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Cristian Quintanilla et sa sœur July, tous deux cinéastes amateurs, se rendent avec leurs parents, leur petit frère José et le chien Romulus dans la maison de campagne familiale sise à Sitges, tout près d’une forêt. Là-bas, les deux vidéastes en herbe passent leurs journées à enquêter sur une légende urbaine locale selon laquelle dans les années quarante dans une forêt du Garraf, une jeune fille en robe rouge se serait perdue dans les environs et aiderait désormais les gens qui se perdraient en les remettant sur le bon chemin. Alors que les jeunes gens filment tout ce qu’il se passe dans la vaste demeure et son jardin attenant ô combien labyrinthique, des événements étranges commencent à se produire à mesure que leur enquête progresse. Jusqu’à quel point les adolescents doivent-ils alors poursuivre leurs investigations afin de ne pas mettre leur vie en péril ?



Vous n’en avez pas marre vous de la mode du found footage ? Mais si vous savez, cette tendance qui consiste à baser son film sur des soi-disant vidéos, caméras, pellicules retrouvées par hasard et relatant souvent les dernières heures des personnes les ayant tournées ! Initié par "Cannibal holocaust" en 1980, ce penchant cinématographique avait été remis au goût du jour en 1999 avec "Le Projet Blair Witch", qui hormis un buzz de malade, est un métrage très surévalué. Depuis, le « bébé » de Daniel Myrick et Eduardo Sanchez ne cesse de faire des émules, plus ou moins réussis et issus de tous pays, en voici une liste non exhaustive : « REC » et ses suites, "Cloverfield", "Paranormal Activity" et ses tristes rejetons, "The Silent House" avec son fameux plan-séquence ou encore le récent "Chronicle" et ses lycéens dotés de superpouvoirs, voire "The Troll hunter" tout droit venu de Norvège pour finir par "Apollo 18" se déroulant sur la Lune ! Certains n’hésitent pas non plus à utiliser cette technique en la mêlant à de faux témoignages de personnes avisées ou de badauds traînant dans les environs et ce, pour renforcer l’aspect vériste de leur métrage. C’est ce que l’on appelle les « documenteurs » (« mockumentaries » dans la langue de Shakespeare ») à l’instar du très moyen "The tunnel" ou de l’excellent "The Poughkeepsie tapes". Eh bien moi je vous le dis de but en blanc : je frôle l’overdose de métrages qui bénéficient d'un tournage caméra à l'épaule et les derniers en date ne peuvent que sentir le réchauffé à moins d’avoir une idée révolutionnaire pour s’éloigner surtout de "Le Projet Blair Witch" avec ses codes usagés et autres jump scares foireux. Malgré toute cette déferlante et ses défauts inhérents, il y en a qui ont encore l'idée de continuer à exploiter un filon usé jusqu’à la moelle. C'est le cas du réalisateur espagnol Fernando Barreda Luna qui montre une famille qui a décidé de passer plusieurs jours en vacances à Sitges (ça ne vous rappelle pas un festival de films fantastiques ? Quelle coïncidence !) où de jeunes ados mènent une enquête sur la légende d’une jeune fille en robe rouge via deux caméras, ce qui va les conduire dans un labyrinthe assez lugubre...



Ainsi, avec Atrocious, on se trouve face aux images vidéo que la police a retrouvées après le massacre qu'ils viennent de découvrir. Normalement et quand c’est bien fait, l'utilisation de la caméra subjective implique le spectateur au cœur même de l'histoire. Il vit les faits de l'intérieur et est plus proche des personnages et…de l'horreur. Seulement voilà, Fernando Barreda Luna est soit un fainéant, soit il n’est pas fait pour le cinéma à suspense. Il semble en effet ne pas avoir compris que pour faire un bon film de genre, il fallait que ledit spectateur soit maintenu dans une tension permanente le scotchant aux accoudoirs de son fauteuil pour ne les relâcher qu’à l’arrivée du générique final et ce, grâce à une mise en scène oppressante. Il faut également de l’empathie afin que le même spectateur se sente impliqué émotionnellement avec les personnages et leurs mésaventures. Ca, on l’obtient grâce à des acteurs crédibles et parfois, même des amateurs peuvent faire l’affaire, du moment que l’on y croie. Ici, rien de tout cela n’est présent à l’écran : la mise en scène est molle du genou car consistant pour partie à filmer un jardin labyrinthique tout en caméra de nuit, et surtout les acteurs, qui manquent cruellement de profondeur, jouent mal et sont trop jeunes pour pouvoir créer une réelle identification, du moins avec les personnes ayant plus de 15 ans. Cela dit c’était peut-être le public visé initialement par le réalisateur…



Hormis un ou deux passages « stressants » (enfin si on n’est pas trop difficile) concentrés principalement dans les cinq dernières minutes, le reste n’est qu’une succession de scènes plus insipides les unes que les autres qui auraient pu faire sensation il y a une vingtaine d’années. A chaque détour de chemin, le cinéphile adepte de métrages d’épouvante pense être terrorisé voire surpris un minimum, mais rien ne surgit à l'horizon. C’est bien beau de faire aboyer un chien et de casser un verre mais on en voulait plus à se mettre sous la dent, ou du moins sous les yeux ! Et la révélation à la fin du film, avec ces photos et ces vidéos esquissant une vague explication sur le tueur, aurait pu également faire son effet si tous les films précités n’avaient pas été réalisés avant ! Tout cela est d’autant plus regrettable que l'affiche américaine nous annonçait pourtant : « Intense, effrayant et dérangeant » ! Quelle arnaque oui ! En revanche sur le DVD français, on peut lire ceci : « Plus de 10 ans après le phénomène « Blair Witch », « Atrocious » explore avec brio les codes les plus sombres d’un thème rare au cinéma : les légendes urbaines… ». Trop rare, en effet… Et en plus ils se moquent de nous ! Cela étant, on était prévenu, le film s’appelle après tout Atrocious, ça voulait tout dire ! Et comme si ça ne suffisait pas, la jaquette US à forte dominante bleue et la française façon caméra infrarouge ne rappelaient-elles pas étrangement "Paranormal Activity" et "Le Projet Blair Witch", autre étrons, euh pardon, fleurons du genre!?



Vous l'aurez donc compris, Atrocious est un film particulièrement ennuyeux et vraiment pénible à regarder. Le film est réalisé par un manchot terriblement paresseux qui se révèle incapable de créer la moindre tension et nous propose une resucée de "Le Projet Blair Witch" dont l'idée de base et son côté minimaliste sont intéressants…du moins quand on vit avant 1999. A cela, rajoutez une mise en scène hyper fade, des acteurs mauvais et trop jeunes, une fin vue et revue maintes fois et vous obtenez l'un des plus mauvais films d'horreur de ces dix dernières années. Dois-je continuer ?









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