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Bien, tentons de résumer l’intrigue. Riley Jones est une adolescente qui se présente comme le boulet de son lycée, mal dans sa peau, malhabile, elle déteste sa vie, sa condition, les années 90 dans lequel elle se meut. Amoureuse de son copain d’enfance, un certain Clapton Davis, qui lui n’a d’yeux que pour la blonde (très blonde ) Ione. Le hic étant que Clapton n’a à priori aucune raison de s’intéresser à ce type de fille, alors pourquoi le fait-il ? A cela s’ajoute que Billy Nolan est secrètement amoureux de Riley et veut en découdre avec Clapton (dont il croit qu’il est amoureux de Riley, vous suivez ?). Pour aggraver les choses, le lycée est en proie aux agissements d’un tueur façon Jason des Vendredi 13, sa cible principale semblant être Riley. Après un énième meurtre, le directeur de l’école met en «détention» (en colle quoi) un groupe d’élèves présent non loin du drame. Persuadé que le tueur fait partie du groupe, il leur intime l’ordre de trouver ce dernier à l’intérieur dudit groupe. Il y a aussi un ours empaillé dans le hall du lycée et qui peut faire office de machine à déplacement temporel, il y ait aussi question de fin du monde, d’extraterrestres, d’homme-mouche, mais bon c’est peut-être une autre histoire. Si toutefois vous n’avez pas compris le résumé, écrivez-nous !



Diantre ! Fichtre ! Damned ! Morbleu ! Parbleu ! Palsambleu ! Cornegidouille ! Quelle ne fut pas la surprise du présent chroniqueur devant ce «teen-movie», qui, non seulement, n’est pas un film imbitable comme beaucoup de ses confrères actuelles, mais qui pis est, ne prend pas les adolescents pour des parpaings lobotomisés !
Avouez que ce n’est pas le genre de film que l’on trouve sous les roulettes du fauteuil roulant d’un myopathe, non ?

Detention s’avère être une sorte de mélange un brin foutraque entre les univers de Gregg Araki (avec beaucoup moins de références sexuelles), de John Hughes (en moins profond, ne point déconner non plus) ou encore « Scott Pilgrim vs the world».
Sur fond de «slasher-movie» basique, Joseph Kahn parvient en effet à enchevêtrer la comédie, l’étude de moeurs et les références cinématographiques multiples : «Retour vers le futur», «Rencontre du troisième type», «Scream», «Saw», «Karaté Kid », «Donnie Darko» par exemples.



Le film broie, malaxe, pétri tout cela avec une gloutonnerie forcenée dont la mise en scène «clipesque» (mais toujours lisible) ne fait qu’en renforcer le trait.

Si certains (les moins jeunes ?)frôleront souvent l’indigestion devant ce maelström d’images, d’effets numériques, de raccords, d’inserts en tout genre, de splits-screen, il y a fort à parier que la plupart s’en gaveront et ne verront pas le temps passer.
N’oublions pas que Detention est avant tout destiné à un public d’adolescents ou de jeunes adultes nourri à la culture cinéma horrifique du tournant des années 80/90, ceci expliquant sans doute cela et en tout cas justifiant le parti pris esthétique global de son réalisateur.



Le principal mérite du long-métrage semble se situer dans le regard qu’il porte sur la société « branchouille » dans laquelle nagent et parfois se noient certains adolescents. Factice, plus porté sur le concept que sur la réalité et où la culture se résume à savoir quelle tenue porter et quelle musique écouter.
C’est dans ce cadre étroit là que l’héroïne se débat, entre volonté de s’en affranchir et difficultés d’être en dehors du moule. D’où la référence au film du John Hughes citez plus haut.
Loin de tout pathos, le réalisateur parvient à nous rendre sinon sympathiques (franchement, il y a quand même beaucoup de têtes à claques dans cette populace), du moins attachants les protagonistes. Ce qui nous change à dire vrai de la production des teen-movies récente et ce qui n’est pas un mince exploit.
Niveau horrifique pur, le film ne regorge pas de scènes multiples, mais elles arrivent souvent à bon escient et s’avèrent même parfois goûteuses (cf. la parodie de «Saw»).



A moins d’être totalement rétif au style particulier de réalisation énoncé plus haut, difficile de s’ennuyer devant cette histoire qui dans son dernier tiers part carrément en vrille en faisant intervenir un fantastique speedé et étrange. La détention du titre fractionnant le film en deux parties, où les histoires secondaires de la première tranche entre en collision avec le présent et le passé.

Gageons finalement que le film trouvera son public là où il le cherche, à savoir les 15/30 ans pour faire court. Ceux là devraient le trouver au minimum distrayant, quand ils ne le qualifieront pas de génial. Pour les autres, il risque de faire l’effet d’un kouglof lourd, indigeste avec des effluves de puérilité effleurant la surface.

Choisis ton camp camarade !






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