitay (et accessoirement mari de Jane Mansfield). C’est à nouveau un élément qui différencie ce film des autres productions de l’époque. En effet, il faut voir l’acteur torse nu, tous muscles saillants (il a été monsieur univers), cagoule rouge et foulard noir autour des yeux, sautant comme un diablotin sur les divers instruments de tortures, éructant des menaces de mort auprès de la gent féminine qu’il prend plaisir à supplicier comme à la grande époque de l’inquisition ! Un vrai personnage de bande dessinée, c’est certain. Je me suis même demandé à un instant si on n’allait pas voir débarquer le célèbre catcheur mexicain Santo venir livrer un combat dantesque contre le bourreau psychopathe ! C’est pour vous dire l’ambiance de folie qui règne dans ce pur film Bis, avec un grand « B ». Séquence haute en couleurs, celle où une ravissante demoiselle en détresse se retrouve accrochée à une toile d’araignée métallique, attendant qu’une fausse araignée ne vienne de ses pattes mécaniques lui inoculer un poison mortel. Le délire absolu.



Vous l’aurez compris, Vierges pour le bourreau est une bisserie cinq étoiles, un grand patchwork référentiel hautement jubilatoire qui, après une première partie « classique », se met à bifurquer vers un univers totalement fou, où tout va à cent à l’heure, où les couleurs baroques explosent à l’écran, où l’imagination débridée et perverse des scénaristes prend vie dans un mélange détonnant d’érotisme soft (un téton furtivement aperçu en sera le point d’orgue mais les petites tenues des actrices valent le coup d’œil !) et de folie sadique. Une œuvre vraiment hors norme qui mérite son statut de film culte !









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