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Chaque année, dans les ruines de ce qui était autrefois l'Amérique du Nord, le Capitole, l'impitoyable capitale de la nation de Panem, oblige chacun de ses douze districts à envoyer un garçon et une fille - les "Tributs" - concourir aux Hunger Games. A la fois sanction contre la population pour s'être rebellée et stratégie d'intimidation de la part du gouvernement, les Hunger Games sont un événement télévisé national au cours duquel les tributs doivent s'affronter jusqu'à la mort. L'unique survivant est déclaré vainqueur.



La jeune Katniss, 16 ans, se porte volontaire pour prendre la place de sa jeune sœur dans la compétition. Elle se retrouve face à des adversaires surentraînés qui se sont préparés toute leur vie. Elle a pour seuls atouts son instinct et un mentor, Haymitch Abernathy, qui gagna les Hunger Games il y a des années mais n'est plus désormais qu'une épave alcoolique. Pour espérer pouvoir revenir un jour chez elle, Katniss va devoir, une fois dans l'arène, faire des choix impossibles entre la survie et son humanité, entre la vie et l'amour...



«The Hunger Games» est une trilogie littéraire signée Suzanne Collins et dont le premier tome est paru en 2008. Très grand succès public, la saga est naturellement récupérée par le cinéma qui pour bien en profiter va, comme pour Harry Potter ou Twilight, adapter l’histoire en un film de plus qu’il n’y a de livres. Une future tétralogie donc, ce qui devrait permettre à tout le monde de s’en foutre plein les poches. Ce premier volet raconte donc l’histoire de Katniss, qui n’a vraiment pas de chance : en plus d’avoir un prénom horrible, elle est contrainte de participer aux Hunger Games, un événement qui consiste à sélectionner des adolescents au hasard et à les faire s’entretuer. Si je vous dis que Suzanne Collins a été vivement critiquée, notamment au Japon, pour avoir pompé «Battle Royale», ça vous étonne ? On pourrait également noter de nombreuses autres similitudes, avec «Marche ou crève» de Stephen King par exemple, mais je n’aurais sans doute pas assez de place...

Les Hunger Games ont pour but principal de punir les districts pour une rebellion passée, et surtout de les empècher de recommencer. Car, évidemment, le meilleur moyen pour enlever toute idée de révolte à une population est de sacrifier ses enfants dans un show télévisé...24 jeunes personnes que l’on va scruter attentivement, pour évaluer leurs forces et faiblesses, les entraîner à l’art de la survie et du combat, et surtout les présenter à des sponsors qui pourront choisir de les avantager pendant l’épreuve. Pendant une grosse heure, on va donc suivre ces préparatifs, qui dégagent un certain cynisme plutôt réjouissant, même si on attend surtout que tout ce beau monde se foute enfin sur la gueule. Hélas, quand ça arrive, on remarque rapidement que la seconde partie va éviter au maximum toute violence à l’écran et, pire, va peu à peu sombrer dans un côté fleur bleue que ne renierait pas la saga Twilight...



Violence édulcorée, personnage stéréotypés (les gentils sont très gentils, les méchants sont très méchants, voire très très méchants !), romance niaise, rebondissements idiots...La partie «survival» du film cumule presque toutes les tares. Le personnage, pourtant intéressant au début du film, de Katniss, devient insipide à un rythme que ne semble concurrencer que sa faculté à éviter tout danger : la jeune fille peut tranquillement foutre le bordel à côté d’une ruche pleine de guêpes mortelles, évite les projectiles de façon surnaturelle et semble capable de rendre ses ennemis surentraînés soudainement incapables de viser correctement. Quelle chance ! Jennifer «Winter’s Bone» Lawrence, également vue dans «X-Men : le commencement» ou «House at the end of the street», méritait quand même mieux que ça...

On notera par ailleurs la richesse du casting en ce qui concerne les personnages secondaires : on y retrouve ainsi Woody Harrelson («Tueurs nés», «Bienvenue à Zombieland»), Stanley Tucci («Lovely Bones»), Donald Sutherland (impossible de ne citer qu’un ou deux films), Isabelle Fuhrman («Esther»), Elizabeth Banks ou encore Lenny Kravitz, qui apparaissent principalement dans la première moitié du film et ajoutent au cynisme ambiant grâce à des personnages hauts en couleurs. On regrettera donc d’autant plus que cet aspect faussement sucré ne soit pas contrebalancé par une seconde partie plus froide, plus violente...



Ajoutez donc une grosse pincée de «Twilight» dans votre «Battle Royale», faites-en un show télévisé, et vous obtenez votre «Hunger Games». Un film qui met 1h30 à préparer le terrain pour une seconde partie d’une nullité assez incroyable, et qui n’est surtout que le premier volet d’une saga qui s’annonce bien mal...








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