RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 2.5
(29 votes)
Six jeunes vacanciers en quête de sensations fortes engagent un guide pour une «expérience extrême». Ignorant les mises en garde, l’homme les conduit dans la ville de Pripyat, toute proche de Tchernobyl. Vingt-cinq ans plus tôt, lorsque le réacteur avait explosé, les lieux avaient été évacués dans l’urgence. Après une brève exploration, le petit groupe se retrouve piégé dans la ville fantôme. Et ils ne sont pas seuls…



Après 90 minutes de film, les lumières se rallument dans la salle pendant que le générique défile à l’écran. Silence total parmi la soixantaine de spectateurs présents lors de cette séance, la dernière de la dernière journée d’exploitation du film dans ce cinéma. Tout le monde semble sous le choc, hagard. Les regards échangés trahissent un peu d’incompréhension, beaucoup de gêne, mais aussi un peu de colère. Puis rapidement, les plus rapides fuient leurs places, pressés de prendre l’air. Pressés de retrouver le monde normal, celui où ils pourront oublier que pendant une heure et trente minutes, ils ont été souillés par la daube la plus définitive vue sur les écrans depuis longtemps. Oui, même après des «Paranormal Activity» ou des «Devil Inside», on peut encore creuser. Très profond même.



Chroniques de Tchernobyl, c’est le néant cinématographique. Un film d’une paresse incroyable, se contentant d’abord de recycler tous les clichés les plus éculés, du touriste américain débile à l’autochtone ukrainien menaçant, en passant par des jump-scares à base de chiens et...d’ours. Les dialogues ne sont pas en reste, la bête description de ce qu’on voit à l’écran ne faisant que ponctuer des répliques que l’on croyait réservées aux parodies et sketches sur les slashers. Pire encore, les personnages ont une tendance merveilleuse à la réflexion hautement philosophique, constatant à plusieurs reprises que «ça fait bizarre d’imaginer qu’il y avait de la vie ici» ou que «la nature a repris ses droits». Leur comportement n’est évidemment pas en reste, avec le réflexe toujours particulier de se séparer du groupe pour fouiller un endroit suspect dès que l’occasion se présente.



Mais c’est surtout au niveau de la réalisation que le film atteint des sommets. Pour environ 10 secondes de plans réussis sur l’ensemble du film (ce qui, dans un décor aussi beau, tient vraiment de l’exploit), on a droit à une immense majorité de scènes tournées dans le noir presque total, avec un réalisateur qui aurait fait passer Jean-Paul II pour une statue tant il remue sa caméra. Résultat, on ne distingue absolument rien et, si l’on devine que le procédé tente artificiellement de faire naître une ambiance, ça ne fonctionne pas et ça finit par agacer. Les seuls moments où Bradley Parker filme posément, c’est quand Olivia Dudley adopte des poses mettant en valeur sa poitrine. Quant à la menace, que l’on devine rapidement, elle ne se fait plus précise que dans la dernière partie du film, mais l’obscurité et les mouvements de caméra nous empècheront d’en voir plus. Et n’attendez pas non plus une quelconque explication, les scénaristes (tiens, Oren Peli, de «Paranormal Activity» et Shane van Dyke, de «Titanic 2», ça explique beaucoup de choses...) n’en ont rien à foutre. Et finalement, nous non plus. On n’apprendra finalement qu’une chose : les soviétiques sont toujours des méchants et complotent toujours dans l’ombre. Salauds de rouges !



Il aura donc fallu 26 ans avant que la catastrophe de Tchernobyl ne nous livre ses retombées les plus négatives, par le biais de cet horrible navet. Dommage que, contrairement au nuage radioactif à l’époque, ce film ne se soit pas arrêté à nos frontières...








Du même réalisateur :