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Après avoir vaincu le monstre Kraken, Persée, demi-dieu et fils de Zeus, a repris sa vie de pêcheur dans son paisible village, avec son jeune fils Hélios. Mais ce dernier est loin de se douter qu’entre temps une alliance entre trois dieux vient de se faire et risque d’avoir pour conséquence la perte de l’immortalité de ces derniers. En effet, Hadès, dieu des Enfers, et Arès, dieu de la guerre et fils de Zeus, se sont alliés à Cronos pour le libérer du Tartare, prison située dans le royaume des Enfers dans laquelle ses fils Zeus (roi des dieux) Poséidon (dieu des mers et des océans) et Hadès l’avaient enfermé, lui et d’autres Titans et monstres en tous genres. Affaiblis par le manque de dévotion des mortels et en proie à cette alliance inattendue entre Hadès et son neveu, les dieux de l’Olympe doivent à nouveau compter sur Persée mais également sur Agénor, demi-dieu et fils de Poséidon, pour empêcher les Titans de se libérer et de déchainer leurs forces maléfiques sur Terre. Dans cette quête épique, Persée et son cousin devront compter sur l’aide d’Andromède, reine d’Ethiopie, d’Héphaïstos, dieu des forgerons déchu, et des Cyclopes pour réussir à bien leur mission.



Après un décevant "Le choc des Titans", quelle ne fut pas la surprise de voir se concrétiser une suite à ce film pseudo-mythologique. En effet, le film de Louis Leterrier (« le transporteur », « Danny the dog », « l’incroyable Hulk ») était loin de faire l’unanimité auprès des amateurs de mythologie comme votre serviteur et s’enlisait dans des batailles aux effets spéciaux loupés et à la 3D calamiteuse.
Et pourtant, c’est bien une suite intitulée « la colère des Titans » qui apparait en 2012 sur les écrans de cinéma. Réalisé cette fois-ci par Jonathan Liebesman (à qui l’on doit notamment « nuits de terreur », « massacre à la tronçonneuse le commencement » ou encore « world invasion : battle Los Angeles »), le film retrace de nouveau les pseudo-épopées du demi-dieu Persée, en lutte contre de nombreux monstres sortis tout droit de la mythologie gréco-romaine.

Oui, j’ai bien mentionné les expressions « pseudo-mythologie » et « pseudo-épopée ». Pourquoi donc? Hé bien tout simplement parce que le film de Jonathan Liebesman préfère emprunter des éléments de la mythologie et des passages de recueils homériques plutôt que de nous livrer une véritable fresque épique grecque. Les amateurs de mythologie dont je fais partie déploreront de nombreuses incohérences dans l’histoire pondue tout de même par trois scénaristes… En effet, prenons par exemple deux des monstres que rencontrera notre valeureux Persée dans « la colère des Titans ». Le premier est la fameuse Chimère (monstre crachant du feu et ayant deux têtes de lion, un corps de chèvre et une queue en forme de tête de dragon) : bien que cette dernière soit bien modélisée, ce n’est point Persée qui l’abat d’après les récits grecs mais Bellérophon, fils de Poséidon, en chevauchant Pégase, le fameux cheval ailé volé à Zeus par ce dernier. Autre monstre : le non moins connu Minotaure (bête à corps d’homme et tête de taureau), tué « en réalité » par Thésée avec l’aide d’Ariane et non pas par Persée (d’ailleurs, soit dit en passant, ce dernier est emprisonné dans le labyrinthe crétois créé par Dédale et non pas dans un labyrinthe dans le Tartare créé par le dieu Héphaïstos…). On peut également parler d’Héphaïstos justement (le dieu des forgerons, du feu et des volcans) : ce dernier est connu pour être boiteux et laid (si laid que sa mère, la déesse Héra, sœur et épouse de Zeus, le jette du Mont Olympe), or dans le film on nous le présente comme un vieux fou ridicule qui aurait forgé, avec l’aide des Cyclopes, je ne sais quelle arme à Hadès alors qu’il s’agit en réalité du kunée, un casque permettant de rendre invisible quiconque le porte. Ah, et puis, un petit dernier (entre autres) pour la fin : le fils de Persée ne s’appelle pas Hélios mais Héléos (Hélios c’est un dieu-soleil, fils du Titan Hypérion).

Bref, je ne vais pas revenir sur toutes les incohérences propres à la mythologie grecque que recense le film de Jonathan Liebesman. Même si certains éléments sont véritablement des erreurs de scénaristes pas suffisamment informés sur leur sujet, d’autres (comme par exemple l’arrivée de la Chimère et du Minotaure) témoignent plus d’une volonté d’offrir au public du grand spectacle : une mythologie totalement remaniée qui fera grincer les dents des fanas de mythologie gréco-romaine mais qui ravira cependant les amateurs de batailles et monstres en tous genres.



Hormis les remarques précédentes faites au sujet du non-respect de la mythologie grecque, que dire du scénario de « la colère des Titans »? Hé bien c’est chiant… Alors qu’il aurait été plus intéressant de nous plonger dans la fameuse titanomachie décrite par les écrivains de l’époque, nous avons droit à des successions de dialogues sans véritable intérêt et une histoire banale parsemée de scènes d’actions bien souvent répétitives et sans grande saveur. A noter également une fin qui traîne en longueur…

Si l’on ferme les yeux sur certains passages assez étranges et illogiques (la mort de certains dieux dont je tairai le nom ou encore des incohérences temporelles flagrantes), on reprochera surtout au film de ne pas nous donner la dose d’action promise dans la bande-annonce. En effet, le bestiaire est bien restreint ici : une Chimère, un Minotaure, Cronos, les trois Cyclopes, Pégase et des monstres à deux corps que l’on ne met malheureusement pas suffisamment en valeur (Heureusement que les scénaristes ont triché en rajoutant le Minotaure et la Chimère…).
Mais où sont donc les fameux Titans??? A croire que ce mot a été mis dans le titre du film pour donner une impression « colossale » au projet. A part Cronos, chef des Titans, que l’on voit dans la dernière partie du film sous la forme d’un monticule de lave et de fumée (mouais…), je n’ai vu aucun autre des fameux Titans pourtant bien présents dans la mythologie (Japet et ses trois enfants Atlas, Prométhée et Epiméthée, les deux frères Océan et Hypérion ou encore Coéos…). Avec tous les Titans présents dans la mythologie, j’espérais au moment en voir deux-trois et non seulement Cronos (imaginez les batailles gigantesques que cela aurait pu donner!). Et je ne parle pas des Hécatonchires, monstres à 50 têtes et 100 bras, alliés de Zeus et des Cyclopes lors de la titanomachie : quel spectacle cela aurait été si le budget de 125 000 000 de dollars avait mieux été utilisé!



Il en est de même pour les personnages : quelle déception! Après Héphaïstos le vieillard sénile, on a droit à Arès le beau gosse, un Hadès qui ne sait pas vraiment ce qu’il veut (il perd la boule à force de ne pas voir la lumière du jour), un Agénor un brin débile (la touche humoristique du long-métrage, pas forcément en adéquation avec le sujet du film) et enfin un redoutable Persée (faut voir ce qu’il prend dans la gueule et il s’en sort avec deux-trois égratignures, quel héros!) un peu perdu au beau milieu de tout cela et qui se laisse guider par l’odeur des dollars qu’il va toucher une fois le dernier jour de tournage arrivé…

Pourtant, le casting a vraiment de la gueule (enfin, vous savez ce qu’on dit des gros castings…) : Sam Worthington (« solitaire », « terminator renaissance », « avatar »…) dans le rôle de Persée, Liam Neeson (« Darkman », « la liste de Schindler », « taken », « le territoire des loups »…) dans la peau de Zeus, Ralph Fiennes (« la liste de Schindler », « spider », « dragon rouge »…) incarnant Hadès, Bill Nighy (« love actually », les sagas « underworld », « Harry Potter » et « pirates des caraïbes »…) interprétant le rôle d’Héphaïstos et Toby Kebbell (« dead man’s shoes », « Alexandre », « wilderness », « match point », « prince of Persia : les sables du temps »…) celui d’Agénor.

Par contre, là où le film peut gagner toutefois des points, c’est bien dans le traitement des effets spéciaux. Même si l’on aurait peut-être préféré un Cronos plus en forme (mais les effets de flammes et de lave sont très soignés), un Minotaure plus en vue et des monstres à deux corps mis un peu plus en valeur, nous n’allons pas bouder notre plaisir. En effet, les monstres sont plutôt bien modélisés (surtout la Chimère) et la 3D est bien mieux utilisée que celle rajoutée à postériori dans « le choc des Titans » et qui gâchait la qualité graphique de certaines scènes (un comble pour un film mêlant aventure épique, film de monstres et blockbuster d’action). Les scènes dans le Tartare (chutes de pierres, déplacements des murs…) rendent vraiment très bien à l’écran par exemple et nous montrent que la 3D commence enfin à percer, même si cela demeure encore trop ponctuel dans le cinéma de cette seconde décennie.



Au final, « la colère des Titans » ressemble à son aîné : un blockbuster pillant des éléments de la mythologie par-ci par-là pour donner un film sans grand intérêt. Un film peu recommandable…
Sur ces mots peu rassurants pour ceux n’ayant pas vu le film de Jonathan Liebesman (et qui désiraient le voir), je rends l’antenne, reprends ma manette de Playstation et décide de retourner déglinguer du montre avec Kratos dans God Of War, là au moins je ne m’ennuie pas! (en attendant un nouveau volet des aventures de Percy Jackson pourquoi pas!)