RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 4.3
(12 votes)
Comme beaucoup de ceux qui choisissent de vivre au fin fond de l’Alaska, John Ottway a quelque chose à fuir. Désormais, il travaille pour une compagnie pétrolière dont il protège les employés contre les attaques des animaux sauvages. Lorsque le vol de retour vers la civilisation de l’équipe s’écrase, rares sont les survivants. Mais encore plus rares seront ceux qui réussiront à survivre dans l’immensité du Grand Nord...



Après L’Agence tous risques, le réalisateur Joe Carnahan (dont on préfèrera retenir Narc et Mi$e à prix), l’acteur Liam Neeson et les producteurs Ridley et Tony Scott (faut-il encore les présenter ?) se réunissent de nouveau autour de l’adaptation de la nouvelle «Ghost Walker» de Ian MacKenzie Jeffers. Il s’agit ici d’une histoire à la base est assez simple mais à l’immense potentiel, qu’utilisera à merveille Carnahan pour donner un film particulièrement réussi.



A la lecture du synopsis et du titre du film, on pourrait imaginer que Le Territoire des loups ne consiste finalement qu’en une poursuite entre les loups et les survivants, le tout entrecoupé des conflits entre ces derniers. Si ces éléments sont bien présents, surtout le premier, ils ne forment en fait que la toile de fond d’un film dont les thèmes principaux vont s’avérer bien plus profonds. La mort accompagne constamment le groupe d’hommes dont l’éventuel salut passera par la rédemption, le sacrifice et la volonté d’embrasser enfin son destin dans un parallèle clairement assumé avec la religion, sans être trop envahissant.

Aussi le film n’hésite-t-il pas à multiplier les moments d’introspection, d’analyse, prenant régulièrement le temps de permettre au spectateur d’admirer des paysages magnifiques, comme lorsqu’un des personnages, à bout de force, décide d’abandonner ses compagnons. Une introspection que l’on retrouve surtout dans le personnage interprété par un parfait Liam Neeson que l’on sent différent de ses camarades, partagé entre sa volonté de mourir et son instinct de survie. Ainsi, le film nous le présente d’abord dans une scène où il tente de se suicider, il rassurera plyus tard longuement un de ses compagnons sur le point de mourir et sera enfin le seul à ne fournir aucun motif pour lequel il désire réellement survivre lors d’une discussion autour du feu.



Au-delà de cette approche existentialiste, le film nous propose un survival réunissant les principaux éléments du genre quand il s’aventure dans des régions aussi hostiles. Tourné en décors naturels, dans une température descendant 20 degrés en dessous de zéro et avec des vents à 100 km/h, Le Territoire des loups nous rappelle à chaque instant les dangers de cet environnement, l’épais manteau de neige empêchant de se déplacer rapidement et le froid étant une menace constante. A côté, même le climat de «The Thing» semble presque agréable !

Surtout qu’en plus de cette menace, il y a celle des loups, «pouvant sentir la mort» et qui s’attaqueront rapidement aux survivants de façon aussi inattendue qu’implacable. Des attaques qui offriront les rares véritables défauts du film, Carnahan se contentant trop de jump-scares, assez prévisibles, et filmant ces scènes de façon à ce que l’on ne distingue absolument rien. On notera toutefois l’aspect profondément angoissant des hurlements de la meute invisible autour du groupe, et surtout cette scène, aux confins du fantastique, de ces dizaines d’yeux brillants à la lumière du feu face aux survivants.



D’une histoire assez classique, Joe Carnahan tire un survival d’une incroyable intensité et d’une puissance rare. Porté par un immense Liam Neeson, Le Territoire des loups s’émancipe brillamment du survival basique qu’il semblait promettre pour s’aventurer avec bonheur dans une étonnante réflexion existentialiste, à peine gâchée par des scènes d’action parfois illisibles, pour nous offrir une expérience vraiment marquante.








Du même réalisateur :