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Dans un Moyen-âge où magie et monstres se côtoient, une reine donne à son roi une petite fille aux lèvres rouges sang et à la peau blanche comme neige d’où son nom Blanche-Neige. A la mort de son épouse, le roi va rapidement se remarier avec une femme libérée des griffes de ses ennemis, Ravenna. Mais cette dernière s’avère être une sorcière, désireuse de s’accaparer le royaume du père de Blanche-Neige. Après avoir tué son nouvel époux, Ravenna va alors siéger dans le château de son défunt mari, accompagné de son frère. Egocentrique et narcissique, Ravenna consulte régulièrement son miroir magique afin de savoir si elle demeure toujours la plus jolie femme du royaume. Alors que les réponses de son miroir ne l’ont jusqu’à présent jamais déçu, voilà qu’un jour ce dernier lui révèle que Blanche-Neige, alors emprisonnée dans la plus grande tour du château depuis le meurtre de son père, est la plus jolie femme. Une nouvelle qui anéantit les espoirs de la reine démoniaque qui apprend par la même occasion que tant que Blanche-Neige vivra, sa beauté se dégradera au fil des jours. Son frère lui apprend alors qu’elle doit aspirer l’âme et la beauté de jolies jeunes filles afin de conserver son physique de rêve et ainsi éviter de vieillir prématurément. Et quoi de mieux que de s’accaparer la beauté, et ainsi la vie, de Blanche-Neige, sa principale rivale! Mais, à la surprise de Ravenna, sa jeune captive parvient à se libérer et s’enfuit dans la nature. Se sentant dépérir au fur et à mesure que le temps passe, la sorcière engage alors un homme courageux, fort et bagarreur qu’elle appelle « chasseur » afin qu’il lui ramène la jeune princesse fugitive.



L’année 2012 voit apparaitre au cinéma deux films narrant les aventures de Blanche-Neige, tirés tous deux du célèbre conte des frères Grimm. Alors que le premier, mettant en scène Julia Roberts, est destiné à un public plutôt jeune, le second est quant à lui bien plus sombre et s’apparente bien plus à un film d’heroïc fantasy.

Réalisé par un certain Rupert Sanders, qui jusqu’alors n’a travaillé que dans la publicité audiovisuelle, ce second film intitulé « Blanche-Neige et le chasseur » a fait un joli score au box-office américain et siège fièrement à la seconde place du box-office français en cette fin de juin 2012, derrière un certain « Madagascar 3, bons baisers d’Europe ». Fort d’une bande-annonce énergique, rappelant entre autres la saga culte de Peter Jackson « le seigneur des anneaux », ce premier film de Rupert Sanders ne passe pas inaperçu et fait rapidement oublier le premier film mettant en scène la belle Blanche-Neige en cette année 2012. Mais qu’en est-il réellement de cette nouvelle adaptation du conte des frères Grimm?



Comme dit avant, cette nouvelle version du conte de Blanche-Neige est assez sombre, bien plus proche d’un « seigneur des anneaux » que du dessin animé de Disney. Mélange d’heroïc fantasy et de film épique (« le roi Arthur » ou encore « Jeanne d’Arc »), « Blanche-Neige et le chasseur » nous gratifie donc de jolis monstres, certes très rares mais bien modélisés (un Troll un poil énervé, des monstres ailés dans une forêt des plus menaçantes, des guerriers sombres venus des Enfers…), mais également de scènes de bataille, de siège de château…

Mais, alors que la bande-annonce pouvait laisser espérer un rythme des plus haletants, il s’avère que le film de Rupert Sanders manque cruellement de rythme par moments. Les scènes dites spectaculaires demeurent en effet peu nombreuses et sont séparées par des séquences de dialogues un brin trop longues (même si l’on demeure très loin du désastreux et soporifique épisode de la boussole d’or avec Nicole Kidman).
Par ailleurs, on reprochera aux scènes d’action de pas être assez étoffées (notamment les scènes de batailles qui sont bien communes et dont le manque de créativité fait que le long-métrage critiqué ici souffre immanquablement de la comparaison avec des films épiques bien meilleurs sortis antérieurement), un manque d’originalité qui lasse par moments le spectateur parfois trop (très) habitué à ce genre de cinéma.



Ne boudons cependant pas notre plaisir devant cette sympathique aventure, certes simple mais reprenant avec quelques touches fantastiques (un Troll terrifiant et des êtres imaginaires de toutes tailles), humoristiques (les nains à la retraite) et sentimentales (le lien qui se crée entre le chasseur et Blanche-Neige) le conte des frères Grimm.
Certes, le conte original est fortement remanié ici mais les idées de base demeurent encore présentes tout au long du film, même si ces dernières n’ont pas forcément les mêmes finalités… On appréciera par contre que le film de Rupert Sanders ne tombe pas trop rapidement dans la facilité, notamment en ce qui concerne le fameux baiser entre Blanche-Neige et son « prince charmant » que beaucoup attendent forcément.

Notons également que le casting n’est pas en reste et s’avère être de très bonne facture. Et pour donner vie à son aventure épique et fantastique, Rupert Sanders et son équipe engagent des têtes biens connues du cinéma contemporain avec notamment la très jolie Kristen Stewart (découverte dans « panic room » où elle donnait la réplique à Jodie Foster, et vue ensuite dans la saga Twilight où elle campe le rôle de la petite amie de Robert Pattinson) dans le rôle de Blanche-Neige ou encore le beau gosse Chris Hemsworth (le fameux Thor au cinéma) dans la peau du presqu’omniprésent chasseur (il est intéressant de voir comment le personnage du chasseur est mis en valeur dans le film de Rupert Sanders).
N’oublions pas évidemment celle qui clôture le trio d’acteurs principaux : Charlize Theron (« mon ami Joe », « braquage à l’italienne », « monster », « Hancock », « prometheus »…), qui joue ici le rôle de la sorcière Ravenna, un personnage qui lui va comme un gant.

Il est d’ailleurs amusant de voir comment les personnages ont évolué entre le conte des frères Grimm et le film de Rupert Sanders. Outre des nains aujourd’hui sans emploi depuis le règne de la sorcière et un chasseur bel homme ne laissant pas de marbre notre héroïne, l’exemple le plus flagrant est sans conteste celui de Blanche-Neige. Passée du statut de jeune et jolie princesse fragile à celui de femme guerrière prête à tout pour sauver son peuple et venger la mort de son père (une scène où elle sort de la forteresse du Duc à cheval avec derrière elle toute une armée de cavaliers fait étrangement penser à Jeanne d’Arc…), Blanche-Neige s’avère être une redoutable combattante, n’hésitant pas à partir au front et à affronter la magie de la sorcière.



Qui dit heroïc fantasy dit également magie, fantastique, monstres etc etc… Et le pari est en parti réussi. En effet, malgré un bestiaire assez maigre au final et des scènes de grand spectacle peu étoffées, on peut saluer l’effort de l’équipe du film pour nous donner quelques monstres sympathiques à l’écran, des transformations faciales très réussies (vieillissement/rajeunissement de la peau, métamorphose de la sorcière) ainsi que des décors variés (forteresse, forêt obscure…), plaisants et parfois fourmillant de petits détails appréciables (le sanctuaire, alias « domaine des fées », où vivent nombreux animaux et êtres imaginaires).
Les musiques quant à elles collent parfaitement à chaque endroit que nous découvrons au fur et à mesure que l’aventure avance.


Au final, « Blanche-Neige et le chasseur » est une adaptation du conte des frères Grimm à l’allure d’heroïc fantasy, sombre dans son approche et remaniée à de nombreux niveaux.
Certes simple et peu original dans ses scènes d’action (notamment les batailles épiques sans grande inventivité), le film de Rupert Sanders s’avère toutefois plaisant à regarder, vacillant tantôt vers l’heroïc fantasy sombre, tantôt vers le conte merveilleux. Simple mais agréable dirons-nous!






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