RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 3.7
(11 votes)
Fin des années 80 : Max et ses amis travaillent comme cuisiniers dans un asile, et organisent des concerts hors des murs de l'établissement. Une nuit d'orage, c'est la panne, plongeant alors tout le service dans le noir. Mais les cellules, gérées électroniquement, s'ouvrent toutes, laissant les malades mentaux en liberté. Impossible hélas de sortir de ce nouvel enfer...



Pas besoin d'attendre que les Ricains viennent le prendre par la main : fort bien rodé, le frenchy Alexandre Courtes commence là où d'autres poursuivent leur carrière. Et on ne peut pas lui en vouloir : quitte à tomber dans une certaine américanisation (due en grande partie aux brassages des mêmes références), autant aborder le terrain initial. Et dire que cela joue en faveur de ce Incident, ce n'est pas peu dire...



Courtes est un clippeur, et pas un petit : U2 (avec Vertigo), Noir Désir (l'inquiétant Le vent nous portera), White Stripes (Seven Nation Army, c'était lui !!), Justice, Air, Kylie Minogue...une vraie belle carrière. On était donc en droit à s'attendre à une vraie tenue visuelle : le générique, fortement rock, ne détrompe pas. Un clin d'oeil plus loin, les héros sont les chanteurs d'un groupe...qu'on ne verra jamais chanter !

La rigueur visuelle (sans que le film tombe dans une ultra-esthétisation pataude) est un atout majeur face à l'absence de prétention de l'ensemble : The Incident ne se revendique pas plus qu'un survival en huis-clos hardcore, ce qui est déjà une belle avancée. Oui, The Incident n'imite pas, mais se forge une belle identité. Carré, solide : un vrai bloc.



En réalité, les seuls noms venant à l'esprit (et pas des moindres) sont Carpenter et Romero, dont Courtes suit les leçons de mise en scène : qu'il agit au nom de la barbarie ou pas, un film d'horreur se doit d'être avant tout un film d'ambiance, laissant l'exposition gérer les tensions et les échos d'un drame à venir. Cela fait partie du sel de The Incident, là où certains verraient un film qui prendrait un peu trop son temps.
Mais la patience est une vertue, en cela The Incident fait plutôt peur à l'arrivée, sorte de concept inversé du fameux Alone in the Dark, où un trio de fous-furieux s'échappaient d'un asile après une panne de courant. Le spitch des " fous contre le monde entier", se change ici en face à face avec un monde de fous entiers. Et justement, qui a t-il de pire qu'un fou furieux, sans conscience ni logique ?
Plusieurs...



Climat électrique pour les cuisiniers d'un asile psychiatrique (mené par un Rupert Evans qui a bien changé depuis "Hellboy", et ressemblant comme deux gouttes d'eau au James Duval période Doom Generation) : pas de bol, le système de sécurité débloque et les plonge dans le noir avec les déments, que Courtes prend bien soin d'aligner lors de la séquence des plateaux repas. Une vitrine sur de véritables cauchemars vivants...et une vitrine qui ne tardera surtout pas à se fêler.

Effet cocotte-minute garanti donc : The Incident est un film privilégiant les sensations fortes, d'une ultra-violence ébouriffante (corps carbonisé, empalé, électrocuté...et même épluché !), et évitant à la fois les écueils du genre actuel (le plus gros carnage du film est hors-champ, et la glissade vers le torture-porn n'est qu'un leurre). Détresse palpable des protagonistes (étonnant moment suspendu au détour d'un appel téléphonique), silences qui tuent, spirale infernale de silhouettes hurlantes : la croisade vers la folie furieuse, comme nous l'avait appris jadis Shock Corridor, laissera des marques, qu'on le veuille ou non. Les dernières instants, entre deux eaux, feintent une respiration, comme pour justifier l'absence de véritable chute. Pas foncièrement nécessaire, mais crédible sans doute.

Massif et scotchant, de quoi suivre Courtes pour un sacré moment...








Du même réalisateur :