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Dans la Corée féodale, un roi tyrannique se rend compte qu’une rébellion rurale s’organise. Il décide alors de voler tout le fer pour que les paysans ne puissent se fabriquer des armes. Puis un vieux forgeron est emprisonné et privé de nourriture. Sa dernière création est une figurine minuscule du monstre Pulgasari, la créature qui mange le fer. Le sang de sa fille apporte la vie à la créature, qui aide alors les paysans à renverser la monarchie corrompue.



On tombe parfois sur des films dont l’intérêt principal n’est pas l’oeuvre elle-même, mais l’histoire qui entoure sa création. Le kaiju eiga Pulgasari en est l’exemple typique. En 1978, le prolifique réalisateur sud-coréen Shin Sang-ok est kidnappé sur l’ordre de Kim Jong-il, fils du dirigeant de l’époque Kim Il-sung. Emprisonné après avoir tenté de s’enfuir, il est chargé à partir de 1983 de réaliser des films à la gloire de la Corée du Nord et du communisme. Il en réalisera sept, dont le plus connu sera le dernier, un remake d’un film de 1962, «Bulgasari» (aujourd’hui introuvable) : Pulgasari, qui nous intéresse donc ici. Shin Sang-ok ne terminera d’ailleurs pas le film, profitant d’un festival à Vienne pour s’échapper avec son épouse. Kim Jong-il estimera quant à lui que, venu en 1978 de leur plein gré, le couple a été enlevé par les Américains. Le film sera donc terminé par un autre réalisteur, Chong Gon Jo.



Evidemment inspiré de la saga «Godzilla», le film bénéficie de la participation d’équipes ayant travaillé sur «Le Retour de Godzilla (1984)», parmi lesquels Teruyoshi Nakano, responsable des effets spéciaux, et Kenpachiro Satsuma, l’acteur sous le costume du monstre japonais entre 1984 et 1995 (qui estimera d’ailleurs que ce film est bien plus réussi que la version américaine de «Godzilla») et qui endosse ici celui du monstre Pulgasari. Malgré leur présence, le film ne jouira d’une sortie en dehors de Corée du Nord qu’en 1998, ayant un petit succès au Japon. En revanche, la sortie en 2000 dans les salles sud-coréennes, favorisée par des relations moins tendues entre les deux pays, laissa tout le monde indifférent..Qu’en est-il donc de ce «Pulgasari» ?



Comme je le disais en introduction, le film est bien moins intéressant que les anecdotes l’entourant. On s’ennuie ferme devant une histoire loin d’être passionnante, un scénario assez répétitif et un rythme particulièrement lent, le tout sur une musique particulièrement irritante. Néanmoins, quelques scènes sortent vraiment du lot, comme les tentatives pour détruire le monstre (l’enterrer vivant, le brûler ou l’exorciser ?) ou quelques choix scénaristiques assez surprenants. Il faudra en fait attendre les vingt dernières minutes pour que le film s’emballe à l’occasion de l’assaut final contre le roi : Pulgasari devient alors enfin une créature gigantesque, détruisant une ville et confronté à l’artillerie lourde de ses ennemis.



Jusque là, on s’amusera de l’apparence du petit Pulgasari, assez laid, du jeu de certains acteurs (l’interprétation toute en exagération du roi est un grand moment à chacune de ses apparitions), ou des costumes. Heureusement, la créature adulte est bien plus réussie, même si son air féroce contraste assez avec son rôle bienveillant. Le costume semble néanmoins peu mobile, un peu comme celui utilisé dans «Le Retour de Godzilla (1984)», et est peu détaillé en dehors de la tête du monstre.

S’il risque bien d’être l’unique kaiju eiga nord-coréen chroniqué sur ce site, c’est bien cette unique caractéristique qui rend ce Pulgasari intéressant. En dehors de la légende entourant la production du film, il n’y a pas grand chose à retenir d’un film de monstre plutôt mauvais et banal. Son unique originalité vient finalement de son cadre, celui de l’Asie féodale, mais on préfèrera pour cela se tourner vers la trilogie «Majin» de 1966, bien plus réussie.








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